L'Ukraine a affirmé avoir capturé des militaires nord-coréens lors de combats sur le territoire russe, trois mois après avoir fait état avec Séoul du déploiement en Russie de milliers de troupes de Pyongyang. L'implication d'une armée régulière étrangère a constitué une escalade majeure dans l'invasion de l'Ukraine déclenchée il y a près de trois ans par Vladimir Poutine.
Voilà ce qu'on sait sur le rôle de forces nord-coréennes dans cette guerre et sur la coopération militaire croissante entre Moscou et Pyongyang.
Séoul, Kiev et Washington affirment que la Corée du Nord avait, depuis octobre dernier, déployé plus de 10 000 soldats en Russie pour aider Moscou dans son effort de guerre contre l'Ukraine.
Ces militaires – dont plusieurs centaines d'officiers et trois généraux, selon Kiev – se trouvent dans la région frontalière russe de Koursk, dont une petite partie est contrôlée depuis août par les troupes ukrainiennes.
L'Ukraine avait annoncé, samedi, avoir fait prisonniers deux soldats nord-coréens blessés dans cette région – information confirmée par Séoul – et a proposé à Pyongyang de les échanger contre des militaires ukrainiens détenus en Russie.
Le renseignement militaire ukrainien a assuré que le déploiement nord-coréen n'avait pas d'impact significatif sur la situation, ces troupes employant des tactiques «primitives» faute d'expérience de combat moderne.
La Corée du Sud a estimé que 300 soldats nord-coréens avaient été tués et 2700 blessés, alors que Kiev a avancé le chiffre de 3800 hommes tués et blessés.
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L'Ukraine affirme également que Moscou a muni ces soldats d'uniformes et de documents russes pour dissimuler leur présence sur le champ de bataille, et a publié des images censées appuyer cette hypothèse.
Face à la menace nord-coréenne, Kiev et Séoul ont annoncé le renforcement de leur coopération en matière de sécurité. La Corée du Sud, qui a pour politique de ne pas fournir d'armes à des pays en conflit, a indiqué que cela pourrait changer à la lumière des déploiements de troupes de Pyongyang.
Ni Moscou ni Pyongyang n'ont confirmé ou infirmé la présence de ces troupes nord-coréennes. Les deux pays, alliés de longue date, ont en revanche signé et promulgué en 2024 un pacte qui prévoit notamment une «assistance mutuelle en cas d'agression» par un pays tiers.
Interrogé publiquement sur ce déploiement en 2024, Vladimir Poutine ne l'avait pas nié, mais avait détourné la question pour critiquer le soutien de l'Occident à l'Ukraine. Lundi, le Kremlin a refusé à nouveau de commenter l'annonce ukrainienne de la capture de soldats nord-coréens.
«Nous ne savons pas ce qui est vrai là-bas», a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. La Russie cherche désespérément à reprendre la zone de la région de Koursk sous contrôle ukrainien, que Kiev tient de son côté à garder en vue d'éventuelles négociations de paix
Pyongyang est aussi accusé, depuis des mois, par Kiev et les Occidentaux de fournir des obus d'artillerie et des missiles balistiques à la Russie. Mais l'engagement de ses troupes dans la guerre a aggravé encore les craintes de voir ce conflit s'internationaliser, d'autant que Moscou menace régulièrement de viser des alliés occidentaux qui livrent des armes à l'Ukraine.
Selon l'Otan, la Russie apporte en retour son soutien au programme nucléaire nord-coréen et à celui des missiles.
Le président américain sortant, Joe Biden, soutien clé de Kiev, a qualifié le déploiement de troupes nord-coréennes de «très dangereux» et levé en réponse certaines restrictions sur l'utilisation par Kiev d'armes occidentales à longue portée sur le territoire russe. La Chine, allié stratégique de Moscou, a minimisé le rapprochement entre Moscou et Pyongyang et a appelé à une résolution pacifique du conflit. (jah/afp)