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Ce «colosse putschiste» pourrait gouverner la Guinée

Élections présidentielles en Guinée fin 2025.
A gauche: Mamadi Doumbouya lors de sa cérémonie d'investiture en tant que président (octobre 2021). A droite: les gens font la queue pour voter lors d'un référendum constitutionnel en septembre 2025.Image: afp/keystone

Ce colosse putschiste pourrait gouverner la Guinée

Il a troqué le treillis pour des tenues civiles et garde de bons rapports avec le reste du monde tout en tenant la Guinée d'une main de fer: Mamadi Doumbouya entend légitimer avec la présidentielle du 28 décembre son règne sans partage sur le pays.
26.12.2025, 18:5926.12.2025, 18:59

Assis derrière un bureau, en casquette et T-shirt blancs barrés en vert de son nom et de son slogan électoral «Bâtir ensemble», l'habile général Mamadi Doumbouya, un colosse de 41 ans, promet «la paix et la stabilité» aux quelque 13 millions de Guinéens s'il est élu, dans un clip vidéo publié début décembre.

C'est la seule prise de parole en campagne de ce putschiste, au pouvoir dans ce pays d'Afrique de l'Ouest depuis 2021, et qui se présente à la présidentielle en dépit de sa promesse initiale de rendre le pouvoir à des civils et alors que les principaux opposants ont été exclus du scrutin.

Palais présidentiel pris d'assaut

A l'approche de l'élection, ses treillis camouflage et son béret rouge habituels ont laissé place à des tenues civiles lors de ses très rares apparitions publiques, toujours entouré de ses hommes du Groupement des forces spéciales dont il est issu.

En septembre 2021, c'est à la tête de ces forces que le colonel Mamadi Doumbouya prend d'assaut le palais présidentiel et démet le président civil Alpha Condé, au pouvoir depuis onze ans. La prise de pouvoir de ce militaire de carrière est initialement accueillie dans la liesse par la population, après des mois de manifestations durement réprimées contre un troisième mandat d'Alpha Condé.

Le nouvel homme fort de Guinée promet que ni lui ni aucun membre de la junte ne se présentera à une élection à la fin d'une période de transition qui doit voir le retour des civils au pouvoir. Depuis, le chef de l'Etat, auto-promu général, a renoncé à cette promesse et dirige le pays d'une main de fer.

Répression, arrestations et enlèvements

Sous sa présidence, plusieurs partis politiques et médias ont été suspendus, les manifestations ont été interdites en 2022 et sont réprimées, et de nombreux dirigeants de l'opposition et de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l'exil. Les nouvelles de disparitions forcées et d'enlèvements se sont multipliées ces dernières années.

Enfermé dans le palais présidentiel Mohammed V à Conakry, face à l'océan Atlantique, la parole de Mamadi Doumbouya est rare, et ce sont son premier ministre, Amadou Oury Bah, et son porte-parole, Amara Camara, qui sillonnent depuis une semaine le pays en son nom pour faire campagne. Candidat indépendant à une élection qu'il semble assuré de remporter, faute de rival d'envergure, le général Mamadi Doumbouya est soutenu par un mouvement qui porte ses initiales, GMD: Génération pour la Modernité et le Développement.

Originaire de Kankan (est), Mamadi Doumbouya est issu de l'ethnie malinké, la deuxième du pays. Sa vie reste tissée de liens avec la France, ancienne puissance coloniale. Entré à la légion étrangère française en 2002, il y a effectué de nombreuses missions opérationnelles, de l'Afghanistan à la République centrafricaine.

Selon sa biographie officielle, il est titulaire d'un master de défense de l'université parisienne de Panthéon-Assas et a suivi les cours de l'Ecole de guerre en France. Il est marié à une ancienne gendarme française et père de quatre enfants.

Ni anti-américain, ni anti-russe

Une vidéo datant de 2017 montre Mamadi Doumbouya, alors officier de l'armée guinéenne, se plaignant, lors d'une conférence, de ne pas recevoir de munitions «parce que les politiques ont peur qu'on fasse un coup d'Etat».

Arrivé au pouvoir à l'époque où des juntes souverainistes au Sahel se détournaient de la France et de la Cedeao et se rapprochaient de la Russie, Mamadi Doumbouya a maintenu de bons rapports avec l'ancienne puissance coloniale et a su rester en bon termes avec tous les partenaires internationaux.

Lors d'un ardent discours à la tribune de l'ONU en 2023, il s'est livré à une justification des coups d'Etat militaires qui se sont multipliés dans la région, dénonçant un modèle démocratique qui «a été imposé» à l'Afrique. Il y a martelé son non-alignement, se disant «ni anti-américain, ni anti-russe, ni anti-français, mais tout simplement pro-africain».

Cette «stratégie du ni ni a superbement fonctionné», commente l'analyste politique Kabinet Fofana, directeur du cabinet Les Sondeurs basé à Conakry, qui note que la communauté internationale «essaye de le ménager pour le garder comme allié». Cette dernière salue également l'amélioration des perspectives économiques du pays sous son règne, symbolisée par le lancement de l'exploitation du gigantesque complexe de la mine de fer de Simandou (sud-est). (afp)

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source: sda
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