«On arrange ça dans la douche»: ces stars font grimper la température
Est-ce un hommage de la vertu au vice, alias la liberté? On pourrait le croire et on ne s’en plaindra pas. Deux tubes sortis cette année alors qu’il faisait encore un peu froid sont au diapason de la canicule. Ça muy carrément caliente. L’un, d'Angèle, What You Want, avec le son le plus SM du marché de l’électro, celui de Justice, bien sûr. L’autre, de Bilal Hassani, Beaucoup, où l’emballage ne ment vraiment pas sur la marchandise.
Pas de mises en garde et autres red flags. Du kif complet. Comme avant? Oui. Du «lâcher prise», a-t-on lu entre deux pages web au sujet de Beaucoup. C’est exactement ça, avec des paroles très années 90, très dancefloor, très «on va chez toi ou chez moi?»:
Deux fois si t'es chou
J'aime pas quand c'est doux
Baby, j'aime bien quand on fait beaucoup.»
Bilal Hassani - Beaucoup
Beaucoup revisite les fantasmes des nuits chaudes, quand les clubs envoyaient Freed from Desire, devenu l’hymne des footeux – on verra qu’Angèle fait pareil, en un peu plus convenable. Vous avez les images des enseignes colorées et embuées après trois gin to dans la vue? Eh bien c’est ça, Beaucoup.
Pas de pudeur inutile
La déco fait tout: Paris rive droite, du côté de Pigalle et de la place Clichy (celle de Chouchou, le film avec Gad Elmaleh). La rue est décidément le plus bel endroit du monde, l’été, by night.
Pas de pudeur inutile, donc. Dans Beaucoup, Bilal Hassani – ou son personnage – aime ça et en redemande. Le refrain est une bombe. On ne demande pas plus à un tube. Pas moins non plus.
Une laverie, la nuit
Ambiance nocturne et citadine dans le clip d’Angèle aussi. L’endroit n’est pas situé, mais on sort d’une laverie pour déboucher sur une épicerie éclairée et des fruits qui roulent par terre. Aucun doute: c’est bien une ville digne de ce nom, avec ses attributs et ses coquineries à la fermeture des bars:
C'est tout ton maquillage sur ma bouche
Tu me dis que ça t'excite
On arrange ça dans la douche.»
Angèle - What You Want
What You Want, c’est aussi Who You Want, pas vrai?
What You Want a un côté didactique, là où Beaucoup va droit au but. Angèle est dans le concept, Bilal Hassani déjà à l’arrière de la bagnole. Voix douce transpercée par la vibe de Justice, What You Want, c’est aussi Who You Want. En lévitation sur la vague queer, la chanteuse belge passe d’une bouche à l’autre, d’un sexe à l’autre, d’un genre à l’autre, si l’on y tient. Avec, peut-être, une préférence pour les filles. A ce propos, Angèle serait en couple. Fille ou garçon? Justement, on ne sait pas. Plus qu’une ode à l’ambiguïté, ce truc un peu faux-cul, What You Want est un grand bacio à l’indétermination.
Les baci, c’est pas ce qui manque, dans le clip. La rue ne se fait pas prier pour obéir à l’invitation «embrassez qui vous voudrez», qui perd ici toute son innocence. Vous pensez à la laverie du début? Elle est à présent envahie par la mousse, avec des silhouettes qui font des choses.
On ne nous fera pas croire que Beaucoup et What You Want sortent de nulle part et ne sont pas – pure hypothèse – un «grand m…» à une morale sexuelle parfois produite par ceux-là mêmes qui demandent à pouvoir souffler un peu. Au moins le temps d’un été.
