Espagne: cette photo pourrait expliquer la mort de 42 personnes
Des agents de la police scientifique sont agenouillés le long des rails: ils prennent des photos, ils mesurent des choses. Des images diffusées par la Garde civile espagnole montrent ces femmes et ces hommes en combinaisons blanches, affairés.
Ils et elles cherchent à éclaircir les causes de la collusion entre deux trains — dont l'un a déraillé — à Adamuz, dans le sud de l'Espagne. Un drame qui a coûté la vie à 42 personnes.
Peu à peu, une piste apparaît: sur ces photos, on distingue clairement un rail brisé. Le ministre espagnol des Transports, Óscar Puente, n’exclut pas que ce défaut de la voie ait provoqué le terrible événement. Les investigations devront toutefois déterminer si cette rupture est vraiment la cause, ou plutôt la conséquence de la collision, a-t-il déclaré à la radio-télévision publique RTVE.
«Difficile à expliquer»
Dans le même temps, le même ministre a souligné qu’il faudrait au moins plusieurs jours, voire plusieurs semaines, avant d’obtenir des conclusions solides. D’ici là, la collision meurtrière reste «difficile à expliquer».
L’accident s’est produit sur un tronçon rectiligne, sans aiguillages ni signaux. Et, a insisté Óscar Puente, «les trains circulaient, selon les constatations, à vitesse réduite».
Autre élément troublant: ce segment de ligne venait d’être rénové, pour un montant de 700 millions d’euros. «C’est vraiment un accident extrêmement inhabituel», a appuyé le ministre.
Collision dramatique près d’Adamuz
Pour rappel, le drame s’est déroulé dimanche soir. Vers 19h40, les deux derniers wagons d’un train Iryo ont déraillé près de la commune d’Adamuz, à une vitesse légèrement supérieure à 200 kilomètres par heure, avant de se retrouver sur la voie voisine, a indiqué la compagnie ferroviaire espagnole Renfe. Au même moment, un autre train de Renfe arrivait en sens inverse à une vitesse comparable, et a percuté de plein fouet les wagons déraillés.
Le train Iryo transportait plus de 300 personnes entre Málaga et Madrid. Le train Renfe, parti de Madrid, se dirigeait vers Huelva avec environ 200 passagers à bord. «Il y a eu un freinage d’urgence, puis plus rien, le noir total», raconte une survivante.
Des corps encore sous les décombres
Présent sur les lieux, le premier ministre espagnol Pedro Sánchez a annoncé trois jours de deuil national, de mardi à jeudi, et promis que «la vérité (sur les causes) serait mise au jour».
Jusqu’à présent, 42 corps ont été extraits des décombres. Deux autres victimes n’ont pas encore pu être dégagées par les secours. Parmi les morts figureraient également des ressortissants allemands.
Le ministère allemand des Affaires étrangères a indiqué lundi soir à Berlin: «Nous devons malheureusement partir du principe que des citoyens allemands figurent parmi les personnes touchées.»
