«Des enfants ont eu le bras coupé»: des Libanais racontent l'horreur
Immeubles en flammes, voitures calcinées, ambulances toutes sirènes hurlantes: en début d'après-midi mercredi, une série de frappes a visé, sans avertissement, plusieurs quartiers au cœur de Beyrouth, capitale du Liban, provoquant des scènes de panique et de désolation. Ali Younès, qui attendait sa femme près de la corniche Mazraa, un des secteurs visés, raconte:
Les frappes israéliennes de mercredi, les plus violentes depuis le début de la guerre début mars, ont fait «des dizaines de morts et des centaines de blessés», selon le ministère de la Santé.
Une épaisse fumée noire s'élève, au milieu d'une forte odeur de poudre, de la corniche, où un immeuble a été entièrement soufflé. Des bulldozers tentent de dégager les décombres dans la rue, où s'alignent les commerces et les bureaux, sous les immeubles résidentiels. Hassan al-Sayed, propriétaire d'un salon de coiffure, déclare:
La rue est jonchée de débris de verre.
«Ma belle-mère est morte»
Des pompiers tentent d'éteindre les incendies dans les décombres encore fumants, tandis que des secouristes œuvrent à retirer des victimes des décombres. Le ministère de la Santé a appelé les habitants à dégager «d'urgence les routes devant les ambulances, car les embouteillages causés par la vague de frappes sans précédent en nombre et en intensité menées par Israël entravent les opérations de secours».
Les frappes sont intervenues à une heure de grande affluence dans la capitale, où s'entassent des déplacés fuyant le sud du pays et la banlieue sud de Beyrouth, bastions du Hezbollah visés par des frappes israéliennes. L'une des frappes a atteint Basta, un quartier populaire au cœur de la capitale.
«J'ai vu une frappe, c'était très fort, des enfants ont été tués, d'autres ont eu les bras coupés», déplore Yasser Abdallah, qui travaille dans un magasin d'électroménager à proximité. Des frappes ont également visé la banlieue sud, après un avertissement de l'armée israélienne, ainsi que plusieurs zones dans le sud et l'est du Liban.
Devant l'hôpital de l'Université américaine de Beyrouth, l'un des principaux établissements de la capitale, les ambulances se sont succédé. Des proches de blessés sont rassemblés devant l'entrée des urgences, dans une atmosphère de tension, certains en pleurs. Un homme, qui ne veut pas dire son nom et explique qu'ils vivaient tous dans le même immeuble, relaye:
Il précise que leur frère, encore bébé, a survécu, mais pas sa mère. Une source médicale qui ne veut pas être identifiée affirme que l'hôpital est submergé. Ce dernier a annoncé sur les réseaux sociaux qu'il avait besoin de sang de tous les groupes. Un médecin a indiqué avoir lui-même donné du sang.
L'armée israélienne a dit avoir mené mercredi sa «plus grande frappe coordonnée» contre le Hezbollah pro-iranien depuis le début de la guerre le 2 mars, peu après l'annonce d'une trêve avec l'Iran. «Ils ont dit que le Liban n'était pas inclus dans l'accord de cessez-le-feu» avec l'Iran, dit Kinda Assaad, 20 ans:
(ag/afp)
