Ceuta: la quasi-totalité des migrants a regagné le Maroc
L'espace Schengen n'a pas été «compromis» pendant la crise migratoire à Ceuta, a assuré mardi le ministre espagnol de l'Intérieur. Au moins 72 000 migrants sont entrés dans l'enclave espagnole, avant que 70 000 d'entre eux regagnent le Maroc voisin.
«En aucun cas l'espace Schengen n'a été compromis dans cette crise», a défendu Fernando Grande-Marlaska lors d'un point-presse à Madrid, en réponse aux vives critiques de plusieurs dirigeants européens sur cette situation inédite dans cette enclave espagnole située en Afrique du Nord.
«L'espace Schengen n'a jamais été en danger, pas même en danger minimal», a-t-il encore affirmé, à l'issue d'une réunion extraordinaire des ministres de l'Intérieur de l'Union européenne (UE).
75 décès
Face aux journalistes, Fernando Grande-Marlaska a toutefois revu à la hausse le bilan des entrées au cours de cette crise, affirmant: «72 000 personnes entrées de manière irrégulière en Espagne, et déjà 70 000 en seraient sorties».
Le dernier chiffre communiqué par l'exécutif à Madrid faisait jusque-là état de 50 000 migrants entrés illégalement sur le sol espagnol, dont «la quasi-totalité» était déjà repartie au Maroc.
Le nombre de migrants morts en ayant tenté de rejoindre Ceuta a grimpé mardi à 75, a indiqué la préfecture de cette enclave espagnole à l'AFP. Un précédent bilan officiel faisait état de 72 morts, principalement lors de noyades en mer Méditerranée.
Crise diplomatique
La crise de Ceuta a engendré de fortes tensions diplomatiques entre l'Espagne d'un côté et de nombreux pays européens de l'autre, dont l'Italie en tête, qui ont accusé le gouvernement du Premier ministre socialiste Pedro Sanchez de laxisme aux frontières de l'Europe.
Lors de cette réunion extraordinaire des ministres de l'Intérieur de l'UE, qui se tenait en visioconférence, l'Espagne a demandé «la solidarité» des 26 autres Etats membres, au cours d'une discussion «constructive» et «évidemment nécessaire», selon Fernando Grande-Marlaska.
Dans ce contexte, le ministre a également requis «la levée immédiate» des contrôles temporaires mis en place notamment par l'Italie à ses frontières maritimes et aériennes, en réponse à cette crise.
Ceuta, petit territoire de 84 000 habitants situé à la pointe nord du Maroc, bordant le détroit de Gibraltar, forme l'une des deux frontières terrestres entre l'Afrique et l'Europe (avec l'autre enclave espagnole de Melilla). Il n'appartient pas à l'espace Schengen. (ats)
