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«La simulation devient la norme»: le pape critique l'IA

epa12896851 Pope Leo XIV chairs a meeting with university students and professors at the Catholic University of Central Africa in Douala, Cameroon, 17 April 2026. Pope Leo XIV is on apostolic journey  ...
Le pape à Yaoundé, au Cameroun.Keystone

«La simulation devient la norme»: le pape critique l'IA

Le pape Léon XIV a mis en garde contre les dangers de l'intelligence artificielle, soulignant son rôle dans la polarisation et la violence. Il a appelé à privilégier les rapports humains plutôt que numériques.
17.04.2026, 20:3317.04.2026, 20:33

Le pape Léon XIV a mis en garde contre l'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) pour alimenter «la polarisation, les conflits, les peurs et la violence». Il a dénoncé les «ravages environnementaux» de la «course effrénée» aux terres rares pour l'électronique. Il a déclaré vendredi, lors d'un discours à l'Université catholique d'Afrique centrale à Yaoundé, la capitale du Cameroun:

«Le défi que posent ces systèmes est plus profond qu'il n'y paraît: il ne concerne pas seulement l'utilisation de nouvelles technologies, mais le remplacement progressif de la réalité par sa simulation»
Léon XIV 

«Lorsque la simulation devient la norme», nous vivons «comme dans des bulles imperméables les unes aux autres, nous nous sentons menacés par quiconque est différent», a-t-il déploré.

«C'est ainsi que se propagent la polarisation, les conflits, les peurs et la violence. Ce n'est pas un simple risque d'erreur qui est en jeu, mais une transformation du rapport même à la vérité»
Léon XIV 

Cette déclaration intervient alors que les critiques se multiplient contre l'utilisation par le président américain Donald Trump d'images générées par IA à des fins politiques. Suite aux critiques du pape sur la guerre en Iran, Donald Trump a notamment publié dimanche une image le représentant en saint. L'illustration, inspirée de l'iconographie chrétienne, a été supprimée lundi.

Les rapports humains plutôt que les chatbots

A l'université à Yaoundé, le pape américain, Robert Francis Prevost dans le civil, a appelé les étudiants à privilégier «l'altérité des personnes en chair et en os» plutôt que la «réponse fonctionnelle» des chatbots, dont l'usage s'est massivement développé chez les jeunes générations.

Le pape, qui a déjà mis en garde à plusieurs reprises contre les risques liés à l'IA depuis son élection en mai 2025, s'est exprimé en français dans cet établissement accueillant des étudiants de six pays d'Afrique centrale (Cameroun, République centrafricaine, Congo-Brazzaville, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad).

Ravages environnementaux

«Dans le contexte de la révolution numérique», il a également dénoncé «la face cachée des ravages environnementaux et sociaux causés par la course effrénée aux matières premières et aux terres rares». L'IA repose notamment sur l'extraction minière de cobalt, dont l'Afrique supporte le coût environnemental, social et humain.

La République démocratique du Congo (RDC) possède l'une des terres les plus riches de la planète, notamment en cuivre, cobalt, coltan et lithium. En 2024, le pays a ainsi fourni 76% de la production mondiale de cobalt, selon l'Institut américain d'études géologiques (USGS).

«L'Afrique a besoin d'être libérée du fléau de la corruption», a encore dit le pape, alors que l'exploitation du cobalt sur le continent est largement dominée par des puissances étrangères – notamment la Chine – dans un système miné par la corruption, qui profite peu aux populations locales malgré une richesse stratégique mondiale.

(ats/acu)

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