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Jogging, chants d'oiseaux et explosions: Bienvenue à Téhéran en guerre

Jogging, chants d'oiseaux et explosions: Bienvenue à Téhéran en guerre

Une semaine après des frappes israélo-américaines visant le cœur du pouvoir iranien, Téhéran tente de reprendre un semblant de vie normale malgré les destructions, la présence militaire et les explosions qui rappellent que la capitale est désormais en guerre.
08.03.2026, 10:3208.03.2026, 11:47
Jogging, chants d'oiseaux et explosions: Bienvenue à Téhéran en guerre
Plusieurs explosions à Téhéran.Image: Keystone/montage watson

Oiseaux qui chantent, coureur faisant son jogging et vue imprenable sur les montagnes de l'Alborz: en quelques secondes, l'apparence de tranquillité peut être troublée par une explosion, qui vient rappeler aux habitants de Téhéran que leur ville est en guerre.

Il y a une semaine, des frappes israélo-américaines contre la résidence du guide suprême Ali Khamenei ont fait basculer la vie des Téhéranais, propulsés contre leur gré au milieu d'un champ de bataille.

Dans l'ouest de la capitale, un immeuble qui appartenait aux forces de sécurité a été complètement soufflé. Tout autour n'est désormais qu'un champ de gravats. Etonnamment, un portail vert et une clôture le long du complexe n'ont eux pas bougé d'un iota.

La guerre n'a surpris personne. Peu se faisaient d'illusions sur l'issue des négociations sur le nucléaire alors en cours entre l'Iran et les Etats-Unis.

Mais une attaque en plein jour visant le coeur du pouvoir a été un choc et a donné lieu à des scènes de chaos: piétons paniqués, parents récupérant en catastrophe leurs enfants à l'école, queues devant les boulangeries, embouteillages monstres...

Une semaine plus tard, l'agitation et le brouhaha ont laissé place à un calme inhabituel pour cette métropole qui compte en temps normal plus de dix millions d'habitants. Un calme relatif qui peut durer de longues heures avant d'être interrompu par une vague d'explosions.

Champignons de fumée

Dans le centre-ville, un autre immeuble est éventré. Des hommes armés, lourdement pour certains malgré leur jeune âge, montent la garde. Le souffle a été tel qu'une école primaire à proximité a été mise sens dessus dessous.

L'armée israélienne dit viser les infrastructures du pouvoir, notamment à Téhéran, dans la nouvelle phase de sa guerre contre l'Iran.
L'armée israélienne dit viser les infrastructures du pouvoir, notamment à Téhéran, dans la nouvelle phase de sa guerre contre l'Iran.Keystone

Les vitres sont brisées. La cour de récréation pleine de pierres et gravats. A proximité, des motos garées sont, elles, couvertes de poussière. Dans un autre quartier, seules les fondations en acier d'un bâtiment bombardé ont résisté et permettent à une imposante antenne de tenir encore debout sur le toit.

A plusieurs dizaines de mètres à la ronde, des devantures d'immeubles résidentiels sont méconnaissables. Des habitants s'affairent à déblayer et récupérer quelques affaires.

Des canapés ou de l'électroménager encore en état sont chargés sur des pick-ups bleus hors d'âge de l'emblématique marque Zamyad reconnaissable à son design des années 60. A l'horizon, un énième champignon d'épaisse fumée grise s'élève dans le ciel.

Guerre du ramadan

Si Téhéran avait des allures de ville fantôme aux premiers jours de la guerre, les piétons s'aventurent de nouveau dehors depuis quelques jours: un père promène sa fille sur un petit vélo à quatre roues, des enfants jouent au ballon, des habitants sont assis dans un parc pour profiter du soleil.

Des coureurs et des cyclistes font eux quelques exercices. Davantage de commerces sont ouverts. Mais le semblant de normalité s'arrête là.

The roof of a house is seen covered with soot after overnight strike on the Tehran Oil Refinery in Tehran on March 8, 2026. The United States and Israel hit five oil facilities with overnight strikes  ...
Le toit d'une maison recouvert de suie après une frappe nocturne sur la raffinerie de pétrole de Téhéran, le 8 mars 2026.Image: AFP

Le long des grands axes, des hommes armés en civil et d'autres en treillis et gilets pare-balles contrôlent aléatoirement les voitures à des barrages.

Ces scènes créent artificiellement des embouteillages sur des avenues largement désertes, fréquentées principalement par des deux-roues et des livreurs.

Téhéran: la capitale iranienne vit au rythme des explosions

Vidéo: watson

D'imposants véhicules blindés sont sur le qui-vive. Sur l'un d'eux flotte un drapeau de la République islamique.

A l'heure de la prière, des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique, filtrent armés l'entrée d'une mosquée, où se rassemblent les fidèles.

Une semaine après sa mort, affiches et pancartes à la gloire d'Ali Khamenei restent omniprésentes dans les rues. Ces derniers jours, des portraits graffitis en son honneur ont même fait leur apparition sur certains murs.

Dans une épicerie de quartier, un employé suit avec inquiétude les derniers développements sur l'embrasement au Moyen-Orient et la «guerre du ramadan», le nom trouvé pour ce conflit par la télévision d'Etat. (dal/bur/cgo/afp)

Des pluies déclenchent des torrents rouge sang en Iran
Video: watson
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