Le rappeur Naps condamné à 7 ans de prison pour viol
La cour criminelle de Paris a déclaré, le 19 février, le rappeur marseillais Naps, Nabil Boukhobza de son vrai nom, coupable de viol à l’issue de quatre jours d’audience, conformément aux réquisitions du parquet général, avec inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles et placement immédiat en détention.
Les faits jugés remontent à la nuit du 1er octobre 2021 dans une chambre d’hôtel parisienne, en présence de la plaignante et de deux amies. La défense a plaidé l’acquittement en invoquant des contradictions et le doute sur l’intentionnalité, tandis que l’accusation a estimé les éléments suffisants pour caractériser le viol. Les trois avocats du rappeur ont plaidé pendant plus de deux heures.
Quelques minutes avant le verdict, lors suspension d’audience, Naps éclatait en sanglots.
Le parquet a mis en avant la notion de «victimisation secondaire» et le risque de réitération, rappelant qu’une autre information judiciaire visant l’accusé pour des faits similaires est en cours depuis 2024. La cour a retenu la culpabilité de l’artiste au terme de l’examen des versions des protagonistes et des débats contradictoires.
A l'annonce du verdict, la plaignante a fondu en larmes de soulagement, tandis que Nabil Boukhobza, l'air abattu, a pris sa femme dans ses bras. Il passera sa première nuit en détention dès ce jeudi soir.
«Dans les vapes»
Tout a débuté avec une plainte déposée en octobre 2021. Une jeune femme, alors âgée de 20 ans, y indique avoir passé la soirée dans une boîte de nuit parisienne, invitée par «un promoteur» avec deux amies. Une façon pour des femmes, sélectionnées, d'accéder gratuitement aux clubs de la capitale, sans contrepartie. Naps s'y trouve, accompagné de son cousin et manager, d'un garde du corps, ainsi que d'un journaliste sportif et d'un ami de ce dernier.
Conviées à leur table par le rappeur, les jeunes femmes assurent le rencontrer pour la première fois.Serveuse dans un restaurant, Emma (prénom modifié), alors en arrêt maladie, déclare lors de son audition qu'elle ne se sentait pas en forme ce soir-là mais qu'elle s'était forcée à sortir pour se changer les idées.Vers 04h30, Nabil Boukhobza propose de prolonger la soirée dans son hôtel proche de la gare de Lyon.
Après avoir consommé du cannabis, de l'alcool et du protoxyde d'azote, lors du trajet puis dans la chambre, celle-ci est «progressivement quittée par les amis du rappeur» qui se retrouve seul avec les trois jeunes femmes qui avaient été priées de laisser leur téléphone à l'entrée.
C'est à partir de cet instant que les récits divergent. Sans se dévêtir, tous se couchent dans le même lit, épuisés par une nuit de fête. Emma décrit avoir alors été «dans les vapes», «entre le réveil et le sommeil», lorsqu'elle sent quelqu'un lui baisser ses sous-vêtements. Elle dit ensuite avoir été réveillée par la «douleur d'une pénétration vaginale» et avoir tenté de repousser le rappeur.
Lorsqu'elles quittent l'hôtel vers 10h00, Emma, mutique, est encouragée par une de ses amies à déposer plainte. Des traces d'ADN du rappeur sont retrouvées sur ses vêtements ainsi qu'une lésion au niveau de son hymen.De son côté, Naps a affirmé aux enquêteurs qu'il s'agissait d'un rapport sexuel consenti, la jeune femme ayant «émis des gémissements de plaisir». (mbr)
