On a rencontré la star qui fait craquer la Suisse
Elle est arrivée en Suisse avec son équipe au petit matin, dans un immense bus qui trône à l'entrée des Docks à Lausanne, samedi 28 février. Dans quelques heures, la chanteuse franco-haïtienne Naïka se produira sur scène à guichet fermé. Un concert qui donne le coup d'envoi de sa tournée mondiale à l'occasion de la sortie, le 20 février, de son premier album Eclesia.
«Je n'y crois pas», confie-t-elle lorsqu'on lui demande comment elle se sent. En effet, si l'artiste a déjà plusieurs titres à son actif – devenus viraux en ligne et cumulant des millions d'écoutes –, elle n'avait jamais réalisé un projet de cette ampleur. «Je suis anxieuse, mais il faut que je sois dans le moment présent et que je me rende compte de ce qu'il m'arrive.» Une réalité vertigineuse, dont la chanteuse se réjouit toutefois:
On vous fait écouter:
Sortir du lot
«Eclectique», un mot que celle qui a vécu aux quatre coins du monde – Miami, Paris, Afrique du Sud, Guadeloupe ou encore Kenya – met constamment en avant pour décrire sa musique, un mélange de RnB, de soul, de zouk et de mélodies africaines et caribéennes.
Nos (autres) coups de ❤️
Une identité plurielle et une mosaïque de sonorités qui ont séduit le public. La preuve: sur la vingtaine de dates que compte sa tournée en Europe et aux Etats-Unis, la majorité affiche complet. Est-ce que cela signifie que les gens l'attendaient? «Je ne pense pas», répond-elle humblement.
Naïka va pourtant bel et bien sortir du lot. «Il m'a fallu du temps pour développer ma voix, pour me construire en tant qu'artiste et me connaître», raconte-t-elle. Sa présence en ligne aura indéniablement donné un coup de pouce à sa carrière et lui aura surtout permis de se présenter comme elle le souhaite.
Avant-goût
«Je la suis depuis ses débuts et c'est super de voir son évolution», se réjouit justement Tania, originaire de Genève. Elle vient assister au «meet and greet», un événement payant qui permet à un petit comité de rencontrer Naïka avant le concert à Lausanne, samedi 28 février. Soheil, genevois également, a même apporté un cadeau: un magnifique dessin de la chanteuse qu'il espère lui faire signer.
Aux alentours de 18 heures, les fans entrent dans l'enceinte des Docks. C'est avec un grand sourire qu'ils sont accueillis par Naïka, en pleine répétition. «Je chante les dernières chansons et après je viens vous rencontrer», lance-t-elle. Au programme? Discussions, séances photo et dédicaces, le tout dans une ambiance très détendue. Soheil a-t-il réussi à faire dédicacer son dessin? La réponse est oui. Et Naïka est sous le charme: «C'est incroyable, merci c'est trop beau!»
Lorsque vient le moment de s'en aller, une petite file s'est formée à la sortie de l'établissement. Les plus téméraires bravent la fine pluie pour s'assurer une place tout devant. «Rien ne nous arrêtera», rigolent Simone et Elodie, venues de Neuchâtel.
Une star est née
Et elles ont bien fait: il est presque 21 heures et la salle lausannoise est comble. C'est sous les hurlements d'un public en délire que Naïka fait son entrée sur scène, tout de rouge vêtue dans une tenue digne des mille et une nuits.
On vous montre:
Rapidement, la température grimpe et l'artiste emplit le lieu de son énergie solaire: les gens chantent, crient, dansent. Les Docks sont en feu.
«C'était génial, c'est une reine», s'extasie Pamela à la fin du show. Italienne d'origine, elle vit désormais en Suisse et son père habite en Egypte. «Je m'identifie beaucoup lorsqu'elle parle d'appartenance. Moi aussi, mon cœur est partout.» Un message au centre des textes de Naïka qui a également touché Ali. Né en Afghanistan, il a vécu en Iran et en Syrie avant d'arriver en Suisse en 2015. «Je suis ici ce soir parce que j'ai accompagné ma copine, explique-t-il. J'ai vécu dans différents pays et de nombreux morceaux m'ont parlé. Je ne connaissais pas l'artiste et c'est une très bonne surprise.»
Le titre en question:
La soirée touche à sa fin. Naïka est partie à l'aube en direction de Londres pour la suite de sa tournée. Et la Suisse a désormais le privilège de savoir avant le reste du monde qu'une star est née.
