Poutine a proposé un «échange très étrange» à Trump
Au-delà des formules diplomatiques, la réaction russe à l’action militaire du président américain Donald Trump contre son allié Nicolas Maduro au Venezuela est restée plutôt timide. Pourtant, Vladimir Poutine y a lui aussi des intérêts. Selon l’experte américaine Fiona Hill, Poutine aurait déjà proposé un accord dans ce sens à Trump lors de son premier mandat, en 2019.
Ainsi, Fiona Hill a déclaré il y a six ans, lors d’une audition au Congrès, que début 2019, les Russes avaient «très clairement fait comprendre qu’ils voulaient, d’une manière ou d’une autre, conclure un échange très étrange: le Venezuela contre l’Ukraine». C’est ce que rapporte le New York Times.
Fiona Hill a été la Directrice principale pour l'Europe et la Russie au sein du Conseil national de sécurité des Etats-Unis durant le premier mandat de Trump. Elle est aujourd’hui chercheuse au sein du think tank Brookings Institution et chancelière de l'Université de Durham. A propos de la doctrine Monroe, réactivée par Trump dans sa nouvelle stratégie de sécurité, l’experte a déclaré au New York Times:
Le principe «l’Amérique aux Américains» avait été formulé en 1823 par le président américain de l’époque, James Monroe. Trump l’a repris dans sa nouvelle stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis sous le nom de doctrine Donroe et a interdit toute ingérence de «puissances étrangères» en Amérique centrale et en Amérique du Sud.
La Chine et la Russie tirent leurs conclusions
La conclusion inverse d’un tel découpage du monde avait déjà été analysée au siècle dernier par le théoricien du droit Carl Schmitt, figure controversée en raison de sa proximité ultérieure avec le régime nazi, dans son ouvrage Les Etats-Unis et les formes du droit international de l’impérialisme moderne.
Il en ressort une division du monde en sphères d’intérêts, accompagnée du droit de recourir à des actions militaires dans sa propre zone de domination. Pour Fiona Hill, le Kremlin ne peut qu'être ravi de cette preuve que «la force fait le droit».
Par exemple, Vladimir Poutine parle de ces sphères d’intérêts comme de «l’étranger proche». Ainsi, l’ancien président russe Dmitri Medvedev a même salué l’intervention de Trump au Venezuela en ces termes:
Il a notamment écrit que «la loi du plus fort est clairement plus forte que la justice ordinaire», avant de claironner que Washington n’avait désormais «aucune raison, même formellement, de reprocher quoi que ce soit à la Russie».
Traduit de l'allemand

