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La forêt amazonienne, victime de l'être humain

Image: AP
Les scientifiques s'inquiètent d'un essoufflement des forêts tropicales au Brésil. Et, selon une récente étude, Jair Bolsonara, n'y serait pas pour rien.
30.04.2021, 19:2830.04.2021, 21:43

La forêt amazonienne brésilienne a rejeté ces dix dernières années plus de carbone qu'elle n'en a absorbé. C'est un basculement majeur pour cet écosystème crucial dans la limitation du réchauffement, selon une étude publiée cette semaine.

Sans les forêts, un des «poumons» de la planète qui absorbe entre 25 et 30% des gaz à effet de serre émis par l'être humain, le dérèglement climatique serait bien pire.

Bilan très sombre

Mais depuis plusieurs années, les scientifiques craignent que les forêts tropicales puissent de moins en moins bien jouer leur rôle de puits de carbone. L'inquiétude vient notamment de la forêt amazonienne, qui représente la moitié des forêts tropicales de la planète.

L'étude, publiée jeudi dans Nature Climate Change par une équipe internationale, se penche sur l'Amazonie brésilienne, qui représente 60% de cette forêt primaire. Et le constat est sombre.

Perte de biomasse

Entre 2010 et 2019, cette forêt a perdu de sa biomasse: l'Amazonie brésilienne a ainsi émis environ 18% de plus de carbone qu'elle n'en a absorbé, avec 4.45 milliards de tonnes rejetées, contre 3.78 milliards de tonnes stockées.

«C'est la première fois qu'on a des chiffres qui montrent qu'on a basculé et que l'Amazonie brésilienne est émettrice» nette de carbone, explique à l'AFP l'un des auteurs, Jean-Pierre Wigneron, chercheur à l'Institut français de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae).

Les autres pays compensent

Pour l'instant, a priori, «les autres pays compensent les pertes de l'Amazonie brésilienne» et ainsi «l'ensemble de l'Amazonie n'a pas encore basculé, mais elle pourrait le faire bientôt», poursuit-il.

«Jusqu'à présent, les forêts, en particulier les forêts tropicales, nous protégeaient en permettant de freiner le réchauffement, mais notre dernier rempart, l'Amazonie, est en train de basculer», met en garde le chercheur. Et «on ne sait pas à quel moment le basculement pourrait être irréversible».
Jean-Pierre Wigneron, chercheur

Avec la fonte des calottes glaciaires, le dégel du pergélisol ou la disparition des récifs coraliens, le dépérissement de la forêt amazonienne fait partie des «points de rupture» identifiés par les scientifiques comme des éléments-clés dont la modification substancielle pourrait entraîner le système climatique vers un changement dramatique et irrémédiable.

«Dégradations» de la forêt

Contrairement à la déforestation qui fait disparaître la surface boisée, les dégradations incluent tout ce qui peut l'abîmer, sans pour autant la détruire totalement: arbres fragilisés en bordure des zones déforestées, coupes sélectives, petits incendies, mortalité des arbres liée à la sécheresse. Des atteintes moins facilement décelables que de grandes étendues rasées.

Utilisant un indice de végétation issu d'observations satellitaires micro-ondes, permettant de sonder l'ensemble de la strate de végétation et pas seulement le sommet de la canopée, l'étude conclut que ces dégradations de la forêt ont contribué à 73% des pertes de carbone, contre 27% pour la déforestation, pourtant de grande ampleur.

«Une priorité politique»

«Cela montre que la dégradation de la forêt est devenue le principal moteur de la perte de carbone et devrait devenir une priorité politique», estime l'étude. Celle-ci évoque l'impact du changement de politique dû à l'actuel gouvernement brésilien, accusé de remettre en cause les règles de protection environnementales. Stephen Sitch, de l'Université d'Exeter et auteur de l'étude a souligné:

«Nous connaissons tous l'importance de la déforestation de l'Amazonie dans le réchauffement climatique. Mais notre étude montre que les émissions associées aux dégradations de la forêt peuvent être encore plus importantes»

«La dégradation est une menace généralisée pour l'avenir de l'intégrité des forêts et nécessite une attention urgente de la recherche», a-t-il insisté.

Explosion de la déforestation avec Bolsonaro

L'étude montre également l'explosion de la déforestation en Amazonie brésilienne en 2019, année de l'arrivée au pouvoir du président d'extrême droite Jair Bolsonaro, mais aussi d'une sécheresse importante: 3.9 millions d'hectares perdus, soit 30% de plus qu'en 2015, et près de quatre fois plus qu'en 2017 et 2018.

L'étude s'arrêtant en 2019, les auteurs appellent à poursuivre les recherches pour faire la part entre l'impact des sécheresses et celle des politiques du gouvernement brésilien, «qui favorise l'expansion de l'élevage au détriment de la conservation de la forêt». (ats)

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