Donald Trump a souvent fait de l'oeil à l'électorat jeune et masculin. Et si le candidat républicain a, pour le moment, les faveurs de cette tranche de la population, son avance pourrait se réduire à cause des sites pornographiques.
Mais qui se niche derrière un tel slogan et une publicité aussi frontale? Il est l'œuvre du collectif #HandsOffMyPorn («Touche pas à mon porno»), qui a dépensé la bagatelle de 200 000 dollars pour diffuser des messages pro-démocrates sur des plateformes spécialisées sur les galipettes filmées.
Par son action, #HandsOffMyPorn souhaite s'opposer au programme intitulé «Project 2025». Ce dernier pourrait mettre une branlée à l'industrie du porno. En effet, l'agenda ultraconservateur torché par des alliés de l'ancien président - Trump himself a affirmé qu'il n'est pas associé au projet - désire faire taire les films X.
Le programme insiste sur le fait d'interdire la pornographie et souhaite enfermer les stars qui donnent vie à cette industrie.
Pour éviter que cela n'arrive, Siouxsie Q, journaliste, actrice et militante pour les droits des travailleuses du sexe, participe à une publicité:
Elle s'est ensuite exprimée auprès de l'AFP pour affirmer son soutien à Kamala Harris et l'importance de ne pas voir Trump accéder au pouvoir. Pourquoi?
Elle confessait même ses craintes de finir emprisonnée si le leader des MAGA remportait l'élection présidentielle.
En ciblant les sites pour adultes, un comité indépendant d'action politique, nommé Artists United for a Change désire rallier de jeunes hommes à la cause démocrate. La cible n'est pas anodine, car la balance républicaine penche plus souvent du côté des hommes, tandis que les femmes sont majoritairement démocrates.
Le New York Times, relayant une étude du Survey Center on American Life, écrivait qu'une tranche importante de consommateurs se trouve parmi les personnes de sexe masculin âgées de 18 à 29 ans, dont 44% ont regardé du porno au cours du mois précédent. Chez les hommes âgés de 30 à 49 ans, ce chiffre montait même à 57%.
La répression de la pornographie n'est pas nouvelle aux Etats-Unis. Holly Randall, une femme qui travaille dans le milieu depuis plus de 26 ans, en tant que réalisatrice et productrice, a rappelé que ce n'est pas la première fois que l'industrie du X fait face à des secousses. Elle se remémore les actions de ses parents, qui évoluaient dans l'industrie lors du mandat de Ronald Reagan dans les années 1980, obligés à produire des films dans le plus grand des secrets.
Aujourd'hui, Randall ne redoute pas Donald Trump, mais plutôt son colistier JD Vance et son entourage aux moeurs ultraconservatrices.
JD Vance est par exemple fermement opposé à l'avortement et propage un discours ultra conservateur. Et comble du hasard, le colistier de Trump a préfacé le bouquin à paraître écrit par Kevin D. Roberts, à l’origine du «Project 2025» et également auteur de la section concernant la pornographie.