Kylie Minogue raconte enfin ce qu’elle cachait depuis 2021
«Par où commencer?», s'interroge Kylie Minogue. Son documentaire Netflix apporte une réponse immédiate: dans les années 1980. Il condense en trois heures son ascension comme star de la télévision et de la pop, ses revers de carrière, sa vie amoureuse et son combat contre le cancer. Pourtant, la chanteuse de 57 ans est rarement accessible. «Je ne vous cache rien. Je me cache des choses à moi-même», nuance-t-elle.
Pratiquement du jour au lendemain, à 19 ans, Kylie Minogue devient mondialement célèbre grâce au titre «Lucky» et à son image de joyeuse «girl nextdoor». En parallèle, la presse la démolit. Elle est comparée à un «perroquet chanteur» qui ne sait de toute façon pas chanter et clouée au pilori pour ses chansons superficielles et creuses.
Lorsqu’elle se réinvente avec une image plus adulte et plus sexy, une nouvelle vague de critiques s’abat («Elle est passée de la fille d’à côté à la fille sur le matelas!», écrira un tabloïd).
La presse people va jusqu’à lui prêter une augmentation mammaire, photos avant/après à l’appui. Des années plus tard, tout cela nous semble étrangement familier. Britney Spears, puis Miley Cyrus, subiront exactement le même traitement.
Kylie Minogue ouvre également la voie sur un autre terrain: son postérieur provoque une véritable hystérie lorsqu’elle apparaît avec assurance et indépendance dans de très courts hot pants, conquérant les classements musicaux bien avant Jennifer Lopez ou Kim Kardashian. Dans les pays germanophones, on la surnomme alors «Geili Kylie» (un terme intraduisible qui signifie canon ou sexy).
La carapace se fissure
Concernant la vie sentimentale de Kylie Minogue, le spectateur restera en revanche sur sa faim. Les extraits d’archives, les questions d’interviews cruelles et les titres de presse critiques en disent davantage. L'artiste, elle, reste pudique.
Même lorsque son ex-compagnon Michael Hutchence est évoqué. Elle partagera la vie du chanteur d’INXS pendant deux ans avant leur séparation en 1991. En 1997, il meurt d’une overdose. A-t-elle elle-même consommé de la drogue à cette époque?
Et à un moment de son propre documentaire, elle coupe court: «Bref, laissons cela derrière nous.» Ce n’est que lorsque les funérailles du chanteur sont abordées que sa voix se met pour la première fois à trembler.
Puis vient le diagnostic du cancer du sein. En 2004, à 36 ans, elle reçoit cette terrible nouvelle. «Logiquement, la tournée a été annulée», dit-elle en riant, tentant une nouvelle fois de garder ses distances. Peut-être parce que la presse s’était alors montrée impitoyable avec elle: «J’étais prisonnière de ma maison.»
Mais ensuite, le barrage cède. Elle parle alors clairement de la peur et des pensées sombres, des «grands moments» lorsqu’elle a retrouvé des cils, et du fait qu’elle avait repoussé sa chimiothérapie pour tenter de devenir mère grâce à une fécondation artificielle. «Mais cela n’a pas fonctionné.»
Puis vient cette phrase:
Elle finit par revenir sur le devant de la scène, et son retour est triomphal. Mais dans les dernières minutes du documentaire, Kylie révèle ce que personne ne savait jusqu’ici: «J’ai reçu un deuxième diagnostic de cancer en 2021.»
Cette fois, elle ne voulait pas partager cela avec le monde:«Et je ne le pouvais pas non plus. Je n’étais plus que l’ombre de moi-même.» En toute discrétion, elle parvient une nouvelle fois à vaincre la maladie.
Le documentaire consacré à Kylie Minogue est donc réellement étonnant. Pas seulement pour la révélation de ce second diagnostic de cancer. Mais surtout pour la prise de conscience qu’il provoque chez le spectateur.
La bande-annonce👇
La chanteuse a été pionnière à bien des égards. Longtemps moquée et insultée comme simple popstarlette, elle a imposé une image indépendante et assumée, portée par son physique et son célèbre postérieur, tout en contribuant à mettre la question du cancer du sein au cœur du débat public grâce à sa maladie.
Et elle n’en a pas terminé: «Il y a encore des chansons que je n’ai pas écrites et des personnes que je n’ai pas encore atteintes. Mon histoire continue.»
(Kylie, un documentaire en trois épisodes, est disponible sur Netflix depuis le 20 mai.)
