Seuls deux des huit accusés de première instance, deux amis du Tunisien de 31 ans auteur de l'attentat au camion-bélier sur la promenade des Anglais le soir du traditionnel feu d'artifice, ont choisi de faire appel. Poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste, ils avaient été tous deux condamnés à 18 ans de réclusion criminelle lors du premier procès en décembre 2022.
Alors que le parquet avait requis 15 ans d'emprisonnement contre les deux hommes en première instance, l'avocate générale, Naïma Rudloff, a cette fois requis le maximum légal prévu, soit 20 ans de réclusion à leur encontre.
Estimant que le dossier ne reposait que sur des «fantasmes» et des «hypothèses», les avocats des deux accusés ont plaidé, eux, leur acquittement. La cour doit donner une dernière fois la parole aux accusés jeudi matin avant de se retirer pour délibérer. Le verdict est attendu en fin d'après-midi ou en début de soirée.
Les deux hommes, âgés de 44 et 48 ans, sont soupçonnés d'avoir apporté «un soutien logistique et idéologique» à l'auteur de l'attentat. L'accusation admet que les deux accusés ne sont ni complices, ni co-auteurs des actes du terroriste. Mais ils auraient été sollicités par leur compatriote pour lui fournir une arme et auraient été associés à la location du camion qui a servi au massacre.
Lors du procès, les accusés ont répété qu'ils n'avaient pas cherché d'arme pour Mohamed Lahouaiej-Bouhlel - mais le plus jeune des deux a livré plusieurs versions sur le sujet - et qu'ils n'avaient pas été associés à la location du camion.
Cependant, a insisté l'avocate générale, ils ont beaucoup de points communs avec Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, notamment «le complotisme, une constante dans les dossiers de terrorisme». «Chez ces trois hommes, on retient le ressentiment, la victimisation, la duplicité et un sens moral défaillant, tous les leviers puissants qui peuvent mener au terrorisme», a soutenu la magistrate. (mbr/ats)