«Chaos total»: Ce bistrot iconique aurait commis un grave impair
Peut-être avez-vous déjà eu l'occasion d'aller au Bilboquet (prononcez *bilb-ô-kay* avec un accent américain) de Sag Harbor, l'adresse où il faut voir et être vu lors de ses vacances dans l'enclave dorée des Hamptons. Si vous n'avez pas eu cette chance (ou, plutôt, que vous êtes trop pauvres), laissez-nous vous dresser le tableau.
Fermez les yeux, imaginez: une plateforme surplombant l'océan avec belle vue sur votre yacht, un bar rutilant en forme de fer à cheval où officient DJs et mixologistes, des parasols inspirés de ceux de l'Hôtel Martinez de Cannes, une poignée de milliardaires et célébrités (Tom Brady, Emily Blunt, Hugh Jackman et Amber Heard y ont tous été aperçus, attablés avec vue sur le port de plaisance) en quête d'un peu d'intimité, le tout dans un décor calqué sur celui des terrasses de Saint-Trop'.
L'accès au Bilboquet n'est, naturellement, pas donné à tout le monde. N'espérez pas accéder à ce bistrot réputé si vous traînez de malheureuses chlaps à vos pieds, un slip de bain ou un paréo humide. Sur son site internet, l'établissement, qui prône une «élégance décontractée», prie ses hôtes de laisser sweat-shirt, shorts et casquette au placard, ainsi que de s'abstenir de «porter des vêtements ou accessoires arborant des slogans ou des images à caractère politique, clivant ou offensant». EXIT Guy Parmelin et sa casquette «Switzerland is great since 1291», donc.
Il faut dire que l'institution propose des mets et une atmosphère cossue qui ne sont pas à la portée du commun des mortels. Comptez entre 40 et 60 dollars pour un plat principal, hors taxes et pourboire. La star de la maison? Le poulet cajun, une recette originale du patron Philippe Delgrange, servi avec des frites croustillantes et une salade verte. Si cette combinaison semble presque trop simple pour susciter un tel engouement, selon le magazine Social Life, les habitués «ne commandent rien d'autre, repas après repas, été après été».
Il semblerait que, ce week-end encore, Le Bilboquet n'ait pas dérogé à sa réputation de lieu très... sélectif. Ainsi, selon Page Six, l'établissement aurait eu une étrange attitude lorsque, peu après la fin des feux d'artifice traditionnels du 4 juillet, la localité de Sag Harbor a été frappée par une violente tempête. «C'était le chaos total», décrivent des témoins au média américain.
Les vents, en effet, auraient atteint près de 135km/h, selon la chaîne locale WLIW, arrachant des arbres du sol et projetant dans les airs tout ce qui n'était pas solidement fixé. «Des alertes d’urgence ont retenti sur nos téléphones, nous informant qu’il y avait des vents de 130 km/h et qu’il fallait se mettre à l’abri. Les gens se réfugiaient dans leurs bateaux, couraient et criaient à l’extérieur», poursuivent les observateurs dans Page Six.
Mais lorsque de pauvres quidams se présentent aux portes du restaurant pour trouver un abri de fortune, Le Bilboquet aurait affiché portes closes et refusé d'accueillir des personnes cherchant refuge, faute de réservation.
Un autre témoin décrit des scènes apocalyptiques autour de la terrasse de l'établissement, précisant que des «parasols et des assiettes étaient tombés et avaient blessé plusieurs personnes». «Une femme a été poussée à terre. Une autre a eu la jambe profondément entaillée», poursuit l'individu.
Parmi les clients ce soir-là, selon Page Six? Plusieurs pontes de l'immobilier new-yorkais, dont l'entrepreneur Peter Cook, figure régulière des événements mondains; Morris Moinian, membre de la famille Moinian, l’une des grandes dynasties de l’immobilier à New York, Howard Sobel, homme d’affaires et philanthrope de la Big Apple, ou encore Sydney Sadick, journaliste mode, influenceuse et habituée des tapis rouges. Tous aperçus «courant se mettre à l'abri», indique un informateur.
Interrogé par le tabloïd sur ce manque apparent de courtoisie, pour ne pas dire d'humanité, le propriétaire des lieux Philippe Delgrange s'est défendu et a affirmé avoir fait de son mieux. «Toutes les personnes présentes sur la très grande terrasse ont été mises à l'abri à l'intérieur et nous avons géré la foule au mieux afin d'assurer la sécurité et le confort de nos clients», a-t-il argué.
Bah, ma foi... La prochaine fois, les autres n'auront qu'à réserver.
