Pourquoi la Chine veut dissuader d'utiliser des préservatifs
Le gouvernement chinois s’inquiète pour sa démographie. Depuis 2015, le pays a abandonné la politique de l’enfant unique, mais le taux de natalité reste trop faible. Pékin tente maintenant une nouvelle approche.
Pendant plusieurs années, la pilule et les préservatifs n’étaient pas soumis à taxation. Cela va désormais changer, comme l'annonce l’agence de presse anglaise Reuters. Une taxe de 13% doit rendre les moyens de contraception plus chers et, manifestement, dissuader les consommateurs. Ce taux correspond à la TVA habituelle en Chine.
La population chinoise a diminué pour la troisième année consécutive en 2024, et les experts avertissent que ce recul devrait se poursuivre. La Chine a déjà exonéré les allocations de garde d’enfants de l’impôt sur le revenu et a introduit l’an dernier une allocation annuelle pour la garde d’enfants.
Il y a deux ans, le gouvernement chinois a mis en place toute une série de mesures dites «favorables aux naissances». Parmi celles-ci figure notamment une demande adressée aux hautes écoles et aux universités d’offrir une «éducation à l’amour», afin de présenter le mariage, l’amour, la fertilité et la famille sous un jour positif, indique Reuters.
L’héritage de la politique chinoise de l’enfant unique
En décembre dernier, lors de la Conférence centrale annuelle sur le travail économique, les responsables du gouvernement du président Xi Jinping se sont de nouveau engagés à promouvoir «une attitude positive à l’égard du mariage et de la parentalité» afin de stabiliser le taux de natalité. En effet, les coûts élevés de la garde d’enfants et de l’éducation, ainsi que l’incertitude sur le marché du travail et le ralentissement économique, ont également dissuadé de nombreux jeunes Chinois de se marier et de fonder une famille.
Le pays ne s’est toujours pas remis de la politique de l'enfant unique qui a duré de 1979 à 2015. Selon le Mercator Institute for China Studies, cet héritage «s’avère difficile à inverser».
D’après son analyse, des facteurs systémiques sont tout aussi difficiles à combattre, notamment la hausse des coûts de l’éducation des enfants et la discrimination à l’encontre des femmes en âge de procréer sur le marché du travail. Même une allocation familiale équivalente à 400 francs suisses par mois ne semble pas suffisante. En 2022, le taux de natalité en Chine est tombé à environ 1,09 naissance par femme, bien en dessous du seuil de renouvellement des générations de 2,1, et à un niveau comparable à celui du Japon ou de la Corée du Sud. (t-online)
Traduit de l'allemand par Anne Castella

