Nintendo vient de sortir le jeu le plus mignon de l’année
JV Mag.ch, le webzine suisse du jeu vidéo
Dans Yoshi and the Mysterious Book, il va falloir aider un mystérieux livre parlant et moustachu à réécrire ses pages. Pour cela, nous allons étudier diverses créatures aussi mignonnes que drôles. Sorti le 21 mai en exclusivité sur Nintendo Switch 2, le jeu est disponible au prix de 59,90 CHF sur l’eShop et en cartouche.
Depuis son apparition en 1990 dans Super Mario World, Yoshi est passé du rôle de simple monture à celui de héros indépendant, devenant la star de sa propre série dès le chef-d’œuvre Yoshi’s Island en 1995. Pilier jouable de toutes les franchises dérivées (Mario Kart, Smash Bros, Mario Wonder, etc.). Il est devenu une icône incontournable, comme en témoigne sa présence clé dans le dernier film Mario. Des consoles rétro à la future Switch 2, le petit dinosaure vert reste l’un des personnages les plus populaires de l’histoire de Nintendo
La bande-annonce:
Beau comme un vrai livre illustré
La direction artistique, tant visuelle que sonore, est absolument magnifique. Très colorée et chatoyante, elle nous plonge littéralement dans un livre pour enfants: on a vraiment l’impression d’y être. Découvrir chaque niveau et chaque biome est un régal, mais le summum, selon moi, reste le design des créatures à étudier. Rien n’a été choisi à la légère: on comprend souvent, rien qu’à la forme d’une créature, à quoi elle va bien pouvoir nous servir.
Les musiques sont également un délice et accompagnent parfaitement l’ambiance visuelle. Il en va de même pour les bruitages, qu’il s’agisse de nos Yoshi, des créatures ou des interactions à tester. Quand on est sur les pages d’un chapitre et qu’on voit ce petit monde s’agiter, on n’a qu’une envie: plonger dedans. Et heureusement, c’est exactement ce que le jeu nous propose.
Un jeu pour les petits et grands
Le scénario est relativement basique: Bowser Junior et son bras droit Kamek possèdent le fameux Livre Mystérieux, qui se nomme Mysterius, qu’ils ont récupéré dans le château du père tortue. Ils finissent par rentrer dedans et Bowser Junior se met en tête comme objectif principal de trouver une créature légendaire. Sans trop vous spoiler, on comprend vite pourquoi ce livre existe et pourquoi nous devons l’aider à comprendre les créatures qui le composent, tout en gérant la présence des deux loustics.
Bowser Junior, en petit prince capricieux, veut découvrir et utiliser les créatures par la force avec l’aide de Kamek. On peut dire qu’ils jouent les braconniers, tandis que les Yoshi sont là pour étudier et protéger les écosystèmes. Il faudra parfois affronter le duo lors d’affrontements assez humoristiques, ce qui permet en général de mettre en avant les pouvoirs d’une créature spécifique. Au bout du compte, on ne sait pas si on est plus là pour leur botter les fesses ou pour sauver leur peau.
Quant au personnage de Mysterius, il est absolument fascinant et constitue l’un des piliers du titre. Il transcende son simple rôle de protagoniste pour devenir le moteur de l’expérience: il porte la narration, incarne l’interface à travers ses pages qui servent de menus et devient le support même de navigation pour voyager de monde en monde. Ce sentiment constant d’exploration et d’émerveillement émane directement de la nature profonde de Mysterius, dont l’omniprésence donne tout son sens à l’aventure.
Une ode à l’exploration
Le cœur de Yoshi and the Mysterious Book, c’est l’exploration et l’expérimentation. Tout est fait pour qu’on s’émerveille et qu’on tente des choses; on se sent parfois presque comme un alchimiste. Le level design est extrêmement vertical, et les créatures sont un régal à manipuler. Cette fois, Yoshi ne se contente pas de sauter ou de lancer des œufs: il peut porter les créatures, monter sur leur dos et interagir vraiment avec elles.
Contrairement aux jeux de plateforme classiques où les ennemis sont de simples obstacles, ici, les créatures ont plusieurs fonctions. Toutes recensées dans votre index au fur et à mesure, elles sont de véritables éléments de game et level design: l’Escarglisse pour se déplacer, la Carniflore pour avaler, ou l’Albatros pour voler. C’est dingue de voir comment elles interagissent entre elles et avec le décor. Même l’adulte que je suis, avec ses 30 ans d’expérience, a été titillé dans son âme d’enfant. Et mon Dieu, que ça fait du bien!
Vous pouvez même renommer les créatures vous-mêmes, ce qui renforce le sentiment d’être un explorateur. Je vous invite toutefois à demander d’abord leur nom à Mysterius, car les traducteurs francophones ont fait un boulot génial, au niveau de ce qu’on trouve sur la licence Pokémon.
Un jeu qui fait différemment
Les jeux Yoshi récents nous ont habitués à une certaine facilité, le vrai challenge résidant dans le 100%. Ici, c’est encore plus marqué: Yoshi ne subit pas de dégâts classiques. Si vous tombez dans un trou, vous ressortez simplement sans temps de chargement. La difficulté ne tourne pas autour de la mort. Rien n’est punitif.
Attention toutefois: certaines manipulations avec les créatures restent délicates et demandent une certaine précision. Même moi, j’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois. Pour un enfant ou quelqu’un de moins expérimenté, cela peut devenir légèrement frustrant. C’est un bon compromis qui colle parfaitement à l’esprit de la licence.
Ce nouveau Yoshi est une véritable ode à l’exploration, à la découverte et à l’émerveillement. Que ce soit par ses mécaniques ingénieuses, son level design vertical ou ses créatures que l’on étudie avec passion, tout nous invite au questionnement et à l’essai-erreur.
Dans ce jeu, on est à la fois un Indiana Jones en herbe, un scientifique dans son laboratoire et un rêveur qui écrit son propre roman. La philosophie de ce titre, tant sur la forme que sur le fond, m’a parlé en profondeur. Je n’ai pas peur de le dire: c’est le meilleur jeu Yoshi à ce jour selon moi, l’un des sommets de l’univers étendu de Super Mario et, actuellement, l’une des meilleures exclusivités de la Nintendo Switch 2.
Un jeu parfait ?
Yoshi and the Mysterious Book est un titre attachant et surprenant qui s’adapte à toute la famille. Malgré l’absence d’un réel mode multijoueur, c’est une expérience que l’on partage volontiers en se passant la manette et en discutant des secrets découverts. Je n’ai pas vraiment soulevé de points négatifs pour la simple et bonne raison que le jeu réussit tout ce qu’il entreprend à mon avis. Si vous adhérez à l’esthétique et à son concept de base, c’est simplement un régal.
Mon seul regret ? J’aurais aimé que l’aventure soit encore plus longue, non pas par manque de contenu, mais parce qu’il est difficile de quitter un monde aussi riche et inspirant.
+ L'expérimentation
+ Sentiment d’émerveillement constant
+ Qualité de la traduction française
– Un jeu qui peut paraître court
