Elections en Rhénanie-Palatinat: test pour la coalition allemande
Les élections régionales de dimanche en Rhénanie-Palatinat sont un test pour les partis de la coalition au pouvoir à Berlin. Ceux-ci se retrouvent fragilisés par les difficultés internes et la montée de l’extrême droite.
Ce scrutin, le deuxième d'une année électorale chargée, place en concurrence directe les deux partenaires du gouvernement fédéral : les conservateurs de la CDU du chancelier Friedrich Merz et les sociaux-démocrates du SPD du vice-chancelier Lars Klingbeil.
Quel que soit le résultat, l'un des deux partis devrait en sortir affaibli.
Région frontalière de la France, la Rhénanie-Palatinat est historiquement un bastion social-démocrate, dirigé par le SPD depuis 35 ans.
Mais le Land pourrait basculer à droite d'après les sondages, qui donnent une courte avance à la CDU.
L'AfD à 20%?
Le parti conservateur est crédité d'environ 29% des intentions de vote, contre 27% pour le SPD, qui a nettement réduit l'écart ces derniers mois après avoir longtemps été distancé. La formation d'extrême-droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) flirte, elle, avec les 20%, un niveau record.
Une victoire, même étriquée, serait un signal positif pour Friedrich Merz – également président du parti -, qui fait face à une nette érosion de sa popularité et a perdu une autre scrutin régional, face aux Verts, début mars. Et cela alors que les conservateurs ont longtemps cru que la victoire leur était acquise.
Aux commandes de l'Allemagne depuis mai, le chancelier a connu un début d'année difficile, critiqué pour la lenteur des réformes attendues pour relancer une économie en berne depuis trois ans.
Les conflits au sein de sa coalition avec le SPD sont régulièrement pointés du doigt.
Dans ce contexte, le candidat conservateur en Rhénanie-Palatinat, Gordon Schneider, 50 ans, a appelé durant sa campagne à un apaisement des conflits au niveau fédéral, estimant qu'ils «nuisent à la cause».
Le chancelier est venu soutenir le candidat CDU vendredi lors d'un meeting de campagne, et a souligné l'importance que le travail de la coalition fédérale continue ensuite, quel que soit le résultat des élections régionales.
«Nous devons surtout montrer que nous sommes capables de mener des campagnes électorales acharnées et loyales les uns contre les autres, mais aussi, le lendemain, de retravailler ensemble de manière raisonnable pour le bien de notre pays», a-t-il déclaré à Bad Dürkheim, dans le sud du Land.
Débâcle du SPD
Côté social-démocrate, un revers constituerait un nouvelle gifle, après la débâcle enregistrée au Bade-Wurtemberg, où le SPD a chuté à un niveau historiquement bas (5,5%).
D'autant plus que dans un autre de ses fiefs, cette fois-ci dans l'Est, le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, les sondages donnent une très large avance au parti d'extrême droite AfD, pour les élections prévues en septembre prochain.
Le ministre-président sortant et candidat SPD, Alexander Schweitzer, 52 ans, a reconnu que son parti était devenu «parfois trop technocratique», ces dernières années, dans une interview récente à l'hebdomadaire Die Zeit, tout en qualifiant l'AfD de «parti de ratés».
En Rhénanie-Palatinat, le parti d'extrême droite devrait s'imposer comme troisième force politique d'après les sondages, qui la créditent de 19-20% des voix, contre 8,3% en 2021.
Au niveau national, l'AfD, première force politique d'opposition, est au coude-à-coude avec la CDU, avec autour de 25% dans les sondages.
Mais une coalition aussi bien au niveau régional que national entre les deux formations est exclu, en raison de la logique du «pare-feu» prôné par l'essentiel de la classe politique allemande qui refuse toute coopération avec l'extrême-droite. (dal/ats/afp)
