Genève hausse le ton face au No-G7
Il n'y aura pas de traversée du pont du Mont-Blanc. Lors de son point presse hebdomadaire, le gouvernement genevois a précisé les contours du parcours autorisé pour la manifestation du 14 juin. Le cortège emmené par la coalition No-G7 devra se dérouler exclusivement sur la rive droite, avec un départ à 16 heures du parc Mon-Repos en direction de la place des Nations, avant un retour par l’avenue de France.
Le ton est ferme: ce sera ce parcours, sinon rien. Que les détracteurs du sommet d'Evian, qui se tiendra du 15 au 17 juin, en veuillent ou non. «Si le parcours ne leur convient pas, nous révoquerons l’autorisation de manifestation purement et simplement», avertit la conseillère d’Etat Carole-Anne Kast, entourée de ses collègues du gouvernement Thierry Apothéloz et Nathalie Fontanet, soucieux d’afficher un front uni.
50 000 manifestants attendus
Le Conseil d’Etat justifie ce tracé par les impératifs sécuritaires liés au sommet d'Evian. Les autorités s’attendent à «accueillir» jusqu’à 50 000 manifestants. Seuls les grands axes pourront être empruntés afin de garantir l’accès des secours et des forces de l’ordre. Le pont du Mont-Blanc sera inaccessible et le village alternatif réclamé aux Cropettes a été refusé.
Françoise Nyffeler, membre de la coalition No G7, dénonce un durcissement du ton du Conseil d’Etat et un tracé imposé «à prendre ou à laisser». Elle juge également le parcours problématique sur le plan sécuritaire, notamment autour du pont du Mont-Blanc et dans le quartier des organisations internationales, tout en précisant que le collectif n’a pas encore arrêté sa position.
Carole-Anne Kast répond aux critiques
La magistrate genevoise Carole-Anne Kast répond à ces critiques. Interview.
La coalition No-G7 estime que le ton s’est durci du côté du Conseil d’État et qu’elle n’a pas été entendue. Que leur répondez-vous?
Je crois surtout qu’ils n’ont pas écouté. Quand le Conseil d’Etat prend un arrêté qui stipule qu’on autorise une manifestation exclusivement en rive droite, et qu’ensuite ils passent un week-end à nous dire qu’ils veulent traverser le pont du Mont-Blanc, c’est qu’ils n’ont pas entendu. Donc, ce n’est pas que le ton s’est durci, notre propos a été clarifié. Nous sommes toujours volontaires pour collaborer avec eux.
Le collectif vous accuse d’avoir volontairement fait traîner les négociations afin de mettre les militants devant le fait accompli. Il affirme vous avoir sollicitée dès le début de l’année, sans avoir pu vous rencontrer avant il y a trois semaines, puis à nouveau hier soir. Avez-vous joué la montre?
Ecoutez, c’est un discours que tient de façon récurrente la personne qui a demandé l’autorisation. Mais nous ne jouons pas la montre! Le Conseil d'Etat avait besoin de réunir certaines informations avant de pouvoir envisager un parcours de manifestation. Nous ne sommes pas maîtres du dispositif du sommet. Ce que la coalition No-G7 a peut-être mieux compris hier soir, c’est que la plupart des mesures décidées sont liées aux contraintes sécuritaires exceptionnelles du sommet d'Evian, et non à la manifestation en elle-même.
Nous sommes dans une situation exceptionnelle, notamment en ce qui concerne le contrôle des frontières et les enjeux sécuritaires liés à cette manifestation. Il n’aurait donc pas été pertinent de les rencontrer plus tôt simplement pour leur dire que nous ne disposions pas encore de toutes les informations nécessaires pour prendre une décision.
Il s'agit donc de l’offre finale du gouvernement genevois alors? Il n'est plus possible pour la coalition de renégocier un autre tracé?
Si, ils peuvent renégocier un autre parcours, mais dans le cadre de l’arrêté du Conseil d’Etat, c’est-à-dire exclusivement en rive droite. C’est le discours que nous leur tenons depuis le début. Nous sommes ouverts à une négociation dans ce cadre-là.
Aujourd’hui, nous délivrons une autorisation sur ce parcours. S’ils souhaitent modifier certains détails, et que cela reste dans le cadre fixé — en rive droite — nous pouvons toujours adapter le dispositif. Mais la première chose est de savoir s’ils adhèrent ou non à ce principe. Et cette décision, nous ne pouvons pas la prendre à leur place.
