Trump va-t-il mettre fin à la guerre cette semaine? Voici les obstacles
Donald Trump souhaiterait reprendre les négociations avec le régime de Téhéran – quelques jours seulement après l'échec d'un premier cycle de pourparlers au Pakistan. A une semaine de la fin du cessez-le-feu temporaire, Washington semble prêt à faire des concessions sur le programme nucléaire iranien. La fin de la guerre est-elle vraiment imminente? Deux éléments vont dans ce sens, mais deux autres invitent à la prudence.
Pour: une volonté de compromis
Le président américain envisage de reprendre les négociations avec Téhéran. Mercredi, il assurait:
Ces pourparlers de paix en face-à-face pourraient à nouveau se tenir au Pakistan, peut-être dès cette semaine. A Islamabad, des médiateurs préparent actuellement ces négociations. Mercredi, une délégation pakistanaise s’est rendue à Téhéran pour des discussions préliminaires. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a reçu le chef de l’armée Asim Munir.
Ces derniers jours, Trump a assuré à plusieurs reprises que l’Iran souhaitait absolument négocier avec les Etats-Unis, malgré l’échec d’un premier cycle de pourparlers. Dans une interview accordée à la chaîne de télévision Fox Business, il a en outre laissé entendre qu’il s’était entretenu directement avec des représentants de haut rang du gouvernement iranien – ce qui constituerait une première dans les relations diplomatiques tendues depuis 1979 entre Washington et le régime des mollahs.
Pour: Trump est flexible
La principale raison pour laquelle Trump pourrait bientôt accepter un cessez-le-feu tient à sa personnalité. Il est de notoriété publique qu'il est capable de prendre des décisions soudaines et de redéfinir ses objectifs même au cours de négociations complexes. Au vu des répercussions durables de la guerre en Iran sur l'économie américaine, le président pourrait annoncer brusquement que la poursuite du conflit n'a plus de sens.
Et ce ne sont pas les arguments qui manquent. En effet, le déploiement de troupes au Proche-Orient pèse sur les finances publiques. De nombreux électeurs américains se plaignent de la flambée des prix des carburants. Le président Trump subit donc une forte pression pour mettre rapidement fin à la guerre ou, à tout le moins, prolonger le cessez-le-feu.
Contre: les désaccords restent profonds
Malgré cette volonté de poursuivre le dialogue, Washington et Téhéran campent toujours sur des positions diamétralement opposées. Le régime iranien insiste ainsi sur son droit à l'enrichissement d'uranium à des fins civiles. Les Américains y voient une menace pour la paix mondiale, estimant que Téhéran nourrit des projets de développement de l'arme nucléaire. Une issue possible à cette impasse diplomatique: lors des négociations tenues à Islamabad la semaine dernière, les Etats-Unis auraient proposé à l'Iran un moratoire de 20 ans sur l'enrichissement d'uranium. Téhéran a rejeté cette offre, proposant en contrepartie une «pause» forcée de cinq ans.
Lors d'une interview à Fox Business, Trump a répété que Téhéran ne devrait jamais posséder l'arme nucléaire. Il a toutefois affirmé avoir empêché l'Iran, juste à temps, de se doter d'une telle arme de destruction massive. Avec de telles déclarations, le président prépare peut-être le terrain pour un compromis historique.
Contre: ne pas relâcher la pression
Le cessez-le-feu proclamé par Trump mardi dernier expire le 21 avril. Le président américain menace déjà de reprendre les attaques en Iran. Trump a ainsi décidé d’envoyer 10 000 soldats supplémentaires au Moyen-Orient. Près de 50 000 soldats américains se trouvent déjà dans la région.
Dans son interview à Fox Business, le président a annoncé qu’il pourrait à tout moment reprendre les frappes aériennes contre l’Iran et cibler des infrastructures civiles, ce qui constituerait une violation du droit de la guerre.
L'envoi de nouvelles troupes pourrait également servir à renforcer le blocus américain du détroit d’Ormuz, entré en vigueur en début de semaine et apparemment efficace. Un haut responsable de la marine américaine a déclaré mardi que le trafic maritime commercial dans le détroit était pratiquement au point mort et que l'Iran ne pouvait plus exporter ni importer de pétrole ou de gaz. Au cours des premières 48 heures, neuf navires auraient été contraints de retourner dans le golfe Persique.
Le blocus fait subir à l'Iran de lourdes pertes économiques. Des experts indépendants parlent de plus de 400 millions de dollars par jour, soit environ 13 milliards de dollars par mois. «Le blocus rend toute résistance économique impossible», a écrit sur X Miad Maleki, qui travaille pour le groupe de réflexion Foundation for Defense of Democracies.
Les forces armées iraniennes ont quant à elles annoncé qu'elles riposteraient au blocus. En représailles, elles perturberont le trafic maritime dans le golfe Persique, le golfe d’Oman et la mer Rouge, a annoncé un officier de haut rang. Le commandant Ali Aliabadi a assuré:
(trad.:mrs)
