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L’Iran referme le détroit d’Ormuz face au maintien du blocus américain

epa12896943 A shopkeeper displays Iranian, and US flags at a shop in Karachi, Pakistan, 17 April 2026. Pakistan has emerged as a key venue for diplomacy between the United States and Iran, with Islama ...
Drapeaux iranien et américain exposés dans une boutique à Karachi, symbole des discussions diplomatiques entre Washington et Téhéran.Keystone

Le bras de fer sur Ormuz ravive les tensions Iran–États-Unis

Téhéran durcit de nouveau sa position en annonçant un contrôle renforcé du détroit d’Ormuz, en réaction au maintien des sanctions américaines sur ses ports, dans un contexte de fortes tensions sur cette route maritime stratégique.
18.04.2026, 12:3118.04.2026, 12:31

L'Iran a annoncé samedi reprendre «le strict contrôle» du détroit d'Ormuz en réaction au maintien du blocus américain des ports iraniens. Téhéran est revenu sur sa décision de la veille de rouvrir cette voie maritime stratégique.

L'Iran avait «accepté de bonne foi d'autoriser le passage d'un nombre limité de pétroliers et de navires commerciaux» mais les Américains, violant leur engagement, «continuent de se livrer à des actes de piraterie sous couvert du soi-disant blocus», a dénoncé le commandement des forces armées iraniennes.

«Pour cette raison», la situation est revenue «à son état antérieur, et ce passage stratégique est désormais placé sous le contrôle strict» de l'Iran, a-t-il ajouté.

Cette annonce intervient en plein ballet diplomatique pour essayer de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, au-delà du cessez-le-feu de deux semaines entré en vigueur le 8 avril entre Iran et Etats-Unis.

Plus tôt samedi matin, le site MarineTraffic montrait une timide reprise du trafic commercial dans le détroit: plus d'une dizaine de bâtiments y circulaient, dont plusieurs pétroliers, mais au moins deux semblaient faire demi-tour vers 09h00 GMT (11 heures suisses).

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Un paquebot de croisière, le Celestyal Discovery, a franchi la voie maritime sans passagers pour relier Dubaï à Mascate, une première depuis le début des hostilités le 28 février, selon la même source.

Avant la guerre, quelque 120 bâtiments franchissaient quotidiennement ce goulet, d'après le journal spécialisé Lloyd's List.

Vingt et un navires bloqués

Après l'annonce par Téhéran de la réouverture du détroit vendredi, Donald Trump avait affirmé que le blocus américain des ports iraniens demeurerait «totalement en vigueur» jusqu'à la fin des négociations, et qu'il «continuerait» si aucun accord n'était atteint à l'issue des négociations. Samedi, le commandement central américain a indiqué sur X:

«Depuis le début du blocus, 21 navires ont obtempéré aux directives des forces américaines leur ordonnant de faire demi-tour et de retourner en Iran»

En Iran, le journal conservateur Kayhan avait manifesté son hostilité au processus de détente, jugeant qu'«ouvrir l'artère vitale d'Ormuz avant d'avoir reçu des dédommagements, la levée totale des sanctions (...) donne à l'ennemi perfide la possibilité de reprendre des forces en plein milieu de la bataille».

La reprise du trafic dans le détroit avait donné un coup de fouet aux marchés financiers et provoqué un fort repli des cours du pétrole, alors qu'un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux transite habituellement par cette voie maritime.

Diplomatie pakistanaise

Vendredi, Trump a déclaré à l'AFP qu'un accord de paix était «très proche» et affirmé que l'Iran avait accepté de remettre son uranium enrichi, un point-clé des négociations alors que les Etats-Unis et Israël accusent la République islamique de vouloir se doter de la bombe atomique – ce qu'elle dément.

Mais Téhéran a nié avoir accepté le transfert de ces stocks de matière fissile.

Le chef de l'armée et le Premier ministre pakistanais ont annoncé samedi avoir bouclé des visites diplomatiques distinctes dans le cadre des efforts de paix, en Iran d'une part et en Arabie Saoudite, au Qatar et en Turquie d'autre part.

Des pourparlers directs entre Iran et Etats-Unis, les premiers en personne à un tel niveau depuis la Révolution islamique de 1979, se sont tenus le 11 avril à Islamabad mais ont échoué. De nouvelles discussions pourraient avoir lieu au Pakistan dans les jours qui viennent.

Parmi les signes de retour à la normale, l'Iran a annoncé la réouverture partielle samedi de son espace aérien, fermé depuis l'offensive israélo-américaine contre son territoire le 28 février, ainsi que de plusieurs aéroports dont les deux les plus importants de Téhéran.

«Accord permanent» espéré par le Liban

Au Liban, l'autre front de la guerre, de nombreux déplacés ont pris la route pour regagner leurs foyers, dans le sud du pays ou la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah.

La cessation des hostilités entre Israël et le mouvement pro-iranien a débuté vendredi à minuit (23h00 jeudi en Suisse), après un mois et demi de conflit qui a fait côté libanais près de 2300 morts et jeté sur les routes plus d'un million de personnes.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a prévenu qu'Israël n'avait «pas encore fini» le travail pour obtenir le désarmement du Hezbollah. L'armée israélienne reste présente au Liban dans une bande de dix kilomètres de profondeur depuis la frontière.

Mais Donald Trump, qui a arraché cette trêve de dix jours, a haussé le ton à l'égard de son allié:

«Israël ne bombardera plus le Liban. Ils ont interdiction de le faire de la part des Etats-Unis. Ça suffit»
Trump

Le Liban travaille désormais à «un accord permanent» avec Israël, selon son président Joseph Aoun, qui a promis de «sauvegarder les droits» du peuple et de ne pas «céder un iota du territoire national» dans les discussions.

Le Hezbollah, qui a attaqué Israël début mars en représailles à l'attaque israélo-américaine contre l'Iran, a prévenu que ses combattants gardaient le «doigt sur la gâchette» et se méfiaient «de la traîtrise de l'ennemi». (tib/ats)

Des manifestations, en Iran et ailleurs
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Des manifestations, en Iran et ailleurs
Des Iraniennes tiennent des photos de Mahsa Amini, les mains peintes en rouge, lors d'une manifestation devant le consulat d'Iran suite à la mort de Mahsa Amini, à Istanbul, en Turquie, le 17 octobre 2022.
source: epa / sedat suna
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Trump menace l'Iran de destruction totale
Video: extern / rest
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