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Législatives: l'extrême droite espère une victoire historique

En tête, l'extrême droite française espère une victoire historique

Le Rassemblement national est «aux portes du pouvoir»: il est arrivé largement en tête du premier tour des législatives dimanche. Il a demandé aux Français de lui donner une majorité absolue et espère gouverner pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale.
01.07.2024, 06:5801.07.2024, 08:57
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Alors que le traditionnel «front républicain» contre l'extrême droite apparaît moins systématique que par le passé, le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen est en mesure d'obtenir une forte majorité relative voire une majorité absolue dimanche prochain.

Le RN et ses alliés ont obtenu 33,2-33,5% des voix, selon les dernières estimations. Ils devancent le Nouveau Front populaire (28,1-28,5%), loin devant le camp d'Emmanuel Macron à 21-22,1%, lors de ce vote marqué par une participation en forte hausse. Les Républicains (LR) qui n'ont pas fait alliance avec le RN s'établissent autour de 10%.

«Verdict sans appel»

Les Français «ont rendu un verdict sans appel», s'est réjoui Jordan Bardella, qui semble se rapprocher irrésistiblement de Matignon. Le second tour sera «l'un des plus déterminants de toute l'histoire de la Ve République», a-t-il ajouté, assurant qu'il voulait être, s'il l'emporte, «le Premier ministre de tous les Français».

«Respectueux de la Constitution, mais intransigeant»
Jordan Bardella

«Il nous faut une majorité absolue», a lancé de son côté Marine Le Pen, annonçant sa propre réélection comme députée dès le premier tour. Au moins 37 députés RN ont été élus dès le premier tour.

Le pari d'Emmanuel Macron de dissoudre l'Assemblée nationale au soir de la déroute de ses candidats aux élections européennes du 9 juin, est dans tous les cas définitivement perdu. Le «bloc macroniste» est «pratiquement effacé», s'est réjouie Mme Le Pen. Les Français ont montré «leur volonté de tourner la page de sept ans de pouvoir méprisant et corrosif» du chef de l'Etat, a-t-elle encore commenté.

«Rassemblement démocrate»

«Face au Rassemblement national, l'heure est à un large rassemblement clairement démocrate et républicain pour le second tour», a souligné Emmanuel Macron dans une déclaration écrite. Pour autant, le chef de l'Etat n'a pas totalement clarifié l'attitude à suivre en cas de duels entre le RN et le NFP ou de triangulaires. «L'extrême droite est aux portes du pouvoir», a alerté le Premier ministre Gabriel Attal. «Pas une voix ne doit aller» à l'extrême droite, a-t-il ajouté, en appelant à:

«Empêcher le Rassemblement national d'avoir une majorité absolue»
Gabriel Attal

Cela dépendra en bonne partie des désistements et consignes de vote dans chaque circonscription. Avant ces décisions cruciales, un nombre record de triangulaires potentielles est attendu, pouvant concerner au maximum, avant désistements éventuels, plus de 300 des 577 sièges de députés en jeu.

«Ni-ni»?

A l'Elysée comme chez la plupart des ténors de son camp, ce rassemblement semble devoir exclure les candidats de La France insoumise, ou un certain nombre d'entre eux. Gabriel Attal est lui-même resté imprécis, promettant des désistements et appelant à «voter pour les candidats qui défendent la République». Dans un geste d'apaisement, le Premier ministre a décidé de suspendre une réforme controversée de l'assurance chômage, a annoncé son entourage.

A gauche, l'appel au barrage face au RN fait consensus: après avoir entretenu un certain flou, le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a annoncé que ses candidats se retireraient s'ils terminaient troisièmes et que le RN était en tête.

L'eurodéputé de gauche Raphaël Glucksmann, lui, a appelé tous les candidats arrivés en troisième position à se désister.

«Nous avons sept jours pour éviter à la France une catastrophe»
Raphaël Glucksmann

En revanche, le parti Les Républicains (LR), qui a obtenu environ 10% des suffrages, s'est refusé à appeler ses électeurs à voter contre le RN dimanche prochain.

Assemblée bloquée?

Si Jordan Bardella entrait à Matignon, ce serait la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale qu'un gouvernement issu de l'extrême droite dirigerait la France. Il s'agirait aussi d'une cohabitation inédite entre Emmanuel Macron, président pro-européen, et un gouvernement beaucoup plus hostile à l'Union européenne, qui pourrait faire des étincelles sur les prérogatives des deux têtes de l'exécutif, notamment en matière de diplomatie et défense.

Un autre scénario possible est celui d'une Assemblée bloquée, sans alliance envisageable entre des camps très polarisés, au risque de plonger la France dans l'inconnu.

Pour le premier tour, la participation devrait s'établir au moins à 65% des inscrits, selon les estimations, contre 47,51% en 2022 et 67,9% lors des dernières législatives organisées après une dissolution, en 1997. (sda/ats/afp)

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