Lundi 8 juillet sonne mon départ pour Zurich. C'est la veille du tout premier concert de Taylor Swift en Suisse. La chanteuse ne s'était jamais arrêtée en terre helvétique auparavant. Petite valise et tenue à paillettes, je m'envole (en train) pour rejoindre un petit groupe d'amies déjà présentes sur place. L'excitation monte et je ne peux m'empêcher de sourire à l'idée de ce qui m'attend le lendemain.
Il est quatre heures du matin quand le réveil sonne mardi. Et je suis déjà complètement gaga. A vrai dire, je n'ai pas vraiment fermé l'oeil de la nuit et j'angoisse déjà: comment vais-je tenir jusqu'au concert avec seulement trois heures de sommeil?
Spoiler, j'ai survécu.
Comme une gamine, j'ai hâte. Hâte d'enfin vivre à mon tour la folie du Eras Tour. C'est aux aurores – et la boule au ventre – que j'arrive aux abords du stade Letzigrund. Une petite dizaine de Swifties est déjà là et un système de numérotation a été mis en place par les premiers arrivés. Les Swifties sont des gens organisés. Je suis la 22e personne de ma section. Autrement dit, le premier rang m'est servi sur un plateau. L'objectif est atteint.
A l'image de Taylor Swift, l'ambiance est bon enfant. Difficile pour moi, et pour nous tous, de réaliser que la chanteuse sera là, sous nos yeux, dans quelques heures. Alors on tue le temps comme on peut: on s'échange des bracelets d'amitié, on joue au «Swiftopoly» et certains poussent même la chansonnette au micro des médias présents sur place. Rien à voir avec la folie furieuse des fans d'un certain Justin Bieber, par exemple. Les Swifties de Zurich n'auront pas dérogé à la règle: les tenues brillent. Beaucoup.
Le temps est (encore) clément. Bref, la journée commence plutôt bien.
Dix heures tapantes, nous sommes amenés au-devant des entrées du stade. Il y a quelques bousculades, mais rien de bien méchant. Les Suisses sont... suisses. Entre amis, en famille ou même seul, il y a de tout parmi ceux qui attendent, mais surtout des Américaines, venues en masse. Assister au concert de Taylor Swift en Suisse leur coûte moins cher qu'un seul billet pour sa tournée américaine, me confie notamment l'une d'elles dans la file d'attente.
C'est midi. Et là, c'est le drame. Il fait chaud. Très chaud. Sous plus de 30 degrés, et en plein cagnard, on s'arme de patience. Il le faut, car les portes n'ouvriront qu'à 14h30. S'il y a une chose à souligner, c'est l'organisation phénoménale des équipes du stade que Taylor Swift elle-même félicitera sur scène des heures plus tard. Bouteilles d'eau à volonté et couvertures de survie sont distribuées tant dans la file d'attente qu'une fois à l'intérieur. On a même eu droit à des brumisateurs géants pour tenter de résister à la chaleur étouffante.
Mais il faut attendre, encore et toujours. Et autant vous dire que dans de telles conditions, le temps passe très, très, lentement. Je crois que je n'ai jamais autant transpiré de ma vie. Pas très glamour, je sais.
Alors que la chaleur oppressante fait suffoquer même les plus endurants, je sais que je vais vivre une expérience magique, qui me transportera bien au-delà de la réalité. Quelques minutes à peine avant que Taylor ne foule la scène, j'ai l'impression que je vais m'évanouir. Entre la chaleur, l'adrénaline, le stress et la peur de me faire écraser par la foule, je doute de pouvoir résister encore longtemps. Mais pas question de me faire amener d'urgence à l'infirmerie du stade. J'étais là et je comptais bien y rester. Alors pour m'aider je me cramponne à la barricade.
Sonne 19h, et là, pouf. L'apparition de Taylor Swift sur scène a fait disparaître tous mes maux. Pendant plus de trois heures, je saute, je danse, je chante, que dis-je, je hurle! Je suis d'ailleurs bien la seule, avec une poignée de fans autour de moi, à se lâcher complètement. Les Suisses sont-ils trop sages ou trop fatigués? Taylor Swift, elle, ne l'est pas. Pendant plus de trois heures, elle nous a offert une performance envoûtante, entraînante et réglée à la perfection. Chacun de ses déplacements sur scène lui permettait d'interagir, pour de vrai, avec nous. Elle nous sourit, nous pointe du doigt, nous salue. Elle m'a d'ailleurs regardé une fois ou deux. Et à chaque fois, c'est à couper le souffle. L'aura de cette meuf est absolument incroyable.
@watson_actu Taylor Swift a brillé à Zurich!✨🇨🇭 Plus de trois heures et quart: c'est la durée pendant laquelle la superstar américaine a régalé ses 50 0000 spectateurs mardi soir, au stade Letzigrund de Zurich.👏🏽 Sa première apparition sur une scène suisse, avant une seconde salve mercredi soir.🥹🫶🏼 «Danke and merci and grazie» - 𝙏𝙖𝙮𝙡𝙤𝙧 𝙎𝙬𝙞𝙛𝙩 #taylorswift #swifties #zurich #letzigrund #erastour #news #watsonactu ♬ son original - watson actu
Dans ce rêve éveillé, Taylor Swift a plutôt eu l'air d'un mirage. Ses gestes gracieux, ses sourires chaleureux, tout en elle semblait conçu pour captiver et enchanter. C’était comme si le temps s’était suspendu, et nous, ses spectateurs, étions transportés dans un univers parallèle où seul comptait le moment présent. A peine la soirée terminée qu'on a envie d'y retourner, histoire d'être sûr d'avoir marqué au fer rouge chaque moment dans ma mémoire. Comme si j'avais peur de tout oublier.
Alors c'est donc ça, l'effet qu'elle fait aux gens.