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Trump invoque la sécurité nationale et George Washington

Les mégaprojets de Trump à la Maison-Blanche en cachent d'autres

Le président américain voulait une somptueuse salle de réception pour accueillir ses invités. Depuis que la justice bloque les travaux, son gouvernement invoque la sécurité nationale. Une controverse qui rappelle de précédents réaménagements de la Maison-Blanche.
23.08.2026, 18:5023.08.2026, 18:50
On peut actuellement voir deux chantiers autour de la Maison Blanche : la salle de bal de Trump et la nouvelle aire d'atterrissage pour hélicoptères.
On peut actuellement voir deux chantiers autour de la Maison Blanche: la salle de bal de Trump et le nouvel héliport.Image: Photo : Kevin Carter/Getty
Natasha Hähni

C’est l’un de ses sujets de prédilection. Hormis la guerre contre l’Iran, Donald Trump n'a rien autant évoqué depuis le début de l'année que ses projets de construction, selon une analyse de la chaîne américaine PBS. Et en premier lieu de sa salle de bal. Mais la manière dont il parle de ce projet phare a sensiblement changé ces derniers mois.

La raison: tout le monde n’est pas disposé à accepter que Trump ait fait démolir l’«East Wing», l’aile est de la Maison-Blanche. Une plainte de l’organisation de protection du patrimoine National Trust for Historic Preservation a entraîné l’arrêt des travaux au moins jusqu’au 21 août. Mais maintenant, le président tente de faire lever cette mesure. A la fin de la semaine dernière, son gouvernement a ainsi demandé à la Cour suprême des Etats-Unis d’autoriser l’achèvement de la salle de bal.

Avec cet argument: le bâtiment dans son ensemble serait indispensable à la sécurité nationale. L’agrandissement du complexe militaire souterrain existant n’est pas concerné par l’arrêt des travaux, contrairement au salon doré de Trump. Sur Truth Social, le président a écrit:

«La partie inférieure ne fonctionne pas sans la partie supérieure, pas plus que la partie supérieure ne fonctionne sans la partie inférieure»

Il y a encore un an, le gouvernement affirmait que les deux constructions constituaient des projets distincts.

Les dirigeants de plusieurs agences fédérales – dont ceux du FBI, de la CIA et du Secret Service – ont assuré devant la Cour suprême que la salle de bal était nécessaire afin d’offrir un lieu de réunion sécurisé au président et à d’autres invités de haut rang. Le nouveau bâtiment, qui doit atteindre la même hauteur que le corps principal, servirait en outre de bouclier pour la Maison-Blanche. Jusqu’ici, des incidents survenus autour de la Maison-Blanche ont déjà conduit le Secret Service à relever temporairement son niveau d’alerte interne à douze reprises.

Trump remercie George Washington

Sur les réseaux sociaux, Trump a qualifié le National Trust de «TRAITRES» et l’a accusé d’avoir divulgué des «informations militaires strictement secrètes» avec sa plainte. L’organisation de protection du patrimoine le conteste devant la justice et souligne au contraire que le président a lui-même publié des plans du nouveau bâtiment. Trump a non seulement évoqué publiquement sa salle de bal des dizaines de fois, mais aussi partagé une vidéo générée par intelligence artificielle dans laquelle on peut voir un possible dispositif de défense antidrones sur le toit de la nouvelle salle.

Il faut dire que le président partage régulièrement des vidéos générées par intelligence artificielle, parfois si étranges que la frontière entre mise en scène et réalité devient floue. Il y a quelques jours à peine, il en a publié une dans laquelle il fait visiter sa nouvelle salle de bal au père fondateur George Washington. Trump l’a accompagnée de ce commentaire:

«Merci, George, pour certaines de tes brillantes idées concernant ce formidable complexe militaire/salle de bal!»

Au-delà de la hauteur du nouveau bâtiment, qui pourrait altérer la silhouette emblématique de la Maison-Blanche, les critiques visent moins les plans eux-mêmes que la manière dont il a lancé ce mégaprojet. Trump a fait démolir l’aile est de la Maison-Blanche sans l’accord du Congrès.

Vidéo: twitter

Selon le Washington Post, le nouveau bâtiment devrait coûter environ 600 millions de dollars. Près de la moitié de cette somme devrait être financée par des fonds publics.

Une serre, un abri et une aire pour hélicoptères

La salle de bal est loin d’être la première transformation majeure de la Maison-Blanche. Jusqu’en 1902, des serres victoriennes où l’on cultivait des plantes se dressaient à l’ouest du bâtiment. Le président Theodore Roosevelt les a fait démolir et les a remplacées par une aile de bureaux, l’actuel «West Wing». A l’époque, des médias écrivaient qu’en cherchant à «moderniser» la Maison-Blanche, Roosevelt en avait détruit la valeur historique. Les défenseurs du patrimoine ont protesté contre la démolition et le Congrès lui-même a remis en question l’utilité de cette aile aujourd’hui emblématique.

L’«East Wing», qui vient d’être rasée, n’a lui aussi été agrandie que sous Franklin D. Roosevelt. En 1942 – en pleine Seconde Guerre mondiale –, celui-ci a fait agrandir l’aile pour y aménager des bureaux supplémentaires destinés à l’équipe de la première dame ainsi qu’un abri sous le bâtiment. Les républicains au Congrès ont dénoncé ces dépenses, jugées inutiles, tandis que le secret entourant les travaux a suscité la méfiance. Ces critiques ont elles aussi fini par s’éteindre avec le temps.

Trump est donc loin d’être le seul président à avoir voulu transformer la Maison-Blanche, même s’il compte certainement parmi les plus ambitieux en la matière. Outre les innombrables nouvelles touches dorées ajoutées au Bureau ovale, la transformation de la roseraie en esplanade bétonnée et la nouvelle salle de bal, une nouvelle aire d’atterrissage pour hélicoptères est actuellement en construction, juste devant le bâtiment principal de la Maison-Blanche.

Reste à savoir comment la Cour suprême tranchera dans l’affaire de la salle de bal. Mais l’arrêt des travaux signifie aussi que l’immense chantier situé en bordure de la célèbre pelouse sud restera en l’état pour le moment. Le juge fédéral Richard Leon, le premier à avoir ordonné la suspension des travaux, a indiqué prendre au sérieux les préoccupations du gouvernement en matière de sécurité. Il a toutefois ajouté: «Le fait qu’il y ait désormais un ‹grand trou› à côté de la Maison-Blanche est cependant un problème que le président a lui-même créé.» (trad. hun)

La roseraie de la Maison-Blanche, au fil des ans
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La roseraie de la Maison-Blanche, au fil des ans

La Maison-Blanche, en 1921, sous la présidence de Warren G. Harding.

source: hulton archive / heritage images
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Trump s'en prend (encore) à une journaliste
Video: watson
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