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L'accord avec les Etats-Unis attise les divisions en Iran

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«Nous ferons de leur vie un enfer»: lutte de pouvoir en Iran

Alors que l'on discute de l'accord avec les Etats-Unis au Bürgenstock, les partisans de la ligne dure à Téhéran menacent de représailles leurs propres politiciens.
22.06.2026, 09:2422.06.2026, 10:45
Michael Wrase, Limassol / ch media
Vor den Porträts von Ruhollah Chomeini, Ali Khamenei und Modschtaba Khamenei nutzt ein Geistlicher sein Mobiltelefon während einer regimetreuen Kundgebung in Teheran.
Devant les portraits de Rouhollah Khomeini, Ali Khamenei et Mojtaba Khamenei, un religieux utilise son téléphone portable lors d'un rassemblement pro-régime à Téhéran.Image: Vahid Salemi

C'est avec un catalogue de «directives pour la protection des droits de la nation iranienne» que la délégation de négociation iranienne a atterri à Zurich tard samedi. Celles-ci avaient été dictées par le Conseil suprême de sécurité nationale en Iran, qui attend de l'équipe entourant le président du Parlement Mohammed Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi qu'elle mène les discussions au Bürgenstock «avec une méfiance totale envers les Etats-Unis». Des concessions ne pourraient être faites au «Grand Satan» — terme utilisé pour dénigrer les Etats-Unis en Iran depuis 47 ans — qu'après consultation de Téhéran.

Là-bas, dans la nuit de samedi à dimanche, un porte-parole des Gardiens de la révolution a clairement fait savoir que ce sont «les militaires et non les hommes en costume à Téhéran» qui décident de «qui peut passer par le détroit d'Ormuz». Le détroit est à nouveau fermé depuis samedi après-midi. L'Iran veut ainsi forcer l'arrêt des bombardements israéliens contre le Liban et son allié, le Hezbollah.

Ce n'est qu'à cette condition que le programme nucléaire et d'autres points de discorde pourraient être négociés au Bürgenstock. Si cela n'avait tenu qu'aux Gardiens de la révolution, l'accord-cadre provisoire de leur pays avec les Etats-Unis n'aurait jamais dû être signé.

Menaces contre les «déviants»

L'accord controversé a non seulement révélé, mais aussi accentué l'équilibre des pouvoirs extrêmement fragile au sein de l'Etat iranien. Du point de vue des radicaux, la résistance contre les Etats-Unis n'est pas une politique étrangère négociable, mais un «principe religieux éternel» qui doit perdurer jusqu'à la fin des temps. Par conséquent, tout accord avec Washington n'est pas interprété comme de la diplomatie, mais comme une trahison de la révolution. En signant l'accord-cadre, soutiennent les radicaux, les «lignes rouges» de la République islamique ont été abandonnées.

Depuis longtemps, les partisans du front ultraconservateur Paydari (Front de la persévérance) ont porté leur combat contre les soi-disant «déviants» jusque dans la rue. Si les «directives pour la protection de la nation» ne sont pas respectées, «nous ferons de leur vie un enfer», a menacé vendredi Mohammed Ali Bakhshi, un orateur populaire payé par les radicaux, à Shar-e Ray, une ville au sud de Téhéran. Le peuple mettra alors «la lame» sous la «gorge des traîtres».

Il ne visait pas seulement le président du Parlement Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Araghchi, mais aussi le président de la République Massoud Pezeshkian, qui avait signé jeudi dernier l'accord-cadre avec les Etats-Unis pour défendre «la dignité, l'honneur et l'autorité» de l'Iran. La marge de manœuvre du chirurgien cardiaque est extrêmement limitée: il y a quelques semaines à peine, il aurait proposé sa démission parce qu'il était court-circuité lors de décisions importantes.

L'Ayatollah se montrera-t-il à nouveau?

Ce n'est que lorsque Pezeshkian, en tant que président du Conseil suprême de sécurité nationale, a «expressément assumé la responsabilité» de l'accord-cadre, que le Guide de la révolution Mojtaba Khamenei l'a autorisé à le signer. «Sur le principe», il aurait toutefois eu un avis différent sur le deal, a-t-on appris peu après dans un message écrit du Guide.

C'est avec une grande impatience que l'on attend en Iran de voir si Khamenei junior apparaîtra pour la première fois en public à l'occasion des funérailles officielles de son père dans un peu moins de deux semaines. Depuis sa nomination pour succéder à son père le 8 mars, Mojtaba, gravement blessé lors des frappes aériennes israéliennes sur les résidences du Guide de la révolution, n'est apparu que par le biais de communiqués écrits. Sa réserve laisse sans réponse la question maintes fois posée de savoir quelle autorité il exerce réellement face aux centres de pouvoir rivaux en Iran — et ouvre la voie aux spéculations sur le «véritable leadership» au sein de la République islamique.

Mojtaba Khamenei pourrait mettre fin à ces rumeurs par sa participation aux cérémonies de deuil. S'il reste «invisible», le conflit sur les négociations avec le «Grand Satan américain» risque de s'envenimer davantage. (trad. hun)

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