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Moyen-Orient

Le Pakistan a obtenu un grand succès avec la trêve en Iran

President Donald Trump shakes hands with Pakistan Prime Minister Shehbaz Sharif during the Gaza International Peace Summit in Sharm el-Sheikh, Egypt, Monday, Oct. 13, 2025. (AP Photo/Amr Nabil)
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Donald Trump et Shehbaz Sharif, premier ministre du Pakistan.Keystone

Ce pays a obtenu «l’un de ses plus grands succès» grâce à la trêve

Le Pakistan est au cœur des pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran. Le cessez-le-feu validé par les deux parties restera comme l'une de ses principales réussites diplomatiques. Explications.
08.04.2026, 12:0308.04.2026, 12:08

Le Pakistan s'est révélé être un intermédiaire clé entre l'Iran et les Etats-Unis, en sécurisant un cessez-le-feu temporaire et prévoyant d'accueillir des négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

«Le Pakistan a obtenu l’un de ses plus grands succès diplomatiques depuis des années», a déclaré sur X Michael Kugelman, spécialiste de l'Asie du Sud. «Il a également fait mentir de nombreux sceptiques et détracteurs qui ne pensaient pas qu’il ait la capacité de mener à bien une entreprise aussi complexe et risquée».

Une longue histoire avec l'Iran

«Le Pakistan a de solides atouts, étant le seul pays de la région à entretenir de bonnes relations à la fois avec les États-Unis et l’Iran», a déclaré l’ancien ambassadeur du pays à Téhéran, Asif Durrani. Le Pakistan partage avec l'Iran 900 kilomètres de frontière, de quoi tisser des liens historiques, culturels et religieux profonds. Téhéran a été le premier à reconnaître le Pakistan après son indépendance en 1947. Islamabad a rendu la pareille à la République islamique après la révolution de 1979.

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Leur coopération a inclus la lutte contre Moscou pendant l'occupation soviétique de l'Afghanistan. Les deux pays sont aussi préoccupés par les activités de groupes armés transfrontaliers dans la région du Baloutchistan.

La diplomatie pakistanaise représente aussi les intérêts diplomatiques iraniens à Washington, où Téhéran ne dispose pas d'ambassade. Le Pakistan abrite la deuxième plus grande population musulmane chiite au monde après son voisin.

Une relation personnelle avec Trump

Le puissant chef de l'armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, a noué une relation personnelle avec le président américain Donald Trump. Le général s'était rendu à Washington avec Shehbaz Sharif l'an dernier après les hostilités avec l'Inde.

Le premier ministre avait salué l'intervention «audacieuse et visionnaire» du président américain, tandis que Munir défendait les ambitions de ce dernier pour le prix Nobel de la paix, pour avoir empêché une escalade entre deux voisins dotés de l'arme nucléaire.

FILE - In this photo released by the Inter Services Public Relations, newly elevated Field Marshal General Asim Munir prays after laying wreath on the Martyrs monument during a special guard of honor  ...
Le maréchal Asim MunirKeystone

Le Pakistan connaît l'Iran «mieux que la plupart», a estimé Donald Trump. Leurs relations personnelles ont longtemps contribué à renforcer des liens bilatéraux façonnés par des intérêts stratégiques mouvants.

Même en tant qu'allié majeur non membre de l'Otan dans la «guerre contre le terrorisme», le Pakistan a été accusé par les Etats-Unis d'abriter des jihadistes responsables d'attaques contre les troupes de la coalition en Afghanistan voisin.

Les relations se sont encore tendues lorsque les troupes américaines ont tué le chef d'al-Qaïda Oussama ben Laden sur le sol pakistanais, en 2011 sans en informer Islamabad. Le Pakistan a été accusé de complicité dans l'hébergement du fugitif, concepteur des attentats du 11 septembre 2001.

L'influence de la Chine

Le Pakistan et l'Arabie saoudite ont signé en 2025 un accord stratégique de défense mutuelle, qui a consolidé des liens de longue date mais restreint aussi la marge de manœuvre d'Islamabad dans son soutien à Téhéran. Le gouvernement Sharif a ménagé Riyad, où le premier ministre s'est récemment rendu pour des entretiens avec le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Le Pakistan entretient également des liens étroits avec Pékin, qui, a indiqué Donald Trump, a contribué à convaincre l’Iran de venir à la table des négociations. Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, a accueilli le mois dernier une réunion avec ses homologues d’Arabie saoudite, de Turquie et d’Égypte pour discuter de la désescalade du conflit, puis s’est envolé pour Pékin pour de nouveaux pourparlers.

La Chine, qui est le premier partenaire commercial de l’Iran, s’est ensuite jointe à son allié de longue date en Asie du Sud pour appeler à un plan visant à mettre fin aux combats qui embrasent le Moyen-Orient, déclarant qu’elle soutenait «le rôle unique et important du Pakistan dans l’apaisement de la situation».

Quel intérêt pour le Pakistan?

La neutralité est importante sur le plan économique pour le Pakistan, qui dépend des importations d'hydrocarbures transitant par le détroit d'Ormuz. La poursuite des perturbations aurait aggravé l’approvisionnement en carburant, fait grimper les prix et contraint le gouvernement à court d’argent à imposer de nouvelles mesures d’austérité.

Si la guerre venait à une fin durable, cela renforcerait non seulement la stabilité régionale, mais aussi la stature internationale du Pakistan, à un moment où il est engagé dans un conflit armé avec l’Afghanistan voisin et moins d’un an après avoir échangé des frappes avec son grand rival, l’Inde.

Quelle est la prochaine étape?

Le premier ministre pakistanais a déclaré qu’il accueillerait des délégations américaines et iraniennes dans la capitale à partir du 10 avril. «L’Iran se sentira plus à l’aise à Islamabad, c’est pourquoi il a accepté la médiation du Pakistan», explique Durrani, l’ancien ambassadeur, ajoutant que le Pakistan pourrait aider les deux parties à régler les différends en suspens.

Si les pourparlers étaient directs, «alors le Pakistan pourrait aider les parties à peaufiner le langage en cas d’impasse», a-t-il indiqué, ajoutant que des responsables pakistanais pourraient également servir d’intermédiaires si les deux parties refusaient de se rencontrer en face à face.

Israël a annoncé soutenir la décision de Donald Trump de suspendre les attaques contre l'Iran, tout en précisant que la trêve n'incluait pas le Liban. Cette affirmation contredit une annonce faite plus tôt par le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur dans le conflit, assurant que le cessez-le-feu s'appliquait «partout, y compris au Liban». (jzs/afp)

Trump menace l'Iran de destruction totale
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