«Les vacances sont finies»: avec les touristes chassés par le feu
«Une heure pour partir»: vélos sur le toit, valises entassées à l'arrière, des touristes français, anglais ou allemands évacuent mardi les campings de la station balnéaire de Lacanau, célèbre spot de surf menacé par les flammes.
«En allant faire la vaisselle, on m'a dit qu'on avait une heure pour partir», raconte Sylvain Gerbeau, au volant de son van à la sortie du camping Airotel Océan, niché dans la pinède. Avant de prendre la route, il dit encore:
A la sortie de la ville, vers 13H00, les routes étaient dégagées après une période de pointe et des centaines de mètres de bouchons. La préfecture a décrété en milieu de matinée l'évacuation de 4000 personnes des hébergements touristiques de Lacanau, anticipant «un phénomène météorologique défavorable» dans l'après-midi.
«Au début, j'ai cru que mon mari blaguait, avec le ciel bleu et les feux qui diminuent», raconte Marielle Mourgeon, touriste venue du Doubs, en entassant les derniers sacs dans le coffre d'une voiture déjà surchargée. Sans céder à la panique, saluant un personnel «rassurant», elle s'est finalement résignée à ne rien laisser sur place. «Peut-être qu'on aurait pu revenir dans quelques jours, avec une météo plus favorable.» La suite des vacances s'écrit en pointillés pour elle:
Un départ «déchirant» pour certains touristes
«Madame bonjour, je vais récupérer les clés du mobil-home»: dans les allées, les employés du camping font le tour des emplacements pour gérer les départs des derniers clients et mettre en sécurité les bouteilles de gaz, avant de quitter eux-mêmes les lieux. Ben, un membre du staff explique:
Michael Wallrabe, touriste allemand venu de Brême, se dit «extrêmement triste de partir». «Ici, c'est comme ma seconde maison, nous devions rester cinq semaines, c'est déchirant», confie le père de famille alors que ses deux fils sont déjà assis à l'arrière de la voiture. En ajoutant:
Dépourvus de véhicule, une dizaine de campeurs chargés de sacs et de valises attendent des bus, affrétés par les autorités locales pour faire le tour des campings du coin et récupérer les vacanciers non motorisés.
Pour le directeur du camping, Vincent Eap, la matinée a ressemblé à «un tunnel». «L'évacuation qu'on voulait éviter est arrivée, on y avait échappé mais là, c'est tombé», lâche-t-il, anticipant un important «impact financier» en pleine période estivale, sans savoir quand il pourra rouvrir. Le mégafeu débuté le 22 juillet avait déjà rebuté les touristes. «Le camping était à moitié vide, on a fait 40 arrivées le week-end dernier, contre 150-200 en temps normal.»
