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L'accord du Bürgenstock est mort: ce que l'on sait de la suite

Une conférence sur la paix en Ukraine en juin au Bürgenstock.
La rencontre au Bürgenstock, dans le canton de Nidwald, prévue ce vendredi a été reportée.Image: Bürgenstock

L'accord du Bürgenstock est mort: ce que l'on sait de la suite

C'est désormais une certitude: il n'y aura pas de discussions entre l'Iran et les Etats-Unis ce vendredi en Suisse. Mais le pays pourrait jouer un rôle dans la suite des négociations.
19.06.2026, 09:3119.06.2026, 09:31

Les discussions prévues vendredi entre les Etats-Unis et l’Iran au Bürgenstock (NW) n’auront pas lieu. Elles ont été reportées. Attendus, le vice-président américain JD Vance et le président du parlement iranien Mohammad Ghalibaf ont reporté leur déplacement.

«La Suisse reste à disposition et poursuit les préparatifs», a affirmé à Keystone-ATS le porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) Nicolas Bideau. Elle «reste pleinement engagée dans ses efforts pour favoriser le dialogue». La Suisse devait, elle, être représentée au niveau du Conseil fédéral.

Initialement, cette rencontre était prévue pour signer le «mémorandum d'Islamabad» arraché après des mois d'affrontements entre Washington et Téhéran. Mais les paraphes par voie électronique mercredi soir des présidents américains Donald Trump et iranien Massoud Pezechkian ont changé la donne.

Vidéo: watson

Dès jeudi en fin de soirée, une chaîne de télévision proche du Hezbollah avait affirmé que la délégation iranienne suspendait son voyage vers la Suisse en raison de tirs israéliens au Liban. Un cessez-le-feu dans ce pays fait partie de l’arrangement signé mercredi.

La question du nucléaire iranien

Selon le protocole, les Etats-Unis et l'Iran doivent, dans les deux prochains mois, s'entendre notamment sur les modalités de la neutralisation de l'uranium enrichi iranien à 60%. Un délai qui semble court à la plupart des experts, tant cette question a pris du temps à être réglée avant l'accord d'il y a une dizaine d'années dont Donald Trump avait retiré son pays.

Jeudi à Genève, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi, qui n'avait pas exclu d'être présent vendredi, n'a pas voulu spéculer sur le rôle qu'aura son institution. Plusieurs scénarios sont sur la table, comme un transfert à l'étranger de l'uranium ou une dilution à 5% sous supervisions de cette agence onusienne.

Un financement pour l'Iran

Autre engagement, les Etats-Unis doivent dans les deux prochains mois établir un plan pour un financement de 300 milliards de dollars à la réhabilitation de l'Iran. Un mécanisme sera négocié avec Téhéran. Le président américain a déjà averti que le montant serait alimenté par les pays de la région et non par Washington.

De même toutes les sanctions contre Téhéran seront levées. En échange, l'Iran s'engagera à nouveau dans l'accord final à ne pas fabriquer d'armes nucléaires. En attendant, tout changement sur ces deux questions est gelé pendant les négociations. En fonction de l'avancée des discussions, les Etats-Unis débloqueront les avoirs saisis depuis des années.

Débloquer le détroit d'Ormuz

Dès l'entrée en vigueur du protocole signé mercredi, les deux pays se sont engagés à mettre un terme au conflit. Les Etats-Unis doivent lever le blocus naval d'Ormuz et rétablir le trafic, tout comme garantir un retrait de leurs forces maritimes, dans les 30 jours. L'Iran doit aussi éliminer tous les obstacles au passage des navires dans les 30 jours.

Ces derniers mois, le blocage des exportations depuis cette région a provoqué une augmentation mondiale des prix énergétiques et du fret et une insécurité alimentaire pour des millions de personnes en Afrique et en Asie.

Selon des observateurs, les composantes qui seront appliquées immédiatement sont défavorables à Donald Trump mais celui-ci balaie les critiques. Le président américain a aussi averti que si l'Iran n'honorait pas ses engagements, il n'hésiterait pas à bombarder le pays.

Des négociations à Genève?

Pour la Suisse, la réunion de vendredi devait ouvrir une nouvelle fenêtre de bons offices. Berne devait seulement garantir la sécurité de cette rencontre sur son territoire avec jusqu'à 2000 militaires et les polices. Mais la suite des négociations pourrait avoir lieu à Genève.

Le Qatar, médiateur avec le Pakistan dans le conflit entre Téhéran et Washington, a insisté pour que la réunion soit organisée sur le site nidwaldien, dont il est propriétaire. (jzs/ats)

Trump a signé l'accord avec l'Iran à Versailles
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