«Vous marchez sur un enfant»: les survivants du train en Espagne racontent
Au moins 39 morts et quelque 123 blessés — dont cinq dans un état très grave, et 24 dans un état grave. Tel est le dramatique bilan intermédiaire de la meurtrière collision entre deux trains dans le sud de l'Espagne, dont l'un, qui reliant Madrid à Malaga, a déraillé pour des raisons encore inconnues. Une enquête est en cours.
Alors que de nombreuses personnes sont encore «portées disparues», les médias espagnols et internationaux relaient des témoignages de survivants, qui racontent l'horreur — parfois face caméra.
«Il y avait des cris, du sang»
Ana a 26 ans. Elle s'en est tirée presque indemne. Mais sa sœur Raquel, enceinte, est hospitalisée dans un état critique. Et Boro, le chien d'Ana, a disparu, comme le relaie le média espagnol El Mundo.
El desgarrador testimonio de una pasajera de Iryo tras el accidente en Adamuz: “Mire a mi hermana embarazada como diciéndola adiós”pic.twitter.com/58HRzwes9N
— Wall Street Wolverine (@wallstwolverine) January 19, 2026
Les deux sœurs, originaires de Malaga mais travaillant à Madrid, rentraient voir leur famille car leur grand-mère était souffrante. Elles voyageaient avec le petit ami de Raquel et le chien d'Ana.
La jeune femme décrit des scènes cauchemardesques. Au moment de la collision, elle dit avoir pressenti que ses voisins de siège allaient mourir. Elle ne pensait pas non plus qu'elle allait s'en sortir vivante: «Ils étaient juste devant moi, je savais qu'ils allaient mourir et je ne pouvais rien faire. (...) Je me suis dit: C'est la fin.»
«Vous marchez sur un enfant!»
Dans les instants après le drame, elle dit avoir vu sa soeur ensevelie sous des objets.
Sa sœur est désormais aux soins intensifs. «On ne sait pas ce qui va lui arriver», souffle Ana. «Je pense qu'elle s'est cognée la tête en essayant de protéger le chien. Si je ne peux rien faire pour elle, j'espère au moins retrouver Boro», confie la survivante. Elle a aperçu l'animal en descendant du train, mais il s'est enfui.
Une vidéo de l'intervention des secours juste après la collision 👇
Tragedia en España. Un tren Iryo descarriló en Adamuz (Córdoba) y luego se fue a impactar con un Alvia, tras lo cual varios vagones fueron despedidos con gente adentro. Reportes indican que hay al menos 21 muertos, pero la cifra podría aumentar debido a que continúan las… pic.twitter.com/dV3T9V1daI
— Sandra Romandía (@Sandra_Romandia) January 18, 2026
«Nous sommes tombés les uns sur les autres»
Lola a échappé de justesse à un voyage dans l'un des wagons les plus touchés lors de l'incident, grâce à... un échange de place de dernière minute, peut-on lire dans 20 minutos.
«Nous l'avons retrouvée, elle est hospitalisée, mais son état est apparemment stable», a expliqué la jeune femme dans une émission télévisée de Telecinco, relayée par nos confrères espagnols.
«Nous revenions d'un concours de la fonction publique à Madrid, et nous étions nombreux dans le wagon. Je ne réalise toujours pas ce qui s'est passé. J'ai été éjectée de mon siège, nous sommes tombés les uns sur les autres, les vitres ont volé en éclats, les sièges ont été arrachés». Après le drame, Lola raconte aussi sa confusion.
Trop ivre, il rate son train et échappe au drame
Javier a 37 ans, il est candidat au concours de surveillant de prison. Il devait prendre le TGV Alvia dimanche après-midi, pour rejoindre sa petite amie à Cordoue. Mais il n'est jamais monté à bord du désormais tristement célèbre train: il est arrivé en retard à la gare, après avoir bu des verres avec ses camarades de formation.
Il témoigne, dans le colonnes de nos confrères d'El País:
Un peu plus tard, ce sont les innombrables appels manqués de sa petite amie qui l'ont alerté quant à ce qu'il s'est passé. Soulagée de le savoir sain et sauf, elle lui a expliqué qu'il l'a échappé belle. Dans l'esprit de l'homme règnent alors malaise et incrédulité, explique-t-il au média.
Des personnes avec qui il a passé le concours à Madrid ont quant à elles bel et bien attrapé ce train pour rentrer dans leur contrées.
«Une autre a pu dormir chez elle, mais ce matin, elle est incapable de bouger car elle ressent les douleurs du choc», dit-il.
(dag)
