Employée de crèche rejugée pour avoir tué un bébé à la soude caustique
Une employée de crèche lyonnaise condamnée en première instance à 25 ans de prison pour avoir tué un bébé est rejugée en appel mercredi à Bourg-en-Bresse, dans l'Ain (F). Elle lui avait fait boire du déboucheur pour «la faire arrêter de pleurer».
Cette femme est arrivée, tête basse, dans le tribunal. Les parents de la petite décédée et leurs proches lui faisaient face, à quelques mètres, pour cette première de trois journées de procès devant la cour d'assises.
De quoi parle-t-on?
En première instance à Lyon en avril dernier, l'avocat général avait requis 30 ans de prison. Il avait fait appel du jugement, conformément au souhait des jeunes parents, parce que les jurés de la cour d'assises du Rhône avaient écarté la qualification de meurtre.
De ce nouveau procès, les parents «attendent que justice soit rendue», a expliqué à l'AFP leur avocate, Catherine Bourgade. En juin 2022, le bébé de 11 mois avait succombé à près de quatre heures de souffrances malgré les efforts acharnés des pompiers et médecins, les voies respiratoires et l'appareil digestif brûlés au dernier degré. Ce décès violent avait plongé le pays dans l'effroi.
La prévenue, alors âgée de 27 ans, était seule ce jour-là pour accueillir les premiers pensionnaires de la micro-crèche. Elle avait finalement reconnu avoir fait boire au bébé une partie d'une bouteille d'une composante corrosive «pour qu'elle s'arrête de pleurer».
Mais elle n'avait avoué qu'après une série de mensonges. Elle a toujours plaidé ne pas avoir eu conscience de la dangerosité de la soude caustique. A Lyon, les jurés avaient retenu cette explication en abandonnant la qualification de meurtre, infligeant 25 ans de prison à cette femme. (jah/ats)
