Fallait-il vraiment ça pour comprendre que Trump est un monstre?
Ces derniers jours, Donald Trump s'en est violemment pris au pape Léon XIV, qu'il a accusé d'être «très faible» et «nul en politique étrangère». Le souverain pontife avait ouvertement critiqué la guerre déclenchée par les Etats-Unis au Moyen-Orient, ce que le président américain n'a manifestement pas apprécié.
Le républicain a accompagné ses messages d'une image générée par IA, le montrant en Christ guérisseur imposant sa main sur le front d'un homme alité. La scène, clairement inspirée de la peinture chrétienne, était complétée par plusieurs symboles patriotiques américains, tels que l'aigle et la statue de la Liberté.
Grossière erreur.
Tant l'attaque contre le pape que l'illustration ont fait bondir de nombreux partisans du président. La droite chrétienne américaine a très peu goûté à cette image, rapidement qualifiée de «blasphématoire». Plusieurs personnalités pro-Trump n'ont, par ailleurs, pas hésité à le faire savoir. «On ne se moque pas de Dieu», a fustigé la nageuse Riley Gaines, qui milite notamment contre la présence d’athlètes transgenres dans le sport de compétition. Megan Basham, écrivaine et podcasteuse conservatrice, a écrit:
Face à ce flot de réactions outrées, Trump a supprimé l'image et tenté de convaincre qu'elle le présentait en médecin... L'indignation a toutefois dépassé les frontières des Etats-Unis. Giorgia Meloni, fervente supportrice du républicain, a vivement critiqué ses propos sur le pape, les qualifiant d'«inacceptables».
«Pays de merde»
Une polémique qui soulève une question cruciale: fallait-il vraiment attendre cette image pour comprendre que Trump est un monstre? S'agit-il des actions les plus scandaleuses et inacceptables qu'il ait jamais commises?
Spoiler: non.
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a insulté et humilié une quantité innombrable de personnes. Il a qualifié les migrants somaliens des «déchets», a appelé la Somalie un «pays de merde», «crasseux» et «dégoûtant». Il a traité une journaliste de «truie». Il a publié - puis retiré - une vidéo montrant le couple Obama en singes et a publiquement moqué des athlètes trans.
Et cela, ce ne sont que ses déclarations. Ses actions ont été bien plus dévastatrices. En l'espace d'une année et quelques mois, il a...
- ... commencé une guerre qui a embrasé le Moyen-Orient et coûté la vie à plus de 3000 personnes, dont 168 écolières iraniennes tuées dans une frappe américaine;
- ... fait arrêter et déporter (ce sont ses termes) arbitrairement des milliers de personnes, dont des centaines d'enfants;
- ... déployé la police de l'immigration dans de nombreuses villes, ce qui a conduit au meurtre de deux citoyens américains innocents, qualifiés à tort de «terroristes» par la Maison-Blanche;
- ... fait annuler plus de 80% des programmes humanitaires américains, une décision qui aurait causé plus de 750 000 décès, selon des estimations.
Rien de choquant pour ses partisans. A leurs yeux, tout allait bien jusqu'au moment où Trump a décidé de s'attaquer au pape et de «se moquer de Dieu». De quoi s'interroger sur les supposées valeurs chrétiennes brandies par ces gens. Ils feraient bien de relire la Bible.
