Une «spirale de déclin» menace la Chine à cause de la guerre en Iran
Des produits tels que les aspirateurs ou les cigarettes électroniques pourraient devenir plus chers si la guerre en Iran venait à se prolonger, avertissent les industriels et commerçants chinois, déjà mis à rude épreuve.
Des semaines de frappes israéliennes et américaines sur l'Iran et la fermeture du détroit d'Ormuz ont paralysé l'approvisionnement en pétrole du continent asiatique, entravant la production de plastique, un dérivé du pétrole, dans toute la région.
Des contraintes économiques jamais vues
La Chine a été relativement épargnée par les pénuries de carburant grâce à ses réserves de pétrole et aux énergies renouvelables, mais ses usines font face à la forte hausse du prix des matières premières. Bryant Chen, responsable de l'usine d'aspirateurs RIMOO située à Foshan, près de Canton (sud), rapporte:
Alors que des ouvriers fixent des tuyaux d'aspiration à des réservoirs métalliques, Bryant Chen explique que le prix du plastique a grimpé d'environ 50% depuis le début de la guerre en Iran. En citant le plastique, le cuivre utilisé pour le moteur de l'aspirateur et les matières premières entrant dans la composition des cordons d'alimentation, cet homme de 42 ans déplore:
A deux heures de là, les négociants en plastique de la zone industrielle de Zhangmutou évoquent les plus fortes fluctuations de prix depuis des décennies. Li Dong, 46 ans, qui a rejoint le secteur il y a vingt ans, soutient:
Le prix des granulés de plastique qu'il achète pour les fabricants de coques de téléphone et de batteries pour véhicules électriques s'est envolé en mars, provoquant plusieurs jours de panique et des routes engorgées, les usines se précipitant pour s'approvisionner.
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Pire que pendant la pandémie de Covid-19
Les exportateurs de Zhangmutou ont présenté une série de produits issus de ces granulés, allant des drones aux volants de badminton. Une commerçante triait des perles destinées à des coques de cigarettes électroniques pour le Moyen-Orient. Selon Li Dong, la guerre a davantage frappé la production de plastique que durant la pandémie de Covid-19.
Il note toutefois une baisse de 10 à 20% depuis le pic, tout en alertant sur de nouvelles hausses du pétrole. Il explique:
Pour les exportateurs, la crise s'ajoute au choc des droits de douane toujours autour de 20%, imposés l'an dernier par Donald Trump.
Dans la banlieue de Canton, le propriétaire d'une usine de confection, Zhou, déplore encore le chaos de la guerre commerciale: les clients hésitent et les coûts restent incertains. Le quinquagénaire indique:
Si 80% de ses clients sont revenus, le coût des tissus qu'il utilise a lui augmenté de 10 à 20%.
Un prudent optimisme
Jingjing est retournée dans sa région natale du Hubei (centre-est) pendant deux mois, pour un salaire équivalent à la moitié des 400 yuans (45 francs) qu'elle gagnait dans les usines de confection de Canton.
«Quand les tensions augmentent, les commandes s'évaporent soudainement», estime cette femme de 42 ans. Dans une ruelle humide de Canton, elle s'est jointe aux demandeurs d'emploi négociant leurs salaires face à des patrons en quête de journaliers.
Bryant Chen, le directeur de l'usine d'aspirateurs, reste «inquiet» face à la flambée des frais de transport si la guerre s'éternise:
RIMOO prévoit de s'étendre à d'autres marchés au-delà du Moyen-Orient, qui concentre 60% de ses clients. «Nous restons optimistes», soutient Bryant Chen.
Mais les analystes préviennent que les répercussions sur les coûts se feront sentir pendant des mois. Bryant Chen conclut:
