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Hausse des prix en Suisse: la vie sera chère en 2023

Dieselkraftstoff, diesel, Tanken (SYmbolbild)
Les prix des énergies fossiles crèvent le plafond.image: Shutterstock

Hausse du prix de l'énergie et des primes maladie: la vie sera chère en 2023

Les Suisses vont payer, au sens propre, les conséquences du Covid-19 et de la guerre en Ukraine l'an prochain: les primes maladie vont grimper comme l'essence et l'électricité.
Cet article est également disponible en allemand. Vers l'article
25.05.2022, 06:1429.05.2022, 20:27
Dennis Frasch
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Une tempête se prépare dans le ciel économique. Le Covid-19, la guerre en Ukraine et le changement climatique rendent la vie de plus en plus chère. Les consommateurs suisses semblent également le ressentir. Le climat de consommation se rapproche de celui du début de la pandémie et se situe bien en dessous de la moyenne des dix dernières années, selon la dernière enquête auprès des consommateurs du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco). Si vous avez besoin d'un support visuel, voici. 👇

Climat de consommation en avril 2022

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image: seco

Les personnes interrogées sont pessimistes dans tous les domaines, qu'il s'agisse de l'évolution économique prévue pour les douze prochains mois ou de la question de savoir si c'est le bon moment pour faire un achat important. L'indice partiel relatif à l'évolution de la situation financière l'année prochaine atteint un niveau historiquement bas.

Situation financière attendue

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image: seco

Mais cela est-il vrai ? Dans quelle mesure l'augmentation des primes d'assurance maladie et des prix de l'énergie se répercute-t-elle sur notre porte-monnaie? Nous avons fait le calcul.

Un taux d'inflation élevé, mais pas pour tout le monde

Tout d'abord, l'inflation est individuelle. Le fait que la vie de chacun devienne plus chère dépend de ce que l'on consomme en tant qu'individu. Quelqu'un qui ne possède pas de voiture ne sera pas affecté par la hausse des prix de l'essence. Les personnes allergiques au gluten ne souffriront pas autant de la hausse du prix du pain.

Pour pouvoir faire des affirmations, il faut donc prendre des valeurs moyennes. Pour cela, le mieux est de se baser sur l'indice national des prix à la consommation, qui est relevé chaque mois par l'Office fédéral de la statistique.

Ces chiffres indiquent un taux d'inflation de 2,5% pour le mois d'avril, ceci par rapport au même mois de l'année précédente. La plus forte hausse des prix a été enregistrée dans les transports. Tout ce qui a trait à la mobilité entre dans cette catégorie, des prix des vélos aux transports publics et au transport aérien en passant par les coûts des carburants.

Dans les catégories plus spécifiques, on constate des augmentations de prix bien plus importantes. L'année dernière, ce sont surtout les domaines qui dépendent d'une manière ou d'une autre des énergies fossiles qui ont vu leur prix augmenter de manière significative. Cela concerne les automobilistes, et par ailleurs tous ceux qui se chauffent encore au gaz ou au pétrole. Les vacances en avion ont également augmenté par rapport à l'année précédente.

Dans l'ensemble, la Suisse s'en sort plutôt bien avec un taux d'inflation de 2,5%. En Allemagne, il est de 7,4%. Dans l'ensemble de la zone euro, il est encore un peu plus élevé avec 7,5%. Cela s'explique notamment par la force du franc qui rend l'importation de marchandises moins chère. La Suisse n'est pas non plus intégrée dans le marché intérieur européen.

L'indice des consommateurs ne peut, toutefois, pas se projeter dans l'avenir. Cependant, les consommateurs pourraient encore être confrontés à des difficultés.

Les prix de l'électricité augmentent de 20%

C'est dans le domaine de l'électricité que l'on peut s'attendre à la plus forte hausse des prix dans un avenir proche. L'Association des entreprises énergétiques suisses (AES) estime que la moitié des fournisseurs d'électricité devront augmenter leurs tarifs de 20% ou plus l'année prochaine. La raison est claire: la guerre en Ukraine. Le passage à une énergie plus verte est également coûteux. Pour le ménage moyen, cela devrait se chiffrer à environ 180 francs de plus par an.

L'augmentation des prix devrait être particulièrement douloureuse pour les entreprises: une petite entreprise pourrait devoir faire face à des coûts supplémentaires de plusieurs milliers de francs. On peut se demander dans quelle mesure elles pourront se permettre de répercuter ce surcoût sur leurs clients. Henrique Schneider, de l'Union suisse des arts et métiers, a déclaré à la SRF:

«L'artisanat souffre déjà de coûts d'approvisionnement plus élevés pour les matières premières et les matériaux. On ne peut pas demander aux clients de payer encore 20% de plus pour l'électricité»

On saura à l'automne si la flambée des prix tant redoutée se produira réellement. L'autorité de surveillance du marché de l'électricité Elcom doit encore approuver ou non les augmentations de tarifs.

Primes d'assurance maladie: Jusqu'à 10% de hausse

L'ampleur de la hausse des primes d'assurance maladie n'est pas encore limpide non plus. Celles-ci ne sont, d'ailleurs, pas comprises dans l'indice national des prix à la consommation, car elles sont considérées, en Suisse, comme des paiements de transfert, car «ces derniers sont restitués aux ménages sous forme de prestations d'assurance lorsque survient un événement couvert par l'assurance», précise l'Administration fédérale. Si les primes d'assurance maladie étaient comprises, le taux d'inflation serait plus élevé en Suisse.

Alors que les primes de cette année ont légèrement baissé pour la première fois depuis 2008, un choc des primes menace à présent. L'association des caisses maladie Santésuisse a mis en garde contre une possible hausse des primes allant jusqu'à 10% l'année prochaine.

Avec une prime adulte d'environ 378 francs par mois en moyenne, cela représenterait en 2023 des coûts supplémentaires de près de 38 francs par personne et par mois. Ce qui équivaut à 456 francs par an. Le portail de comparaison Comparis est un peu plus réservé dans ses prévisions. Début mai, il parlait d'une hausse des primes attendue de 5%.

L'augmentation des prix est justifiée par l'explosion des coûts de la santé et par l'argument selon lequel les caisses ont trop réduit leurs réserves cette année. Il n'est pas encore possible d'évaluer dans quelle mesure ce dernier point est vrai. Le fait est que l'année dernière, les assurances maladie disposaient de 12,4 milliards de francs de réserves. Cela représente 6 milliards de plus que ce qui est prescrit.

Salaires

Malgré la guerre en Ukraine et les chaînes d'approvisionnement perturbées, les choses se passent plus que bien pour les entreprises. La situation commerciale des entreprises serait même meilleure qu'elle ne l'a été depuis la fin de la crise financière. De nombreuses entreprises profitent, en outre, d'une inflation modérée. En effet, dans la plupart des cas, elles répercutent les hausses de prix sur leurs clients et peuvent ainsi légèrement augmenter leur propre marge. Le Seco prévoit une croissance du PIB de 2,8 % pour l'année en cours et de 2,0 % pour 2023.

Les syndicats demandent donc déjà des augmentations de salaire pour compenser la perte actuelle de pouvoir d'achat. Selon une enquête menée auprès de 337 entreprises employant 680 000 personnes, il devrait effectivement y avoir des augmentations de salaire de 1,2 % en moyenne.

Traduit de l'allemand par Nicolas Varin

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