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Cette idée de Trump a énervé républicains comme démocrates

Le 6 janvier 2021, des manifestants violents se sont affrontés avec les forces de l'ordre et ont fait l'objet de poursuites judiciaires. Le gouvernement Trump souhaitait leur verser une inde ...
Le 6 janvier 2021, des manifestants violents se sont affrontés avec les forces de l'ordre et ont fait l'objet de poursuites judiciaires. Le gouvernement Trump souhaitait leur verser une indemnisation financière.Image: Julio Cortez / AP

Trump semble renoncer à ce projet polémique à 1,8 milliard

Après des critiques de la part de démocrates et de républicains, le ministère américain de la justice fait marche arrière. Les assaillants du Capitole ne seront pas indemnisés avec de l'argent public. L’opposition à l’idée du président était simplement trop forte.
02.06.2026, 18:5502.06.2026, 18:55
Renzo Ruf

Les critiques visant un fonds d’indemnisation, qui devait permettre de dédommager de prétendues victimes d’une justice politiquement partiale après l'assaut du Capitole de janvier 2021, produisent leurs effets. Le ministère de la justice à Washington a laissé entendre lundi que l’enveloppe, qui devait être dotée de 1,776 milliard de dollars (environ 1,4 milliard de francs), était abandonnée.

Sur la plateforme X, le ministère a indiqué qu’il n’était certes pas du tout d’accord avec la décision d’une juge fédérale à Alexandria (Virginie). Il a toutefois ajouté qu'il accepterait la décision de la juge Leonie Brinkema de suspendre le fonds pendant au moins deux semaines. Peu après, le New York Times a rapporté que le président Donald Trump avait renoncé au projet de créer ce fonds.

Pour l’heure, le président s’est toutefois abstenu de communiquer lui-même cette décision lourde de conséquences.

Le fonds avait été critiqué au Congrès par des républicains et des démocrates. Des élus de gauche accusaient le gouvernement de corruption, puisque les versements devaient en premier lieu aller à des alliés du président. Ceux-ci auraient dû être indemnisés pour les désagréments qu’ils auraient subis sous les mandats des présidents démocrates Barack Obama et Joe Biden. Des fauteurs de troubles qui, le 6 janvier 2021, avaient pris d’assaut le Capitole à Washington réclamaient ainsi des dommages et intérêts, parce qu’ils auraient, selon eux, manifesté pacifiquement.

Une plainte à 10 milliards de dollars

Fait intéressant, certains agitateurs de droite se sont également associés à ces critiques. Ainsi, le ministre de la justice par intérim, Todd Blanche, a dû essuyer de vifs reproches il y a dix jours, lorsqu’il s’est soumis aux questions du groupe républicain au sénat. Beaucoup de ses collègues étaient «furieux», a ensuite rapporté le sénateur du Texas Ted Cruz. Ces derniers auraient crié sur Todd Blanche «pendant toute la séance».

Certains républicains ont donc indiqué lundi que la prise de position du ministère de la justice ne leur suffisait pas: ils exigeaient une assurance publique du président indiquant qu’il renonçait complètement au fonds d’indemnisation.

Le ministre de la justice par intérim Todd Blanche a pris une volée de bois vert au sénat.
Le ministre de la justice par intérim, Todd Blanche, aurait pris une volée de bois vert au sénat.Image: Imago

Cette exigence inhabituelle s’explique par la genèse inhabituelle de cette caisse spéciale. L’idée de créer un fonds d’indemnisation a été rendue publique après que Trump et sa famille ont déposé en janvier 2026 une plainte civile contre l’administration fiscale IRS. Dans cette plainte, le président faisait valoir une atteinte à sa vie privée, parce que le fisc avait permis, durant son premier mandat, la publication de sa déclaration d’impôts. Sa demande: dix milliards de dollars de dommages et intérêts (environ 7,8 milliards de francs).

La plainte, qui a probablement été déposée après l’expiration du délai de prescription, n’a toutefois jamais été débattue publiquement. Avant que la procédure ne démarre à Miami, en Floride, les deux «parties au litige» se sont entendues sur un règlement extrajudiciaire. Trump s’est donc entendu avec lui-même, puisque le président américain est le chef de l’ensemble de l’exécutif, auquel appartient aussi l’administration fiscale.

Une juge veut rouvrir la procédure

Cet accord avait de quoi surprendre: le président a certes abandonné ses demandes exorbitantes de dommages et intérêts, mais il a arraché à l’IRS la promesse de ne pas toucher à ses anciennes déclarations d’impôts. Une procédure qui dure depuis des années et qui porterait sur un remboursement d’impôts de plusieurs centaines de millions a ainsi été close.

Par ailleurs, le ministère de la justice a également accepté la création d’un fonds d’indemnisation qui devait être alimenté par de l’argent public. Todd Blanche affirmait que cette nouvelle enveloppe servirait à indemniser toutes les victimes de la justice de ces dernières années, donc aussi des démocrates et des indépendants. Mais les déclarations du président laissaient apparaître que ses affidés républicains devaient en profiter en premier lieu.

Désormais, tous les piliers de cet accord menacent de s’effondrer. Le ministère de la justice ne veut pas seulement renoncer au fonds d’indemnisation. Une juge fédérale de Miami a en outre annoncé la semaine dernière qu’elle rouvrirait la procédure, car le soupçon demeure que la plainte des Trump a été déposée abusivement, «et cela dans le seul but d’obtenir un accord à l’amiable».

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La plainte de Trump envers l'IRS suscite des soupçons.Image: Imago
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