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La BNS maintient son taux directeur à zéro

Si les stocks d'or de la BNS, soutenus par l'envol
L'inflation reste sous contrôle dans la Confédération.Keystone

La BNS maintient son taux directeur à zéro

Malgré la légère accélération de l'inflation dans le pays en raison de la flambée des prix du pétrole, la banque centrale suisse opte pour la statu quo monétaire.
24.09.2026, 09:3624.09.2026, 12:25

La Banque nationale suisse (BNS) est restée de marbre jeudi face à la hausse des taux directeurs par ses homologues, préférant opter pour le statu quo face à un franc qui se relâche et une inflation toujours dans les clous malgré l'envolée du prix des hydrocarbures. L'institut d'émission helvétique, dirigé par Martin Schlegel, a décidé de conserver son taux directeur à 0%, niveau où il se trouve depuis juin 2025.

Cette annonce n'est pas une surprise, la totalité des analystes interrogés par l'agence AWP ayant anticipé le statu quo monétaire en Suisse, et ce alors que la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE) ont récemment relevé leurs taux directeurs de 25 points de base pour tenter de freiner l'inflation. Evoquant son second instrument de politique monétaire, la BNS a ajouté qu'«au besoin» elle est «disposée à intervenir sur le marché des changes afin de garantir des conditions monétaires appropriées», a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Cette déclaration marque une inflexion par rapport à la précédente annonce de politique monétaire en juin, où chaque mot est décortiqué par les experts. La BNS avait alors indiqué être «davantage disposée à intervenir sur le marché des changes afin de contrer une appréciation rapide et excessive du franc».

Malgré la légère accélération de l'inflation dans la Confédération, en raison de la flambée des prix du pétrole, la politique monétaire de la BNS «est appropriée pour maintenir l'inflation dans la plage de stabilité des prix et soutient l'activité», a-t-elle ajouté. La Suisse résiste pour l'heure à la poussée des prix provoquée par la guerre au Moyen-Orient, l'inflation n'ayant en effet accéléré que de 0,8% en août sur un an. L'accélération des prix se trouve donc dans la fourchette des 0% et 2% visés par la BNS.

Situation confortable au niveau des taux de changes

Outre-Atlantique par contre, les prix à la consommation (PCE) ont bondi à 3,7% sur un an en juillet, clairement au-dessus de l'objectif de 2% visé par la Réserve fédérale. Et dans la zone euro, les prix à la consommation ont accéléré de 3,3% sur un an, bien loin des 2% visés par la BCE.

La banque centrale helvétique a néanmoins averti que «le contexte relatif à la politique commerciale et l'évolution des cours de change restent (...) des facteurs d'incertitude». L'institut d'émission profite également d'une situation relativement confortable au niveau des taux de changes.

Malgré la guerre au Moyen-Orient et le rôle de valeur refuge du franc, ce dernier ne s'est en effet pas apprécié vis-à-vis du dollar et de l'euro, le billet vert et la monnaie unique européenne profitant de l'écart de taux directeurs.

Une augmentation «plus forte que prévu»

«Le franc s'est déprécié d'environ 3% en valeur pondérée par le commerce extérieur. Ce recul est allé de pair avec le creusement des écarts de taux entre les grands espaces monétaires et la Suisse», a expliqué le patron de la BNS. Mais face aux incertitudes géopolitiques, la BNS va continuer à «observer la situation et adapter(a) si nécessaire (sa) politique monétaire afin de maintenir des conditions monétaires appropriées», a-t-il ajouté, soulignant être «prêts à intervenir au besoin sur le marché des changes».

La projection d'inflation pour cette année a été relevée de dix points de base (pb) à 0,7%, «du fait de l'augmentation plus forte que prévu des prix des produits pétrolier», selon l'institut d'émission. Les prévisions pour l'année prochaine et 2028 ont été relevées d'autant à respectivement 0,8%. Le renchérissement devra alors reposer notamment sur un affaiblissement du franc.

La BNS a par ailleurs sensiblement relevé sa prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) pour l'année en cours, dans une fourchette de 1,5% à 2,0%, contre environ 1% mi-juin. L'essor de l'économie helvétique reste attendu à peu ou prou 1,5% en 2027.

«Pour la première fois depuis longtemps, le risque inflationniste l'emporte sur le risque déflationniste», a observé Arthur Jurus. Le directeur des investissements à la banque Oddo BHF Suisse table sur un statu quo monétaire jusqu'à la fin de l'année. «L'inflation reste confortablement dans la plage de stabilité des prix, mais l'option d'un retour en territoire négatif, encore évoquée il y a quelques mois, nous paraît désormais pratiquement écartée», a-t-il analysé. (jzs/ats)

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