La Russie aurait empoisonné Navalny en prison
L'opposant Alexeï Navalny, mort en février 2024 dans des circonstances troubles dans une prison russe, a été «empoisonné» avec une «toxine rare» par Moscou, accusent samedi cinq pays dont le Royaume-Uni.
Ces pays ont déclaré dans une déclaration conjointe:
Londres annonce en outre qu'il va signaler l'empoisonnement à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), «en tant que violation flagrante par la Russie» de sa convention et appelle Moscou «à cesser immédiatement cette activité dangereuse».
Le Foreign Office explique qu'un «travail constant et collaboratif a confirmé, par des analyses de laboratoire, que la toxine mortelle présente dans la peau des grenouilles-dards d'Équateur (l'épibatidine) a été retrouvée dans des échantillons prélevés sur le corps d'Alexeï Navalny».
Ils ajoutent que cette toxine a «très probablement entraîné sa mort».
«Le mobile»
Ces nouvelles conclusions viennent confirmer la thèse défendue par la veuve de l'opposant, Ioulia Navalnaïa, qui avait affirmé en septembre dernier que son mari avait été «empoisonné».
«Seul le gouvernement russe avait les moyens, le mobile et l'occasion d'utiliser cette toxine létale contre Alexeï Navalny durant son emprisonnement en Russie», a déclaré la ministre britannique des Affaires étrangères Yvette Cooper, citée dans le communiqué. Elle ajoute:
Charismatique militant anticorruption et farouche opposant à l'invasion russe de l'Ukraine lancée en 2022, Alexeï Navalny est décédé à 47 ans dans des circonstances floues dans une colonie pénitentiaire en Arctique, alors qu'il purgeait une peine de 19 ans d'emprisonnement pour des accusations qu'il dénonçait comme politiques.
Après sa mort, les autorités avaient refusé pendant plusieurs jours de remettre son corps à ses proches, ce qui a éveillé les soupçons de ses partisans qui accusent le pouvoir de l'avoir «tué» et de chercher à maquiller son meurtre. Des accusations démenties par le Kremlin. (tib/ats)
