Rats et salaires impayés: ce youtubeur ultra-connu est dans la mouise
Le youtubeur Michou est dans la sauce, si l'on en croit la presse francophone. En cause: sa chaîne de restauration rapide baptisée Mealy. Pourtant, le projet semblait bien parti. En 2024, Michou, fier et ambitieux, annonçait à ses quelque onze millions d'abonnés:
Mais, moins d'un an après une inauguration en grande pompe, le restaurant parisien de l'idole des réseaux sociaux a brusquement baissé le rideau. Si la version officielle évoque des rénovations, une enquête de Libération publiée fin mai a révélé une réalité bien plus sombre. Brisant l'image glamour distillée sur les réseaux sociaux, six anciens employés ont pris la parole pour dénoncer un quotidien intenable au sein de l'établissement.
Des témoignages accablants contre Michou et Mealy
Monia, la manageuse de 29 ans, se souvient d'un sous-effectif chronique qui a immédiatement asphyxié l'équipe. Au lieu de la vingtaine d'employés nécessaires pour absorber le flux des clients, moins de dix personnes se relayaient en cuisine et au comptoir, pliant sous la double pression du rythme et des objectifs de chiffre d'affaires.
Dans les coulisses, le matériel le plus rudimentaire manquait à l'appel. A tel point que les salariés devaient gratter la graisse des burgers à l'eau glacée en plein hiver, faute d'eau chaude, ou travailler en pull derrière la caisse en attendant que la manageuse n'achète elle-même un radiateur d'appoint, comme le décrit Paris Match.
Mais le malaise dépasse rapidement le simple inconfort logistique pour toucher à la sécurité des consommateurs. Les thermomètres de la chambre froide s'affolaient, oscillant entre -12 et +3°C au lieu des -18°C requis par la loi. Malgré les alertes de surchauffe, la consigne restait de ne rien jeter, quitte à servir de la viande mal conservée.
A cela s'ajoutait une cohabitation quotidienne avec les rats, un fléau également pointé du doigt par les clients sur Internet. Le verdict de la Direction départementale de la protection des populations ne s'est d'ailleurs pas fait attendre, prenant la forme d'une mise en demeure sévère pour manquement grave aux règles d'hygiène.
Salaires et riposte
Au fil des mois, la détresse des équipes est devenue financière. Les fiches de paie consultées par les journalistes mettent en lumière des retards de versement systématiques: les salaires de septembre n'arrivaient qu'en novembre, ceux de décembre fin janvier.
Ereintés, les employés parisiens tentent d'exercer leur droit de retrait au début de l'année 2026. La riposte de la direction est immédiate et brise le mouvement en faisant venir en urgence du personnel de l'établissement d'Amiens pour assurer le service.
Croisé au détour d'une de ses visites, Michou reconnaît les dysfonctionnements face à un salarié, tout en avouant son impuissance face à la gestion opérationnelle.
Pour le personnel, le décalage est immense entre la bonhomie du youtubeur, par ailleurs choisi par M6 pour couvrir le Mondial de football 2026, et la réalité du terrain. Les employés décrivent un jeune homme sympathique mais visiblement dépassé, ayant lancé son projet sans en maîtriser les codes.
Du côté de la direction des opérations, on tente de nuancer la gravité de la situation en suggérant que certains salariés cherchent surtout à faire du buzz autour de la notoriété de la star du web. Promesse est néanmoins faite d'une réouverture dans un nouveau bâtiment dès le mois de septembre.
Mais Michou devra mettre la main à la pâte pour rassurer ses clients - et garantir un retour aux normes sanitaires... et humaines.
(jod)
