Trump annonce une «big wave» contre Téhéran
Donald Trump n'arrive pas à se décider. Le renversement du régime iranien est-il oui ou non l'objectif de la guerre qu'il a lancée samedi? Ce n'est pas seulement la population iranienne qui veut le savoir, mais aussi de nombreux partisans du président américain, généralement sceptique à l'égard des interventions militaires.
Lundi, Trump est sorti de sa réserve. Pour la première fois depuis le début des combats au Proche-Orient, le président a fait une apparition publique lors d'une cérémonie en l'honneur des vétérans militaires à la Maison-Blanche.
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Une question laissée en suspens
Trump a également évoqué brièvement les objectifs de guerre «clairs» qu'il entend atteindre dans les quatre ou cinq prochaines semaines. Il les a énumérés: la fin du programme nucléaire iranien, l'arrêt du développement des missiles balistiques ainsi que la destruction de la marine iranienne. De plus, la direction iranienne, qu'il a qualifiée de «malade et perfide», ne devra plus à l'avenir être en mesure d'approvisionner en armes et en argent des groupes terroristes étrangers.
Car les Etats-Unis veulent éliminer la menace «que ce régime terroriste représente pour le peuple américain». Mais dans ses propos introductifs, Trump a omis de mentionner qui devrait gouverner l'Iran après la mort du guide suprême Ali Khamenei.
Une vague d'attaques plus importante annoncée
Quelques heures auparavant, dans un entretien téléphonique avec la chaîne d'information CNN, le président américain avait adopté un tout autre ton. Dans cet échange, Trump a déclaré que son pays soutiendrait militairement et politiquement un soulèvement de la population civile iranienne.
Le moment n'est certes pas encore venu pour une telle révolte, car une vague d'attaques majeure («big wave») est encore attendue. Mais Trump a suscité l'espoir des opposants au régime avec ses déclarations, après avoir déjà évoqué le week-end précédent le renversement des mollahs à Téhéran.
Lors d'un entretien avec sa chaîne préférée Fox News, qui s'est également tenu lundi matin, Trump a proposé une troisième voie. Il a déclaré que le modèle vénézuélien pourrait également être appliqué en Iran. On sait que les forces armées américaines avaient, au début de l'année, destitué le président Nicolas Maduro de cet Etat sud-américain, tout en laissant le reste de l'ancienne direction continuer à exercer le pouvoir.
Trump lui-même semble actuellement ne pas savoir qui pourrait être le nouvel interlocuteur des Américains à Téhéran. Dans ses entretiens avec CNN et Fox News, il s'est cependant félicité d'avoir tué 49 membres haut placés du régime iranien.
Parmi eux se trouvaient apparemment des personnes qui, aux yeux des Américains, étaient suffisamment dignes de confiance pour diriger le régime à l'avenir. Mais aujourd'hui, selon Trump, on ne sait plus très bien qui détient le pouvoir à Téhéran.
Une nation divisée par la coopération avec Israël
Cette prise de position, au troisième jour de la guerre au Moyen-Orient, pourrait également être interprétée comme un signal adressé à l'électorat traditionnel de Trump, au sein duquel l'attaque conjointe américano-israélienne s'est jusqu'ici heurtée à de vives critiques. Le fait que le président envisage même le déploiement de troupes terrestres au Moyen-Orient est incompréhensible pour beaucoup de figures emblématiques du mouvement «Make America Great Again».
Le modèle vénézuélien, celui d'une campagne militaire limitée visant à éliminer les hauts dirigeants, pourrait apaiser ces esprits agités. C'est ainsi que le proche de Trump Steve Bannon a tenté lundi de vendre les mérites de cette solution aux téléspectateurs de son émission quotidienne. Bannon a toutefois aussi donné la parole à des sceptiques. Ainsi, un représentant du think tank de gauche Quincy Institute a déclaré:
Dans la population en général, l'intervention en Iran est également très controversée. L'action militaire, qui a jusqu'ici coûté la vie à six soldats américains, n'est actuellement soutenue que par environ 40% de la population.
Une coalition hétéroclite d'opposants de droite et de gauche à l'alliance américaine avec Israël rejette catégoriquement l'aventure de politique étrangère de Trump. A ce sujet, l'ancienne alliée du président américain Marjorie Taylor Greene déclare:
Trump semble vouloir ignorer ces critiques pour l'instant. Et dans son entourage, personne ne semble particulièrement désireux de convaincre à renforts d'arguments une population sceptique. Lundi, Trump a en tout cas renoncé à répondre aux questions des journalistes à la Maison-Blanche.
Au lieu de cela, il a fait quelques remarques enjouées sur la salle de bal prévue et a rendu hommage à trois vétérans. Puis il s'est retiré.
