Que seriez-vous prêts à risquer pour 5 millions?
Zara a 29 ans. Avec ses trente mille livres de salaire annuel, des week-ends éthyliques, une vie personnelle chaotique, des amitiés bordéliques, une garde-robe maladroite et une maman alcoolique, elle n’a «jamais été heureuse».
C’est son chef direct qui lui balancera cette cruelle vérité au visage, lorsqu’ils seront poursuivis par les agents du MI5, les flics de Londres et une grappe de tueurs à la mitraillette nerveuse.
Un matin, au cœur de la City, la société Lochmill Capital, spécialisée dans les fonds de pension pour retraités, est prise d’assaut par des malfrats masqués, armés, déterminés.
Une fois les employés séquestrés dans la grande salle de réunion, moyennant quelques coups de crosse dans la mâchoire, deux pions de l’entreprise sont réquisitionnés pour rendre possible ce qui deviendra le plus impressionnant braquage que Londres ait connu. Avec son collègue Luke, Zara se retrouve à devoir valider le transfert de 4 milliards de dollars en cryptomonnaie, deux clics et un coup de fil.
Le canon d’un flingue sur la tempe.
La bande-annonce:
Une fortune colossale qui aurait dû finir dans les poches trouées de dizaines de milliers de retraités britanniques dans le besoin. Quels odieux personnages sont à ce point cyniques pour voler la pension des plus pauvres? Robin des bois se retourne dans sa tombe et la capitale est sous le choc.
Si Zara et son collègue se retrouvent instantanément au centre de l’attention, c’est que le jeune et mystérieux inspecteur Rhys Kovac peine à croire à un braquage d’une telle ingéniosité sans complicités internes.
Et nous avec.
Incarnée par la bluffante Sophie Turner (de Game of Thrones à la prochaine Lara Croft), la suspecte va à la fois craquer en quelques heures et déployer un trésor d’ingéniosité pour tenter de se dépatouiller dans ce qui n’est autre qu’une sinueuse affaire d’Etat. Tout l’intérêt de cette nouvelle série disponible sur Prime Video réside dans le profil furieusement ordinaire des jeunes antihéros.
Malgré une existence qui peine à démarrer, Zara n’est pas un cas désespéré. Comme beaucoup de jeunes Britanniques, elle se sent prise au piège entre des valeurs difficiles à honorer et une lourde et injuste machine capitaliste.
Une question majeure traverse Steal, première série du créateur Sotiris Nikias: l’honnêteté a-t-elle un prix? Si oui, lequel? 5 millions de francs de commission? Une vie?
Au fil d’une enquête qui patine, l’intrigue se distancie des braqueurs pour se concentrer sur les petites mains qui ont permis le casse du siècle et sur les huiles politico-financières soupçonnées, elles aussi, de tirer quelques ficelles.
Un thriller social plutôt malin, malgré quelques rares rebondissements un brin tirés par les cheveux, qui nous force à donner un gros coup de sac à nos propres valeurs: les coupables le sont-ils vraiment?
