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Nouvelle nuit d'émeutes en France, l'ONU dénonce le racisme de la police

Nouvelle nuit de violences en France, l'ONU s'en mêle

Pour cette quatrième nuit d'émeutes, le gouvernement français a déployé 45 000 policiers. Le même jour, l'ONU a demandé au pays de s'attaquer aux problèmes de racisme dans les forces de l'ordre.
01.07.2023, 09:0501.07.2023, 11:03
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Des policiers du Raid, cette nuit à Lyon. Keystone

Plusieurs villes de France ont été secouées par une quatrième nuit de violence de vendredi à samedi, mais d'une «intensité bien moindre» que les précédentes, selon les autorités. Elles avaient prévu la mobilisation «exceptionnelle» de 45 000 policiers et gendarmes.

Saisi par une vidéo amateur venue contredire le récit initial livré par les policiers, le tir à bout portant d'un motard de la police et la mort mardi à Nanterre de Nahel, 17 ans, continue d'embraser de nombreux quartiers populaires du pays.

Avant même les obsèques de l'adolescent prévues samedi, le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin avait annoncé vendredi sur la chaîne de télévision TF1 «davantage d'unités spécialisées», telles que le Recherche, assistance, intervention, dissuasion (Raid) et le Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), ainsi que le déploiement de 45 000 policiers et gendarmes.

Des blindés légers de la gendarmerie ont aussi été envoyés pour tenter de faire baisser les tensions par rapport à la nuit précédente, lors de laquelle:

  • 492 bâtiments ont été visés.
  • 2000 véhicules ont été brûlés.
  • Des dizaines de magasins ont été pillés.
  • 900 personnes ont été arrêtées.

Marseille au cœur des tensions

En déplacement au nord-ouest de Paris, Gérald Darmanin a ainsi fait état vers 02h30 des violences d'une «intensité moindre» avec 471 interpellations au niveau national et des poches de tensions notamment à Marseille et Lyon.

Marseille a à nouveau été le théâtre de heurts et de scènes de pillages, dans le centre-ville et les quartiers populaires plus au nord. La police a rapporté 88 interpellations vers 02h00 depuis le début de soirée. Quatre policiers ont été blessés légèrement et un important incendie, «lié aux émeutes», selon une source policière, a éclaté dans un supermarché.

La région parisienne n'a pas été épargnée. A Nanterre, ville de la banlieue ouest de Paris, où vivait Nahel, neuf personnes ont été interpellées en possession de jerricans et de cocktails Molotov. D'autres villes alentour ont été touchées, avec des bâtiments publics incendiés.

Le gouvernement avait décidé d'annuler tous les «événements de grande ampleur» tels que les concerts de Mylène Farmer vendredi et samedi au stade de France. Il avait également demandé la mise à l'arrêt des bus et tramways dans tout le pays après 21 heures.

Macron accuse les réseaux sociaux

Le président français Emmanuel Macron a appelé à la responsabilité des familles, soulignant:

«Un tiers des interpellés de la dernière nuit sont des jeunes, parfois des très jeunes»

Il a accusé les réseaux sociaux d'attiser la violence et dit attendre un même «esprit de responsabilité» de ces plateformes, citant notamment Snapchat et Tiktok, où s'organisent «des rassemblements violents» et qui suscitent aussi «une forme de mimétisme de la violence».

L'ONU pointe la police française du doigt

La mort de Nahel, dont la famille est originaire d'Algérie, a ravivé le sujet des violences policières en France, où treize personnes sont mortes à l'issue d'un contrôle de police l'an dernier.

Lors du point de presse régulier de l'Organisation des nations unies (ONU) à Genève vendredi, le haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a pressé la France de:

«S'attaquer sérieusement aux profonds problèmes de racisme et de discrimination raciale parmi les forces de l'ordre»

L'accusation a été jugée «totalement infondée» par le ministère français des Affaires étrangères.

Les violences inquiètent aussi les voisins de la France. Le Royaume-Uni et d'autres pays européens, ainsi que les Etats-Unis, ont mis en garde leurs ressortissants en les pressant d'éviter les zones d'émeutes. (baf/ats)

Les émeutes à Nanterre après la mort de Nahel
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Les émeutes à Nanterre après la mort de Nahel
Une voiture brûlée sur l'avenue Pablo Picasso après une nuit de troubles civils, à Nanterre, près de Paris, France, 28 juin 2023
source: sda / mohammed badra
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Les émeutes continuent en France.
Video: watson
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