A l'image de la croissance économique modérée, le commerce extérieur suisse manque lui aussi de dynamisme. Selon les dernières données mensuelles, publiées mardi, par la Direction générale des douanes, les exportations ont reculé de 2,7% en juillet par rapport au mois précédent, pour atteindre 22,5 milliards de francs. Dans le même temps, les importations ont stagné à 18,4 milliards. L'excédent commercial a ainsi diminué de 0,7 milliard, passant de son plus haut niveau annuel en juin à 4,1 milliards.
La baisse est principalement due à un ralentissement dans le secteur de l'industrie chimique et pharmaceutique. Cette branche génère environ un quart de toutes les exportations. La chute de juillet s'explique presque uniquement par la situation en Slovénie.
Ce petit pays d'environ deux millions d'habitants fait partie des principaux marchés de la Suisse en termes de valeur. En juin, on atteignait les 2,1 milliards de francs – c'est plus que pour l'Italie (1,8 milliard) et plus que la moitié du montant de l'Allemagne (3,5 milliards).
L'intensité du commerce pharmaceutique entre la Slovénie et la Suisse s'explique probablement avant tout par des raisons réglementaires et fiscales. Ancienne filiale de Novartis, Sandoz exploite en Slovénie une grande entreprise de production qu'elle a acquise en 2002 dans le cadre du rachat du fabricant de génériques Lek. Elle a développé le site depuis en investissant plusieurs milliards de francs.
La Direction générale des douanes précise que ce sont surtout les produits immunologiques et les médicaments qui ont entraîné le recul des exportations dans le secteur. Cette indication renforce l'hypothèse selon laquelle Sandoz est à l'origine de ces mouvements statistiques remarquables. Par «produits immunologiques», on entend notamment les remèdes contre le cancer. Que Sandoz produirait justement aussi en Slovénie. Il s'agit probablement du biosimilaire Rixathon, un traitement contre la leucémie pour lequel la firme a reçu l'autorisation de vente en Europe en 2017. Le Rixathon est une copie du Rituxan, une franchise avec laquelle un autre groupe pharma, Roche, réalisait des chiffres d'affaires de plusieurs milliards il y a quelques années encore.
Comme Sandoz paie moins d'impôts en Suisse que dans d'autres pays, l'entreprise a intérêt à y maintenir certaines activités de la chaîne de création de valeur, afin d'y générer une partie des bénéfices. Fin 2023, Novartis a rendu sa filiale Sandoz indépendante lors d'une scission. On ignore encore l'impact de cette manœuvre sur les activités slovènes.
Hormis cet aspect, les exportations ont évolué positivement le mois dernier vers presque tous les pays de l'Union européenne. Elles ont également connu une forte hausse au Royaume-Uni (+20%), tandis que les Etats-Unis, plus grand pays exportateur, ont également affiché une demande croissante totalisant près de 5 milliards de francs. Les exportations horlogères ont aussi été légèrement positives en juillet, selon la Fédération horlogère qui a précisé les données de la Direction générale des douanes.
(Adaptation française: Valentine Zenker)