International
Espagne

Schengen: Madrid avertit Rome de possibles mesures de rétorsion

epa12229323 Italian Prime Minister Giorgia Meloni (R) welcomes Spanish Prime Minister Pedro Sanchez (L) for the Ukraine Recovery Conference 2025 in Rome, Italy, 10 July 2025. EPA/ANGELO CARCONI
Entre Pedro Sanchez et Giorgia Meloni, l'ambiance s'est clairement tendue.Keystone

Schengen: Madrid avertit Rome de possibles mesures de rétorsion

Le bras de fer entre Madrid et Rome se poursuit après la crise migratoire à Ceuta. Malgré l'ultimatum de deux jours fixé par l'Espagne pour lever les contrôles aux frontières, l'Italie refuse de céder et les maintiendra jusqu'au 15 août au minimum.
07.08.2026, 23:0107.08.2026, 23:01

L'Espagne a menacé vendredi l'Italie de mesures de rétorsion si Rome ne lève pas cette semaine la suspension de l'accord de libre circulation de Schengen qu'elle a instaurée à la suite de l'afflux massif de migrants dans l'enclave espagnole de Ceuta.

Un communiqué du gouvernement espagnol avertit:

«Nous appelons le gouvernement italien à revoir sa position, à mettre fin aux contrôles et à traiter les Espagnols comme les autres citoyens européens. S'il ne le fait pas avant la fin de la journée du dimanche 9 août, l'Espagne sera contrainte d'adopter des mesures proportionnelles pour protéger les intérêts et la dignité de ses citoyens.»

Cette rare brouille entre deux alliés de l'UE et de l'OTAN intervient après que 72 000 migrants ont franchi la frontière depuis le Maroc vers le territoire espagnol de Ceuta, en Afrique du Nord, la semaine dernière, lors d'un mouvement d'une ampleur sans précédent.

Des scènes vivement critiquées par d'autres pays de l'UE partisans d'une ligne dure sur l'immigration irrégulière et la protection des frontières extérieures du bloc, parmi lesquels la première ministre italienne d'extrême droite Giorgia Meloni.

Vendredi, le gouvernement espagnol a de nouveau fustigé l'Italie pour une mesure qu'il a qualifiée «d'inéquitable, contraire aux intérêts de l'UE et discriminatoire pour la population espagnole».

Le communiqué du gouvernement espagnol ne précisait pas la nature des représailles envisagées; les mesures prises par l'Italie comprennent la fermeture des points d'entrée maritimes et aériens ainsi que le renforcement des contrôles aux frontières terrestres.

Rumeurs sur internet

«Nous n'avons en aucun cas l'intention de revenir sur la décision de suspendre l'application de l'accord de Schengen aux ressortissants de pays tiers en provenance d'Espagne, au moins jusqu'au 15 août», a réagi vendredi après-midi le gouvernement italien, rejetant «ultimatum ou imposition (...) concernant la sécurité nationale et le contrôle des frontières».

Selon les médias locaux, la police espagnole surveille les rumeurs circulant sur Internet et les messages publiés sur les réseaux sociaux concernant d'éventuelles nouvelles arrivées de migrants dans l'enclave; toutefois, les autorités n'ont pas explicitement indiqué qu'elles s'attendaient à cette date à une répétition de l'afflux observé la semaine dernière.

«Ce n'est que lorsqu'on aura la certitude qu'il n'y aura aucun risque en matière de sécurité et de terrorisme pour l'Italie (...) qu'il sera possible de revoir ce qui a déjà été décidé», selon la même source qui qualifie cependant l'Espagne de «pays ami».

La suspension par l'Italie de l'accord de Schengen avec l'Espagne, annoncée le 31 juillet, était une «mesure extraordinaire» destinée à «sauvegarder la sécurité nationale et prévenir de possibles répercussions pour notre pays», avait déclaré Mme Meloni.

Elle fait partie des dirigeants européens qui ont réclamé la suspension de l'Espagne de l'espace Schengen après la crise à Ceuta, bien qu'une telle décision soit légalement impossible.

Le gouvernement espagnol a mis en garde contre «la création de fractures et de conflits stériles dictés par des motivations électorales internes» et a déclaré avoir «confiance dans le fait que le sentiment pro-européen, le bon sens et la bonne foi prévaudront».

Sur les 72 000 migrants arrivés à Ceuta, 70 000 sont retournés au Maroc, selon les chiffres officiels espagnols.

Mais ceux qui restent – parmi lesquels des centaines d'enfants non accompagnés – sont confrontés à des conditions de vie désastreuses, avec un accès très limité à la nourriture, à l'eau, à des abris et des installations sanitaires. (sda/ats/afp/svp)

Comment l'Europe défie la vague de chaleur
1 / 33
Comment l'Europe défie la vague de chaleur

Dimanche, la température à Paris a atteint 37 degrés.

source: sda / michel euler
partager sur Facebookpartager sur X
Un migrant de Ceuta témoigne
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
Cette arnaque a piégé de nombreux touristes en Italie
Plus de 120 vacanciers ont été victimes d’une vaste arnaque en ligne à Cesenatico, dans le nord de l'Italie. Arrivées sur place, des dizaines de familles ont découvert que leur logement n’existait pas.
Une vaste escroquerie en ligne portant sur des hébergements de vacances a touché plus de 120 vacanciers dans la station balnéaire adriatique de Cesenatico, dans le nord de l'Italie.
L’article