Les 4 ruses de Trump pour remporter les prochaines élections
Dans neuf mois, les Etats-Unis renouvelleront leur Congrès. Pour Donald Trump, l'enjeu est de taille: le Parti républicain pourrait perdre ses majorités à la Chambre des représentants et au Sénat au profit des démocrates et il veut à tout prix l'éviter.
Redécouper les circonscriptions électorales
Un principe incontournable de la politique américaine veut le parti du président subit généralement un revers lors des élections de mi-mandat. Donald Trump a néanmoins tenté, il y a plusieurs mois déjà, de modifier les règles du jeu en incitant les Etats gouvernés par des Républicains à redécouper les circonscriptions électorales pour le renouvellement intégral de la Chambre des représentants.
Cet exercice a normalement lieu au début de chaque décennie, lorsque les 435 sièges de la chambre basse du Congrès sont répartis entre les Etats proportionnellement à leur population. Mais les parlementaires des bastions de droite, comme le Texas, n'en ont eu cure; ils ont exceptionnellement attribué de nouvelles circonscriptions aux Républicains.
Trump n'avait toutefois pas prévu une chose: les bastions démocrates ne sont pas restés de marbre face à cette manœuvre; ils l'ont imitée. Au final, l'impact de l'activisme de Donald Trump reste donc restreint: les sièges que les Républicains remporteront en novembre au Texas, dans l'Ohio, en Caroline du Nord et peut-être en Floride pourraient être compensés par les Démocrates en Californie, dans l'Utah, à New York et peut-être en Virginie.
Intimider les électeurs démocrates?
«La prochaine élection montrera si l'Amérique est encore une démocratie»: cette phrase a été entendue à de maintes reprises ces derniers mois, surtout chez les électeurs démocrates, qui craignent que Trump n'utilise l'appareil d'Etat pour les intimider. Comment? En déléguant, par exemple, des agents de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE), la police migratoire, ou du Customs and Border Protection (CBP), le corps des gardes-frontières, pour «protéger» les bureaux de vote dans les bastions démocrates comme Minneapolis ou Los Angeles.
Bien qu'elle viole les lois en vigueur, cette action pourrait aussi avoir pour effet de galvaniser encore davantage un électorat démocrate déjà très motivé. Les manifestations massives de ces dernières semaines contre l'ICE et le CBP ont montré que les opposants à Trump ne se laissent pas abattre, même s'ils doivent craindre pour leur vie.
Reprendre la main sur le dépouillement
Selon la Constitution américaine, les 50 Etats sont responsables de l'organisation et de la tenue des élections nationales, mais Donald Trump souhaite changer cela. Il a déjà appelé les Républicains à «nationaliser» le prochain scrutin, sans préciser ce qu'il entendait par cela.
Mardi, le président a affirmé qu'il voulait retirer à certains lieux «corrompus» le droit de compter les voix. Il a cité les grandes villes de Détroit, Philadelphie et Atlanta, où les Démocrates dominent la politique locale. Une telle mesure déclencherait une avalanche de plaintes, faute de base légale. De plus, le gouvernement fédéral manque tout simplement de personnel pour se déployer dans tous les bureaux de vote.
La Maison-Blanche a affirmé que le président s'engageait uniquement pour que les mêmes règles s'appliquent uniformément aux électeurs dans tout le pays. Un projet de loi circule au Congrès prévoyant une obligation de présenter une pièce d'identité pour voter. Si la mesure peut paraître simple, des exemples en provenance d'Etats républicains l'ayant déjà mise en place montrent que les officiels la détournent pour harceler les électeurs légitimes.
Contester le résultat des élections
Reste le dernier atout de Trump: si, comme prévu, les Républicains perdent les prochaines élections, le président pourra contester la légitimité de cette défaite et affirmer que les Démocrates n'ont gagné que grâce à des fraudes. Une majorité d'Américains ne le croira certes pas, mais une minorité bruyante le fera, comme lorsque Donald Trump et ses partisans prétendent aujourd'hui encore qu'il n'a pas perdu l'élection de 2020.
Le président américain n'a par ailleurs jamais abandonné cette croisade. La semaine dernière, la police fédérale (FBI) a perquisitionné les bureaux de l'autorité électorale d'Atlanta (Géorgie) et saisi des bulletins de vote archivés dans le cadre d'une enquête sur des tricheries lors du dépouillement.
Une telle fraude n'aurait eu qu'une influence mineure sur le résultat de l'élection de 2020, mais le miliardaire s'en moque. Il veut être couronné vainqueur en Géorgie, même avec plusieurs années de retard. Une stratégie qui pourrait également le pousser à tenter de renverser le résultat des élections de mi-mandat bien après le 3 novembre. (traduit et adapté par btr)
