C'est lors de la finale du concours de Miss Europe que Beatrice Keul, 22 ans, aurait attiré l'attention de Donald Trump. Première dauphine du concours de Miss Suisse 1992 à Zurich, la jeune femme est employée dans une banque et mannequin à temps partiel. C'est alors qu'elle reçoit une invitation au concours «American Dream Pageant», organisée par le milliardaire, comprenant un voyage tous frais payés à New York et à Atlantic City.
«Quand vous venez de Suisse, les Etats-Unis vous émerveillent, a expliqué Beatrice Keul, aujourd'hui domiciliée à Berne, au tabloïd britannique. A l'époque, Trump était une marque très connue. On pouvait être aveuglé par tout ça. Je ne savais pas que c'était une jungle là-bas.»
C'est donc tout naturellement que la jeune femme s'envole de Zurich vers New York pour tenter sa chance, le 14 novembre 1993. Après quelques jours au Trump's Castle Casino, la cinquantaine de candidates au concours est emmenée en bus à l'hôtel Plaza à Manhattan, propriété du futur président américain. «Il était vraiment excité», se souvient Beatrice Keul au moment de leur rencontre, ajoutant que Donald Trump avait même estropié son nom de famille, en l'appelant «Cool».
Après un déjeuner de presse, un membre du personnel de Trump s'approche de la jeune femme pour lui glisser que le magnat de l'immobilier souhaiterait s'entretenir avec elle «en privé». «Il m'a emmenée aux étages supérieurs. C'était l'une des grandes suites. Je pensais que Trump voulait parler, comme l'autre me l'avait dit. J'étais confiante, j'y suis allé les yeux fermés.»
Malgré ses refus et ses tentatives de le repousser, Donald Trump alors l'aurait «pelotée». «Il m'a embrassée sur les lèvres et dans le cou. Il a essayé de soulever ma robe. Il a attrapé et touché mon corps partout où il le pouvait», raconte Beatrice Keul. «Je pense que ma taille m'a sauvée», ajoute encore celle qui mesure un bon 1,85m, encore rehaussée par de «bonnes chaussures de 5-7cm».
«J'ai essayé tout ce que j'ai pu. Finalement, j'ai dit 'parlons d'abord' ou quelque chose comme ça, puis il s'est ralenti, poursuit la quinquagénaire. Ensuite, il m'a pris la main, il m'a embrassée, il m'a demandé si je voulais boire quelque chose, il m'a demandé de m'asseoir.»
Une demi-heure de conversation plus tard, alors que Donald Trump lui demande si elle souhaite rester aux Etats-Unis et si elle accepterait de le revoir, elle est toujours en quête d'une solution «diplomatique». «Quand on est avec des malades, il faut rester calme, car si on n'est pas calme, quelque chose de très grave peut arriver. J'ai essayé d'être aussi normale que possible et de mentir dans mes réponses».
Terrifiée à l'idée de «ne pas pouvoir rentrer chez elle» ou de ne jamais pouvoir revenir aux Etats-Unis, elle explique avoir «dit tout ce qu'il faut pour se sauver».
Les révélations de la Suissesse surviennent moins d'une semaine après qu'une autre ex-mannequin, Stacey Williams, ait accusé Donald Trump de l'avoir agressée après leur rencontre à la Trump Tower à Manhattan, également en 1993, par leur biais de leur ami commun, Jeffrey Epstein.
Le récit de Beatrice Keul présente en tout cas de nombreuses similitudes avec celui d'autres femmes ayant accusé le candidat à la Maison-Blanche d'inconduite sexuelle au fil des ans. Au moins 27 femmes se sont manifestées pour témoigner de viols, baisers non désirés, attouchements ou autres actes répréhensibles. Quant à ces nouvelles accusations, la campagne Trump n’a pas réagi avant la publication du Daily Mail.