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«Voici la condition pour faire tomber le régime iranien»

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Manifestation de soutien au régime islamique à Téhéran. 28 février 2026.Image: AFP

«Voici la condition indispensable pour faire tomber le régime»

Spécialiste de l'Iran, David Rigoulet-Roze détaille les objectifs de la guerre israélo-américaine contre la République islamique d'Iran et les conditions qui permettraient sa chute.
28.02.2026, 17:2228.02.2026, 18:54

Quel est l’objectif d’Israël et des Etats-Unis dans leur guerre contre l’Iran?
David Rigoulet-Roze: Leur objectif est d’affaiblir au maximum la capacité de nuisance du régime en place.

En vue d’un changement de régime?
Quand on dit «regime change», on pense à l’Irak de 2003, au renversement de Saddam Hussein par l’armée américaine alors déployée au sol. Avec l’Iran, il n’est pas prévu d’envoyer de troupes terrestres. Il y a peut-être des commandos opérant en ce moment sur le terrain, mais ce n’est pas pareil à une invasion. Donald Trump l’a dit, «no boot on the ground», pas de troupes au sol.

«En revanche, il peut y avoir une modalité particulière de "regime change"»

Laquelle?
Cela consisterait en un «regime collapse», à faire imploser le régime de l’intérieur, en appelant, comme Donald Trump l’a fait, la population à profiter de l’opération militaire qui a été lancée pour prendre les rênes des institutions. Avec un grand point d’interrogation, parce qu’on ne sait jamais comment les choses peuvent évoluer.

Quelles sont les forces qui doivent être affaiblies ou neutralisées pour rendre possible un renversement du régime?
Ce sont essentiellement les gardiens de la révolution, les pasdarans, l’ossature sécuritaire du régime islamique.

«Ils sont entre 180 000 et 200 000, répartis dans toutes les régions d’Iran»

Ce sont eux qui bénéficient des principaux financements dans l’appareil sécuritaire. Ce n’est pas l’«Artesh», le nom donné à l’armée régulière, réputée idéologiquement plus faible que les gardiens de la révolution.

Un putsch est-il possible au sein des gardiens de la révolution?
Il y a certainement eu, côté américain et israélien, des calculs pour identifier des membres du système sécuritaire qui pourraient être des interlocuteurs en vue d’un renversement du pouvoir en place. Il faut bien comprendre que cela ne pourra pas se faire en 24 heures dans un pays aussi grand, aussi peuplé, que l’Iran.

«Pour les Américains, l’option potentielle serait d’avoir un interlocuteur issu du régime qui éviterait le chaos»

Mais pour l’instant, on n’en est pas là. Il n’y a pas eu de défection majeure dans le corps des gardiens de la révolution.

Est-il relativement facile pour les Etats-Unis et Israël de réduire à néant les capacités offensives de l’Iran?
Non, ce n’est pas facile. Preuve en est que l’Iran, depuis le déclenchement de l’attaque, a tiré des missiles balistiques sur Israël, Bahreïn et les Emirats. Les missiles balistiques sont d’ailleurs le monopole des gardiens de la révolution.

L’objectif final est bien de faire tomber la tête du régime?
C’est une guerre d’attrition contre le régime. Autrement dit, qui vise à le détruire, politiquement et militairement, afin qu’il ne représente plus une menace pour les Etats de la région, en particulier Israël, et pour sa propre population.

«Mais ce n’est pas la mort du guide suprême, l’ayatollah Khamenei, qui ferait tomber le régime en soi. Ce serait un élément important, mais pas la condition sine qua non»

Quelle est la condition sine qua non pour faire tomber le régime?
Des défections dans l’appareil sécuritaire qui coïncideraient avec des manifestations de la population. Ce n’est pas encore le cas pour l’instant.

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