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Drame à Washington: Trump refuse d'être président

Collision à Washington: Trump refuse d'être président
Trump a géré sa première crise: la tragique collision aérienne ayant causé la mort de 67 personnes, à Washington, dans la nuit de mercredi à jeudi.image: keystone
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Trump refuse d'être un président

67 personnes ont perdu la vie dans la collision entre un avion de ligne et un hélicoptère de l'armée, à Washington. Au lieu d'en profiter pour incarner le chef d'Etat qu'il a voulu redevenir, Donald Trump s'est borné à incriminer ses prédécesseurs. Une première gestion de crise catastrophique.
30.01.2025, 19:2231.01.2025, 14:00
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C'est lui qui a confirmé aux médias qu'il n'y avait, hélas, pas de survivant. Pour sa première prestation dans la briefing-room de la Maison-Blanche, Donald Trump a d'abord affiché une mine grave pour évoquer la catastrophe la plus meurtrière sur le sol américain depuis le 11-Septembre.

Jeudi, 67 personnes sont décédées dans la collision entre un avion de ligne et un hélicoptère de l'armée.

«Ce fut une nuit sombre et atroce dans la capitale et dans l’histoire de notre pays»
Donald Trump

Il s'est ensuite mélangé un peu les pinceaux, cherchant ses mots pour rappeler que l'eau de la rivière Potomac, qui scinde Washington en deux et dans laquelle les deux appareils se sont échoués, était «vraiment très, très, euh, très froide. Vraiment très froide». C'est vrai qu'il n'a jamais vraiment su exprimer de l'empathie en public. Mais, cette fois, nous avons eu affaire à des larmes de crocodile qui n'ont dupé personne.

Il ne manquait que les violons.

Car une fois le petit mot pour les victimes et les bons usages du deuil glissés sous le pupitre, c'est l'éternel Trump de l'opposition, le mercenaire MAGA et le va-t-en-guerre politique qui a (re)pris la parole.

Alors que toute la lumière n'a pas encore été faite sur ce drame, le tout frais président a décidé qu'il savait. Tout seul. Comme un grand. Parce que, «de toute façon, les enquêtes, ça dure toujours trois ans». Résultat, en une poignée de secondes, Barack Obama, Joe Biden et le programme «Diversité, équité et inclusion» (DEI) s'en sont pris plein la tronche. L'ancien secrétaire aux Transports Pete Buttigieg? «Un vrai désastre.»

«Je privilégie la sécurité quand Obama et Biden ne pensent qu'à la paperasse et à la politique»
Donald Trump

L'hôpital qui se fout de la charité. On le sait, diversité a toujours été synonyme d'incompétence, dans l'esprit du 47e président des Etats-Unis et de ses apôtres. Alors que le contrôle aérien «aurait mérité la présence des employés les plus intelligents», les démocrates ont été aveuglés par l'inclusion. Jeudi soir, il aurait accusé Joe Biden d'avoir assassiné 67 individus que personne n'aurait sursauté d'effroi.

Ça ne vous rappelle rien? Les feux de Los Angeles et le coupable tout désigné: Gavin Newsom, gouverneur démocrate de Californie. L'attentat de la Nouvelle-Orléans? La politique migratoire «désastreuse» de Joe Biden, alors que le terroriste était un citoyen américain, né au Texas.

Oui, des bouc émissaires. Un classique du Trump de 2016 et un marronnier de la longue et violente campagne présidentielle qui l'a catapulté une nouvelle fois dans le Bureau ovale.

Il avait pourtant, là, l'occasion de donner le ton. De prouver que les Etats-Unis sont entre de bonnes mains et qu'il sait mener une crise en vrai chef d'Etat, autrement qu'en signant des décrets qui vont finir encastrés dans le véto de la Cour suprême. Rejeter la faute sur le prédécesseur passe encore lorsqu'on cherche à atteindre le pouvoir. Surtout lorsqu'on mène un mouvement bulldozer. Une fois au sommet du monde, l'enfantillage de mauvaise foi est indigne de la fonction.

Et un manque cruel de courage. Car il aurait très bien pu promettre de faire toute la lumière sur cette catastrophe. Que les coupables seront punis. Que la sécurité sera renforcée. Que les procédures seront améliorées. Comme un type qui prétend vouloir «Make America Great Again».

Mais, jeudi, en pleine crise et face à des familles terrassées par le deuil, Donald Trump a lâchement démontré qu'il refuse d'être un président des Etats-Unis sur lequel la population américaine peut se reposer.

Ce drame, cinq ans après une gestion désastreuse de la pandémie de Covid-19, aura au moins servi de nouvelle preuve que le milliardaire populiste n'a pas changé.

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