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Israël et le Hezbollah ont convenu d'un cessez-le-feu au Liban

epa13049479 Smoke rises following an Israeli airstrike in southern Lebanon, as seen from the Israeli side of the border in the Upper Galilee, northern Israel, 19 June 2026. The Israel Defense Forces ( ...
Un regain de violences au Liban avait mis en péril le nouvel accord entre les Etats-Unis et l'Iran.Keystone

Israël et le Hezbollah ont convenu d'un cessez-le-feu

Alors que le conflit au Liban s'est embrasé après la signature de l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, la situation semble se stabiliser. Des dizaines de morts sont toutefois à déplorer ces derniers jours.
19.06.2026, 16:5519.06.2026, 16:55

Israël et le Hezbollah se sont mis d'accord vendredi sur un cessez-le-feu, a annoncé un responsable américain. Un regain de violences au Liban avait mis en péril le nouvel accord entre les Etats-Unis et l'Iran.

Les frappes israéliennes ont fait 47 morts et près d'une centaine de blessés dans le sud du Liban, selon un nouveau bilan des autorités libanaises. L'armée israélienne a fait état de son côté de la mort de quatre de ses soldats, dont un haut gradé.

Il s'agit du bilan le plus lourd depuis l'annonce de la conclusion de l'accord irano-américain lundi, qui prévoit un arrêt des hostilités «sur tous les fronts, y compris au Liban» – un point sur lequel Téhéran, allié du mouvement islamiste libanais Hezbollah, avait insisté. Israël «fera payer un prix très lourd au Hezbollah», a réagi le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à l'annonce de la mort des militaires, jurant que l'armée resterait dans le sud du Liban «aussi longtemps que nécessaire».

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«Tout le Liban doit brûler», a menacé son ministre de la sécurité nationale Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, qui avait exprimé ses réticences envers l'accord. En réaction à ces propos, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a accusé Israël de vouloir «la guerre permanente».

De nombreux habitants ont fui le sud du Liban

L'armée israélienne a affirmé avoir frappé «plus de 80 cibles» et tué «des dizaines» de membres du Hezbollah. Le groupe chiite a lui dénoncé «des massacres de civils». Ses combattants «défendront leur terre et leur peuple avec un grand courage et un esprit de sacrifice», a-t-il assuré avant l'annonce d'une trêve.

Le cessez-le-feu a été négocié par les médiateurs américains et qataris à la suite de discussions avec Israël et l'Iran, a déclaré un responsable américain à l'AFP sous couvert de l'anonymat. Les autorités israéliennes n'ont pas commenté à ce stade.

Sur le terrain, de nombreux habitants ont fui le sud du Liban. Des centaines de voitures bondées, avec matelas et effets personnels, ont envahi les routes, a constaté un correspondant de l'AFP. «Nous étions chez nous quand, soudain, les bombardements ont commencé. Ils n'ont épargné aucune ville, aucune maison», raconte Zeinab Nasser, 69 ans, bloquée avec son mari dans des embouteillages à Saïda.

«Les avions militaires israéliens ne quittent jamais le ciel. Nous espérons que ce poison quittera notre pays pour que nous puissions vivre»

«La situation reste précaire», analyse une source diplomatique émiratie, évoquant «deux facteurs susceptibles de faire capoter l'accord»: Israël et certaines voix conservatrices en Iran.

Le trafic a repris dans le détroit d'Ormuz

La semaine avait démarré sur une note optimiste, avec l'annonce d'un accord-cadre pour mettre un terme au conflit déclenché le 28 février par les Etats-Unis et Israël. Les hostilités ont fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et secoué l'économie mondiale.

Ce protocole a été signé électroniquement et à distance mercredi par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump. Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a déclaré jeudi dans un message écrit l'avoir approuvé malgré des réserves.

«Il est évident que les négociations en face-à-face qui se tiendront à l'avenir ne présagent pas de l'acceptation du point de vue de l'ennemi», a souligné l'ayatollah, qui n'a pas été vu en public depuis qu'il a succédé en mars à son père Ali Khamenei, tué dans les bombardements israélo-américains sur l'Iran.

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Une représentation de Mojtaba KhameneiKeystone

En attendant, le trafic a repris dans le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures: 25 navires commerciaux l'ont franchi jeudi, un volume inédit depuis mi-avril et cinq fois supérieur à la moyenne sur les dix premiers jours de juin, selon des données de la plateforme de suivi maritime AXSMarine. «Les opérations de déminage se poursuivent», précise-t-elle, appelant les armateurs à «faire preuve de prudence».

Le détroit avait été verrouillé depuis le début de la guerre par l'Iran, ce qui avait provoqué en représailles un blocus des ports iraniens par les Etats Unis. L'autorité maritime iranienne responsable de sa gestion exige cependant que tous les bateaux souhaitant franchir cette voie stratégique soumettent «48 heures à l'avance» une demande de transit.

Conformément aux termes du protocole, aucun frais ne sera perçu pendant une période de 60 jours, a rappelé Téhéran. Reflet d'un regain des craintes, les prix du pétrole ont cessé de baisser, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, oscillant autour des 80 dollars. (jzs/ats)

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