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Meshuga: ce resto de Genève n’existerait pas sans un entremetteur

Meshuga à Genève: que vaut ce nouveau restaurant aux Eaux-Vives?
Meshuga et sa cuisine levantine sont arrivés à Genève il y a deux semaines.image: watson

Sans entremetteur, ce nouveau resto genevois n’existerait pas

Ici, pas de pasta, de burger ou de bubble-tea, mais le Moyen-Orient qui déboule dans le quartier des Eaux-Vives. Après un pop-up estival monté en 2023, Meshuga s’installe pour de bon à Genève. On est allé jeter un œil (et une papille).
11.07.2026, 06:1611.07.2026, 06:16

Chacun ses références. Dans notre esprit de vieux rockeur, Meshuggah, ce n’était jusqu’ici qu’un célèbre groupe de métal suédois. En arrivant dans le quartier des Eaux-Vives, le temps d’une conférence de presse organisée en plein cagnard, force est de constater que le nouveau restaurant qui agite les papilles genevoises n’a pas grand-chose d’un épais riff de guitare prêt à décoiffer une fosse de chevelus mélomanes.

Meshuga (un seul «g» et sans «h» à la fin), ouvert il n’y a même pas deux semaines, se veut funky cool. De la couleur ensoleillée, de l’acier inoxydable pour l’esprit cantine chic (du comptoir aux petites assiettes) et le bon goût de nous laisser apercevoir le jet d’eau depuis la terrasse. Pas mal pour un projet personnel qui n’était au départ qu’un pop-up estival dégoupillé en 2023 par un restaurateur manifestement hyperactif.

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L’intérieur de Meshuga.image: watson

Derrière cette nouvelle aventure culinaire se cache Raoul Weil. Umamido à Genève et Lausanne? C’est lui. Le bistro gourmet baptisé Coin Coin dans le quartier des Bains? Lui, aussi. Mais Meshuga n’est pas juste l’énième business avant le prochain. Cette fois, c’est à ses origines que Raoul a voulu rendre hommage, avec une cuisine cocon, inspirée du Moyen-Orient, qu’il a lui-même imaginée, même «s’il n’est pas cuisinier».

Or, s’il s’affairait personnellement au-dessus des casseroles le temps du pop-up, comme pour se souvenir de la popote familiale, le voilà enrichi d’un chef... italien. «J’avais contacté Umberto Costanzo dans l’espoir qu’il me conseille des cuisiniers désireux de se lancer dans l’aventure avec nous. Jamais je n’aurais osé penser qu’il nous rejoigne», explique Raoul Weil.

Nous? Oui.

A la barre aux côtés de Raoul, on trouve Guillaume Bensahel. Et Meshuga, imaginé en binôme, n’existerait pas sans un entremetteur au nez particulièrement affûté.

«Un ami commun nous a fortement conseillé de faire connaissance, parce qu’on avait la même vision de l’hospitalité. On a bu un café avec Guillaume et c’est immédiatement devenu une évidence»
Raoul Weil

C’est bien beau tout ça, mais on y bouffe quoi, chez Meshuga? Oubliez l’idée de commander votre assiette dans votre coin, sans vous soucier de ce que vont ingurgiter les autres. La carte est composée de plats à partager, parfaits pour passer de l’apéritif au repas sans s'en rendre compte et sans changer de crémerie. Un concept ma foi très à la mode, mais qui donne parfois de mauvaises surprises, comme celle de s’acquitter d’une addition déjà grasse alors qu’on sort de table littéralement affamés.

Heureusement, la cuisine levantine n’a pas attendu les premiers bistros bobos parisiens pour rassembler autour de petites bouchées. D’autant que, à première vue (et en sauçant les premières assiettes avalées en deux-deux), Meshuga semble avoir une réelle volonté de nourrir ses clients: «Nous sommes avant tout un restaurant, même si les tablées d’apéro seront toujours les bienvenues», rassure Raoul Weil, alors qu’on nous fait goûter quelques spécialités de la maison, histoire de faire connaissance.

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La «Galaxy Meshuga» (à gauche) est une constellation de sauces très convaincantes.image: watson

Le houmous (servi chaud, of course!) est plutôt traditionnel, mais réussi, alors que la bien nommée «Galaxy Meshuga» se montre déjà plus aventureuse, grâce à un assaisonnement méticuleux. Une véritable constellation de sauces (zhug, chrain, harissa, tahini, citron confit et le fameux za'atar), qu’il s’agit d’attaquer au pain pita ou au bagel de Jérusalem, évidemment «à déchirer à la main». Le bagel étant la seule proposition de l’établissement à provenir d’un artisan extérieur.

«Avec les tensions qui grandissent dans le monde, je crois que les gens ont besoin de lieux conviviaux où se rassembler, autour d’une cuisine généreuse et sincère»
Raoul Weil

La carte des vins, elle, n’a pas réussi à réunir les deux associés. Plutôt que de s’écharper à un coin de table, ils ont décidé de proposer chacun leurs coups de cœur. Si Guillaume se montre plus traditionnel, Raoul compte bien faire découvrir des vins nature, comme un vin orange en provenance d’Italie.

Le client jugera, boira, paiera. Et on nous assure qu’on peut s’en sortir entre 40 et 100 francs par personne, suivant la taille des estomacs.

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image: watson

Avant de quitter le bout du lac et regagner la capitale vaudoise, on goûtera encore le chou-fleur rôti, la brochette de pleurotes, quelques arayes méchamment gourmands ou encore la subtile épaule d’agneau confite et... un poulet au citron confit qui restera notre meilleure surprise.

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Le poulet au citron confit.image: watson

Si les papilles sont convaincues, l’équipe a désormais un défi de taille à la rue du 31 Décembre 8, bien au-delà de la qualité de la nourriture: continuer à incarner l’ambiance bistro de quartier qui était très appréciée bien avant leur arrivée. Là où le voisinage venait attraper un café à l’aube ou un verre à l’apéro.

Une sorte de contrat de confiance qu’il ne faut pas foirer. «On ne voudrait pas devenir ce restaurant dont on dit que... c’était mieux avant. Terrible! C’est important pour nous de réussir à nous intégrer à la vie du quartier», conclut Raoul Weil.

Est-ce que le design se mange?

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