Les monstres cyniques sont de sortie.keystone / dr / montage watson
Humeur
Les chiens de guerre ne lâcheront rien
Ils ne négocient pas. Ils ne capituleront pas. En 1987, une chanson de Pink Floyd nous avait prévenus que quand les puissants deviennent cyniques, c'est le bas peuple qui trinque. Faisons ensemble un détour macabre, en musique.
L'art imite la vie et parfois, la vie imite l'art. Après plus d'un an d'un conflit vicié au Proche-Orient, et alors que l'invasion russe en Ukraine s'éternise, je me suis dit que la meilleure façon d'évoquer l'animalité délétère et pernicieuse de la guerre, c'était peut-être de faire un détour en musique.
Des chansons qui parlent de guerre, il y en a des tas. Mais les paroles de la chanson de Pink Floyd, Dogs of war, les «Chiens de guerre» évoquent quelque chose de particulier pour moi. Sorti en 1987 sur l'album A momentary lapse of reason («Une perte momentanée de raison»), le titre du groupe de rock prog iconique pointe du doigt ces dirigeants qui s'entêtent à vouloir détruire leur opposant, coûte que coûte, et sans égards pour les civils.
La chanson 👇🏻
Un ULM, présent sur la pochette de l'édition remaster de 2021, rappelle celui des attentats du 7-octobre. Il s'agit d'une coïncidence — certes troublante.Vidéo: YouTube/Pink Floyd - Topic
La chair et les os
Ce son implacable et inquiétant commence comme une marche macabre, accompagnée de bruits de chiens grognants. Quant aux paroles, écrites il y a près de 40 ans, elles sont d'une pertinence douloureusement flagrante en 2024, dénonçant le cynisme obscène de ceux qui décident de qui doit vivre ou mourir:
Dogs of war and men of hate With no cause, we don't discriminate
Des chiens de guerre et des hommes de haine Sans cause, nous ne discriminons pas
Ça continue avec des paroles glaçantes:
Our currency is flesh and bones Hell opened up and put on sale Gather around and haggle
Notre devise, c'est la chair et les os L'enfer a ouvert ses portes et est en vente Rassemblez-vous et marchandez
Le monde, un champ de bataille
Le refrain est entêtant:
One world, it's a battleground One world, we're gonna smash it down
Un seul monde, c'est un champ de bataille Un seul monde, nous allons l'écraser
Ces paroles pourraient tant représenter les leaders du Hamas ou du Hezbollah, que les chefs à la tête de l'armée israélienne, les Mollahs iraniens, Poutine ou des officiers américains qui décident quand aura lieu la prochaine frappe de drones. Ou encore des producteurs de munitions en tout genre, car la guerre, pour certains, ça rapporte:
We all have a dark side, to say the least And dealing in death is the nature of the beast
Nous avons tous un côté sombre, c'est le moins que l'on puisse dire Et le commerce de la mort est la nature de la bête
La vidéo d'intro de la chanson pour un concert:
Oui, on dirait qu'ils viennent tout droit de l'enfer.Vidéo: YouTube/Pink Floyd
Pas de négociation, pas de capitulation
Le solo de guitare de la chanson est suivi par un saxophone délirant, comme une poussée fiévreuse dans les ruines de la guerre. De retour au micro, David Gilmour envoie les paroles les plus puissantes du texte:
Dogs of war don't negociate Dogs of war won't capitulate
Les chiens de guerre ne négocient pas Les chiens de guerre ne capituleront pas
Ils ne lâcheront pas. Entre les bombardements massifs sur la bande de Gaza du côté de Netanyahou et le fait de cacher ses combattants, ses entrées de tunnel et ses armes au sein de la population civile du côté du Hamas, financé par l'Iran, ce sont les civils qui meurent.
They will take, and you will give You will die, so that they may live
Ils prendront, et tu donneras Tu mourras, pour qu'ils puissent vivre
N'écoutez pas cette chanson sous champignons.
Si A Momentary lapse of reason ne fait pas partie des albums les plus emblématiques de Pink Floyd — à mi-chemin entre les années Waters et le rock de papa de Gilmour —, près de quarante ans plus tard, la terrible justesse des paroles de cette chanson anti-guerre résonne. En espérant qu'on n'ait pas besoin de l'écouter trop souvent pour se le rappeler.
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